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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

L’accident d’Ingrandes inaugure le questionnaire D

3 juillet 1921. « Conformément aux instructions contenues dans la circulaire 3/1, en date du 25 avril 1921de Mr le sous-secrétaire d’État de l’Aéronautique et des transports aériens… » Les rapports de gendarmerie commencent toujours ainsi dès qu’il s’agit de faire le récit d’un accident d’avion. Ce formulaire porte un nom : le questionnaire D. Il s’agit d’une procédure qui permet de préciser les circonstances d’un accident aérien.

Il faut sans doute voir dans un accident survenu à un avion du 31e régiment, à Ingrandes-de-Touraine, en juillet 1921, la première utilisation du questionnaire D en Indre-et-Loire. C’est en tout cas le plus ancien que nous ayons retrouvé.

Ce questionnaire, comment se présente-t-il ? Les questions portent d’abord sur la date et l’heure de l’accident, puis sur le lieu, la direction d’où venait l’avion puis sur sa hauteur. Les conditions atmosphériques y sont mentionnées, notamment la force du vent. Viennent ensuite les témoignages : quelles manœuvres avez-vous vu faire à l’aéronef ? Le vol était-il normal ? Avez-vous vu quelque chose se détacher de l’aéronef ? Entendiez-vous le bruit du moteur ? Ce bruit était-il régulier ? L’hélice tournait-elle ?

Les questions suivantes sont destinées à l’identification : quelles lettres, chiffres et insignes étaient peints sur ses ailes, son fuselage ou son gouvernail ? Sur le questionnaire D de l’accident d’Ingrandes, le 3 juillet 1921, on peut lire que l’avion, qui s’est abîmé lors d’un atterrissage, portait les inscriptions Sal 2A2 (1) n° 3.470 sur la queue et un cor de chasse de chaque côté du fuselage (2).

Les noms et adresses des témoins figurent dans le questionnaire D. Ainsi que les déclarations faites « par les occupants de l’aéronef ». Quand c’est possible…

Le sergent pilote Clauzel et le caporal élève-mitrailleur Aymer de La Chevalerie ont eu plus de peur que de mal : contusions au bras et au nez pour le premier, rien pour le second. Le rapport nous apprend que « les occupants de l’aéronef ont déclaré avoir quitté le camp d’aviation de Tours vers 15 h 30 de l’après-midi. Ils sont allés jusqu’à Angers et revenus jusqu’à Saumur sans n’avoir remarqué rien d’anormal dans le fonctionnement de l’appareil. Après avoir dépassé cette dernière ville de cinq ou dix kilomètres, ils se sont aperçus que le moteur avait des ratés. Pressentant qu’il était dangereux de se rendre à Tours par la voie des airs, ils ont cherché un terrain propice pour atterrir. » Il s’agissait de champs de blé appartenant à M. Deslis, de Saint-Patrice, et Lamé, d’Ingrandes-de-Touraine. « Le train d’atterrissage de l’appareil est très détérioré ainsi que les ailes du biplan côté droit.. » C’était le 3 juillet 1921 à 17 h 20, au lieu dit Le champ de la prairie d’Ingrandes.

Didier Lecoq

> Aéroplane de Touraine 2005

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