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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

Un Bloch 200 de Châteauroux s’écrase sur une ferme

25 février 1938. Adossé à un mur de la ferme du Petit-Bois, à Saint-Laurent-en-Gâtines, au nord de Tours, un petit monument aux morts rappelle le souvenir de cinq aviateurs de Châteauroux qui, en février 1938, trouvèrent la mort en cherchant à se poser après une panne de moteur.

Ce qu'il reste du Bloch 200 : la grange attenant à la ferme a également brûlé. (Didier Lecoq)

De la route qui relie Saint-Laurent-en-Gâtines à Beaumont-la Ronce on aperçoit la petite ferme, située à l’écart. Elle se trouve à quelques centaines de mètres de l’église de Saint-Laurent – si particulière – une ancienne maison d’été des évêques de Tours. On aperçoit également d’autres fermes, un petit bois. Le lieu-dit en tire son nom : le Petit-Bois.

Contre le mur de cette ferme existe encore un petit monument aux morts qui, depuis bien longtemps, ne reçoit plus les honneurs de ceux qui l’ont érigé. Ce monument a été inauguré en février 1939, en mémoire des cinq aviateurs de Châteauroux  dont l’avion, le Bloch 200 n° 62, vint percuter la ferme un an plus tôt.

C’était dans la nuit du 25 au 26 février 1938. Le bombardier de la 32e escadre de Châteauroux regagnait sa base. Le sous-lieutenant Vieux était accompagné du lieutenant Bédat, de l’adjudant Perrin, du sergent-chef Giclon et du sergent Aubry.

Ce soir-là, dans cette plaine, le Bloch 200 cherchait un endroit où se poser. Sans doute à la suite d’une panne d’un des deux moteurs. Il perdait de l’altitude et ne pouvait atteindre la base de Tours. Restait à trouver un champ. Dans ce coin de Touraine, ils ne manquent pas. Et pourtant… Selon les habitants des environs alertés par le bruit, l’avion utilisa ses fusées éclairantes pour choisir le meilleur endroit. Ce fut le plus mauvais. Le Bloch 200 fila tout droit dans la ferme des époux Roger qu’il percuta violemment. Plus précisément dans la partie qui constituait la grange et dans laquelle se trouvait la réserve de paille. « Nous étions couchés depuis une heure, raconta le fermier. Nous fûmes réveillés par un fracas épouvantable ». Le toit central de la ferme s’était écroulé. Tout s’était embrasé. Selon son témoignage, un moteur de l’avion termina sa course à quarante centimètres à peine du lit de son fils. « Il était indemne mais incapable de dire une parole. »

Électricien d’aviation

Il ne reste pas grand-chose de l'avion. (Collection Vincent Lemaire / origine Gaillères)

« Par quel miracle les trois habitants de la ferme, M. Roger, sa femme et son jeune fils, Martial, purent-ils se sauver ? se demanda la Touraine Républicaine. Les témoins de l’accident, qui furent bientôt sur les lieux les virent tous trois se sauver en courant de leur demeure, échappant de peu aux flammes environnantes ».

Il n’y eut pas de miracle pour les membres de l’équipage qui périrent dans le Bloch 200. Ce ne furent pas les premiers. Ni les derniers. D’autres accidents touchèrent les Bloch 200 au point d’être surnommé « Cercueil volant ». Les moteurs furent mis en cause. En juillet 1938, sous le titre « Les Bloch vont-ils être supprimés ? », les journaux publièrent un communiqué du ministère de l’Air : « De nombreux accidents viennent de se produire sur des avions Bloch 200 et 210, équipés de moteurs Gnome-et-Rhône. Bien que ce matériel soit parfaitement connu puisqu’il est en service respectivement depuis 1934 et 1936, le ministère de l’Air a décidé, d’une part, de prendre un certain nombre de mesures restrictives d’emploi ; d’autre part, d’adopter des dispositions techniques de sécurité. De plus, il a chargé le général Vuillemin, chef d’état-major général, de procéder immédiatement à une enquête, en liaison avec les utilisateurs, afin de déterminer les éléments de la décision définitive qu’il sera appelé à prendre ».

Un an après l’accident, « par une température froide et sous une pluie battante – cette “crasse” si souvent fatale aux aviateurs – a été inauguré, le monument élevé à la mémoire de l’équipage. » Y assistaient notamment le lieutenant-colonel de Busnel, ancien commandant de la 32e escadre de Châteauroux, le commandant Châtelain, chef du groupe auquel appartenait l’avion. La partie endommagée de la ferme avait été reconstruite. Ne restait, pour toute trace de cet accident, que le petit monument aux morts. Il y est encore, contre le mur de cette fermette. Pas très loin de la route. Loin du souvenir.

Didier Lecoq

Aéroplane de Touraine 2008

Merci à Jacques Sergent qui nous a envoyé ces photographies de Maurice Vieux :

Merci  à Jean Arnouilh pour ces photographies sur l’inauguration du monument, en 1939 :

Le petit monument en 2006.

Sur la plaque noire, apposée plus tard :

« Martyrs de l’air !.. Vous qui êtes notre orgueil, dormez en paix dans l’ombre de vos cercueils. Dormez en paix ! Votre vie fut grande et belle. Vous l’avez sacrifiée au prestige des Ailes… Ces Ailes qui, brisées, resplendissent encore ! » Jean Bédat (A l’équipage du Trait-d’Union)

Sur la plaque blanche

Aux Héros de l’Air tombés ici dans la nuit du 25 au 26 février 1938


Sur la plaque noire, apposée plus tard :

« Martyrs de l’air !.. Vous qui êtes notre orgueil, dormez en paix dans l’ombre de vos cercueils. Dormez en paix ! Votre vie fut grande et belle. Vous l’avez sacrifiée au prestige des Ailes… Ces Ailes qui, brisées, resplendissent encore ! » Jean Bédat (A l’équipage du Trait-d’Union)

 

Sur la plaque blanche

Aux Héros de l’Air tombés ici dans la nuit du 25 au 26 février 1938

Une réponse à to “Un Bloch 200 de Châteauroux s’écrase sur une ferme”

  • BEDAT:

    Bonsoir,

    Je suis la nièce du Lieutenant Bédat, décédé dans cet accident, et en possession d’archives et de clichés complémentaires. Seriez vous intéressés ?
    Merci d’avoir relaté cet événement (qui a dévasté ma famille, alors que je suis née 20 ans après …).
    J’espère me rendre à Saint Laurent en Gatines prochainement
    Bien cordialement

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