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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

Tours et la Touraine pour nom de baptême

Le 29 mars 1981, il y a trente ans, la Caravelle F-BHRY Touraine effectuait le dernier vol commercial officiel de cet avion sous les couleurs d’Air France. Petit tour d’horizon des avions qui ont eu Tours ou la Touraine pour nom de baptême.

La Caravelle.

Il faut remonter à l’année 1912 pour espérer voir un avion baptisé Touraine. On ne sait d’ailleurs pas comment il se serait appelé : Indre-et-Loire ou Touraine ? Cette année-là, à l’initiative du Comité national pour l’aviation, une souscription est lancée afin d’acheter des avions pour l’aéronautique (1). Malgré le soutien très actif des journaux tourangeaux, il ne semble pas que la somme nécessaire à l’achat d’un avion ait été réunie pour que le département – et encore moins la ville de Tours – puisse lui donner son nom. L’argent récolté en Touraine s’est donc contenté d’être un de ces petits ruisseaux qui font les grandes rivières (2).

C’est sans doute à la marine qu’il faut attribuer ce désir de donner un nom à sa flotte. La Compagnie Générale Transatlantique a notamment utilisé un paquebot baptisé la Touraine. Une idée reprise par les aérostiers qui ont réussi à coller le nom de La Touraine sur un de leurs ballons. Puis ce sera le tour de Ville-de-Tours.

Les Farman 402 Ville-de-Tours et La Touraine

Pour les plus lourds que l’air, il faut attendre l’essor du tourisme. C’est en 1935 que l’Aviation-Club de Touraine achète un Farman 402 triplace, le n°50 (68 ont été construits), immatriculé F-AMYZ. Ce Farman 402, qui va permettre de multiplier les baptêmes de l’air, est baptisé Ville-de-Tours. C’est avec lui que Jean Tulasne se pose sur les bords du Cher inondé, le 29 décembre 1935. L’avion est tellement endommagé qu’il est récupéré par les assurances. Mais Air Touraine – né du regroupement des aéro-clubs – rachète le F-AMYZ et le restaure dans ses ateliers. Il revient à la vie en juillet 1936.

Farman 402 F-AMYZ Ville-de-Tours

Ville-de-Tours sur le terrain de Parçay-Meslay (Photo Robert Bezard / collection Jean-Pierre Bezard)

Le Ville-de-Tours proche de l’état d’épave, Air Touraine avait rapidement pris la décision de le remplacer. Le club a donc racheté un autre Farman 402, le F-AMXA qui avait appartenu à un particulier de Limoges. Cet avion est le 25e de la série. Il date de février 1934. Il est baptisé La Touraine. L’aéro-club a donc possédé deux Farman 402 jusqu’à la guerre et la mobilisation d’au moins un des deux.

F-402 F-AMXA La Touraine

Pour apprécier la taille du Farman 402, évitez de regarder le nain et le géant du cirque Pinder (Collection Aéro-Club de Touraine)

Le Dewoitine 338 Ville-de-Tours

Un superbe avion d’Air France a porté le nom de Ville-de-Tours avant la guerre. Il s’agit du Dewoitine 338 n°17. Il était immatriculé F-AQBQ. Il a commencé sa carrière le 12 octobre 1938. Les (in)fortunes de guerre l’ont fait changer de propriétaire. Il a été immatriculé D-AUAU : D pour Deutschland, bien sûr, car il a été loué en 1943 par la Lufthansa. La compagnie allemande se méfiait des qualités des trimoteurs et les Dewoitine 338 sont restés au sol en Allemagne. Où ils ont dû disparaître.

Air-France corporate a mis en ligne un film d’archives sur les Dewoitine 338 d’Air France (durée 2’40). On y voit très bien le F-AQBH, un frère aîné du Dewoitine aux couleurs de Tours.


Le Dewoitine 338 d’Air France par Air-France-corporate

Un Lockheed Lodestar des Français libres

Les Forces aériennes française libres (FAFL) ont également donné des noms de baptême à leurs avions. Notamment les Lignes aériennes militaires (LAM) dirigées par Lionel de Marmier : Bir-Hacheim, Dunkerque, Paris, Nantes, Verdun… et Tours notamment. Pour Tours, il s’agit du Lockheed C-56 Lodestar immatriculé FL-AZM. La revue Icare, dans son numéro spécial sur les LAM (n°102, 3e trimestre 1982) indique qu’il apparaît pour la première fois aux LAM le 16 septembre 1942, trajet Brazzaville – Bangui – Fort-Lamy. « L’appareil est immatriculé F-BAML le 17 juillet 1945 et détruit à Asmara le 11 juin 1946 après 2.740 heures de vol. »

Sa Majesté Caravelle

15 décembre 1960. La Caravelle n°61 (3) quitte les hangars de Sud Aviation, à Toulouse. Elle se rend à Orly. Sur le trajet, elle fait une halte à l’aéroport de Tours où elle est baptisée Touraine par Bernadette Dasque, hôtesse de Touraine, fille du vétérinaire et premier adjoint de Saint-Symphorien. Après une année d’utilisation, elle avait déjà transporté 80.000 passagers et avait desservi Alger, Ankara, Athènes, Barcelone, Berlin, Beyrouth, Bordeaux, Casablanca, Copenhague, Damas, Dusseldorf, Francfort, Genève, Hambourg, Istanbul, Le Caire, Lisbonne, Londres, Madrid, Manchester, Marseille, Milan, Moscou, Munich, Nice, Palma de Majorque, Prague, Rome, Stockholm, Tel Aviv, Toulouse, Tunis, Turin, Varsovie, Vienne, Zurich…Elle a accompli une carrière de vingt et un ans, sans gros pépin. Et le 27 mars 1981, c’est elle qui a effectué le dernier vol commercial officiel d’une Caravelle d’Air France avec un aller-retour Paris-Amsterdam. Elle a ensuite été vendue au Musée de l’aéronautique de Nancy et des ailes de Lorraine. En 2004, après la fermeture de ce musée, elle est rachetée par Marc Bétrancourt pour le Musée de l’épopée de l’industrie et de l’aéronautique, à Albert (Somme) où elle est toujours exposée (4).

Caravelle du MEIA d'Albert

La Caravelle photographiée à Albert, en 2008. (Photo Pyperpote)

La vie de château

Ce n’est ni Tours ni la Touraine, mais c’est assez semblable. A la même époque que la Caravelle Touraine, Air France a donné des noms de châteaux à ses Boeing 707. Et là, il était difficile d’éviter la Touraine. Quatre Boeing 707 sont ainsi concernés : le F-BHSD Château de Chenonceaux, le F-BHSH Château d’Amboise, le F-BHSP Château de Villandry et, moins ancien puisqu’il date de 1968, le F-BLCK Château de Langeais. Le Château d’Amboise a été détruit le 7 septembre 1976 à Ajaccio, dans un attentat à la bombe. Les autres ont été féraillés en fin de carrière.

Un escadron entier aux couleurs de la Touraine

Un Transall du Touraine

Les Transall du Touraine viennent souvent à Tours. La preuve... (Photo Escadron de transport 01.061 Touraine)

Le cas de l’escadron de transport 01.061 est quelque peu différent. Ce n’est pas un avion qui a la Touraine pour nom de baptême mais l’escadron entier dont l’insigne porte le blason. L’escadron de transport Touraine est l’ancien groupe de transport 1/15. Il a pris le nom de Touraine en 1944. Il est basé à Orléans-Bricy avec les deux autres escadrons, le Poitou et le Franche-Comté. Il est équipé de Transall C-160 R. Il vient régulièrement à Tours lors d’opérations de relations publiques.

Didier Lecoq

Notes

(1) En 1912, le terme avion remplace officiellement le terme aéroplane pour l’armée.

(1) Ce n’est peut-être pas très grave si on se réfère à la situation de la Vienne dont l’argent a permis d’acheter un Borel, baptisé le 14 juillet 1913, un mois avant que l’armée décide de se séparer de tous ses Borel… Un Blériot XI a été baptisé La Vienne (n°248 de l’escadrille 9) mais les Blériot XI ont disparu au début de la guerre.

(3) Il s’agit d’un Caravelle type III Version SE 210 302, la 24e d’Air France à moteurs Avon 527/527B. (Sources Caravelle de John Wegg, publié par Airways et Avia Éditions)

(4) Le Musée d’Albert possède également un T-33 de l’École de chasse de Tours, immatriculé 314-VH. La photo a été prise par Pyperporte. L’excellent site de Pyperpote sur le Musée de l’air + espace, suivre le lien.

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