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Archive pour juin 2014

Robert Poirier, un aviateur sur la route de la Das Reich

Cet aviateur tourangeau est devenu officier de l’Ordre de l’Empire britannique pour avoir contribué, avec son réseau, à ralentir la remontée de la division Das Reich, du Périgord vers la Normandie, il y soixante-dix ans. Le point d’orgue d’une longue carrière.

L’histoire est belle. Elle est racontée par Jacques Poirier – Captain Jack pour la Résistance –, dans son livre La girafe a un long cou (1). Officier du SOE britannique dans le Sud-Ouest (2), il est alors chargé de recueillir un résistant français, officier de surcroit, sur qui l’étau allemand se resserre en Savoie. Méfiant, Jacques Poirier  l’attend dans la cave qui lui sert de bureau, un revolver à portée de main. Et quand il aperçoit, de dos, cet homme descendre l’échelle, son sang ne fait qu’un tour. C’est son père, Robert Poirier. Extraordinaire rencontre du père et de son fils qui conjuguent le verbe résister chacun à l’insu de l’autre. Une histoire d’autant plus rocambolesque que tout le monde, dans le réseau Nestor qu’il dirige, est convaincu que le Captain Jack est anglais. Un double secret qu’ils vont devoir garder jusqu’à la Libération.

Robert Poirier est fait commandeur de la Légion d'honneur, en 1949 à Rabat. Il arbore la Médaille militaire, la Croix de guerre 14-18, la Croix de guerre 39-45, la Médaille de la Libération avec rosette, la médaille de l'Aéronautique, la croix d'officier de l'Empire britannique et la Croix de la vaillance polonaise. (Photo famille Poirier)

Robert Poirier est fait commandeur de la Légion d’honneur, en 1949 à Rabat. Il arbore la Médaille militaire, la Croix de guerre 14-18 (avec palmes et étoile), la Croix de guerre 39-45 (avec palmes et étoile), la Médaille de la Libération avec rosette, la médaille de l’Aéronautique, la croix d’officier de l’Empire britannique et la Croix de la vaillance polonaise. Et il en manque! (Photo famille Poirier)

C’est un nouvel épisode d’une vie déjà riche. Robert Poirier est né à Tours, le 8 octobre 1894, au 10 de la rue Saint-Louis. Ne la cherchez pas. En 1905, elle a changé de nom. Elle est devenue la rue Philippe-le-Bon, pas très loin des Halles. Son père, Édouard, était employé de commerce. Sa mère, Cécile Weil, s’occupait du foyer. Si son père est né à Céré-la-Ronde, en Indre-et-Loire, sa famille paternelle venait un peu du Chinonais mais surtout du sud de la Touraine et notamment Antogny-le-Tillac où son aïeul vivait au début du 18e siècle.

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La première Tourangelle brevetée pilote

Liliane Fragsy

Si les Tourangeaux ont très tôt pu apercevoir la première Française brevetée, Elise Deroche – alias la Baronne de La Roche – lors de la Semaine

Jan Jossinet

d’aviation de Touraine, en 1910, il faut attendre longtemps pour voir une Tourangelle prendre les commandes d’un avion. La première femme brevetée à l’Aéro-Club de Touraine a été Jeanne Laurelli, l’épouse du docteur Jossinet, de Châbris, dans l’Indre, le 19 décembre 1932, brevet de tourisme n°1387. « Jan » Jossinet, originaire de Lambezellec dans le Finistère, avait alors 23 ans.

Il faut encore attendre près d’un an pour voir la première Tourangelle brevetée. Il s’agit de Renée Pinchaud qui, à 30 ans, a obtenu son brevet de pilote de tourisme le 9 octobre 1933 (n°2176). Elle n’était déjà plus en Touraine puisqu’elle demeurait à Bourg-la-Reine. Renée Pinchaud, originaire d’Esvres-sur-Indre (1), connaissait à l’époque une petite célébrité sur scène sous le nom de Liliane Fragsy.

D’autres premières se sont déroulées sur la base aérienne de Tours. Notamment à l’école des moniteurs. Le 12 décembre 1945, Suzanne Melk est la première femme à être brevetée sur Dewoitine D-520 (brevet n°32938) – un avion de chasse pour un brevet qui ne l’est pas, de chasse – devançant d’un souffle Elisabeth Boselli (brevet n°32939 le même jour).

Suzanne Melk (à gauche) et Elisabeth Boselli (à droite). Avec les lunettes, le commandant Duval. (Origine Ernest Louis)

Mais il faudra attendre plus d’un demi-siècle, le 28 mai 1999, pour voir, sur le même terrain, la première femme macaronée à l’école de chasse de Tours. Depuis, elles sont nombreuses à suivre l’exemple de Caroline Aigle. A l’image du lieutenant Mathilde Chapon, de Saint-Cyr-sur-Loire, qui a reçu son brevet de pilote de chasse le 25 juin. La première Tourangelle.

Didier Lecoq

Le lieutenant Chapon, entourée du colonel Cyrille Duvivier, de l'adjoint au maire de Saint-Cyr et du général Serge Soulet, commandant des Forces aériennes. (Photo Didier Lecoq)

Le lieutenant Chapon, entourée du colonel Cyrille Duvivier, de l’adjoint au maire de Saint-Cyr et du général Serge Soulet, commandant des Forces aériennes. (Photo Didier Lecoq)

Notes

(1) Son père, Albert, originaire de La Croix-en-Touraine, était carrier au lieu dit Les Reçais, à Esvres-sur-Indre. Il est décédé en 1914. Sa mère, Léontine Durand était de Civray-de-Touraine.

A lire également

Jan Jossinet a fait le récit de ses débuts dans l’aviation. Lire l’article

Voir également la vidéo sur Caroline Aigle, sur le site de l’INA. Voir la vidéo