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Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

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Archive pour la catégorie ‘La base aérienne de Tours’

Nicolas Bouisson, le mitrailleur provençal devenu pilote

Montlouis est au sud. Au sud de la Loire. Le Grand Nord pour Nicolas Bouisson, originaire du Var. Il a appris à piloter en Touraine. Et il y a fait sa vie.

Nicolas Bouisson

Nicolas Bouisson devant un Voisin LAS de l’escadrille VB 106, après son exploit. Les six bombes sont prêtes à être chargées. (Origine Nicolas Bouisson via son petit-fils Pascal Ordoquy)

En juillet 1937, la revue Air Touraine, organe de l’aéro-club tourangeau du même nom, reproduit un article envoyé par Eugène Rouzier-Dorcières au journal Le Petit Marseillais le 17 juin 1915. Eugène Rouzier-Dorcières était journaliste et écrivain. Il avait publié un livre « Sur le pré, souvenirs de duels ». Il avait été escrimeur et aurait organisé plus de 200 duels, une activité à la mode à cette époque. Il était provençal, comme Nicolas Bouisson, puisqu’il était originaire de Meyrargues, dans les Bouches-du-Rhône. Il est décédé à Gap, le 5 décembre 1916, « d’une maladie contractée au cours des opérations ». Il était sergent bombardier. Le 17 juin 1915, il relate l’exploit de Nicolas Bouisson sous le titre: « Le mitrailleur provençal sauve le pilote blessé ».

Charpentier en fer

Mais auparavant,précisons le contexte.

Nicolas Bouisson est né en 1891 à Toulon. Orphelin, il habitait avec son oncle à La Seyne-sur-Mer. Celui-ci était contremaître aux Forges et Chantiers de la Méditerranée, la plus ancienne des sociétés françaises de constructions navales. Nicolas Bouisson y était charpentier en fer.

Il a été incorporé comme mécanicien fin 1912 pour son service militaire. Notamment à Avord jusqu’en mai 1914 puis dans une école de pilotage en région parisienne. Au début de la guerre, Nicolas Bouisson était affecté comme mécanicien à l’escadrille V 29 (sur Voisin, donc), escadrille dissoute sous cette forme le 17 mai 1915. « Là, ne croyez pas qu’il fut uniquement un mécanicien. Avec son accent chantant et son esprit de décision et d’énergie, il monta souvent en appareil comme mitrailleur. C’est par les yeux qu’il fit son apprentissage de pilote », a écrit notre escrimeur-bombardier.

Mécanicien à Avord. Il est au deuxième rang, au centre. (Origine Nicolas Bouisson via son petit-fils Pascal Ordoquy)

Nicolas Bouisson était alors affecté à l’escadrille VB 106, avec le capitaine René Roux (1), lui aussi de la 29. Ils partaient dès le lendemain de son arrivée, en fin d’après-midi, bombarder la gare de Somain, à l’est de Douai, et Farbus, au sud de Lens, sur le chemin du retour à Humières. « Ils abandonnent car l’appareil ne monte pas », est-il noté dans le Journal de marche et d’opérations au GB 2. Jusqu’au 13 juin, objet de la lettre de Rouzier-Dorcières, Roux et Bouisson effectuent dix bombardements. La gare de Cambrai, des voies ferrées, des batteries d’artillerie, le Drachen (2) de Vimy, le terrain d’aviation de La Brayelle, terre d’envol de la famille Breguet mais qui était occupé par les Allemands, etc. Souvent dès les premières lueurs, rarement en fin d’après-midi. Car la VB 106 était une escadrille de bombardement de jour. Elle formait, avec les VB104 et VB105, le GB2. Et il y avait du beau monde, rien qu’à la VB 106 : le capitaine François de Castel (3), le sergent Pierre Beauté (4) et un adjudant qui volait parfois seul, qui partait en chasse avec son Voisin dès qu’il voyait un Allemand, Charles Nungesser. L’avion était le Voisin III puis un Voisin LAS, un biplan à moteur propulsif tout juste capable de dépasser les 100 km/h, qui plafonnait à 3000 m et emportait 60 kg de bombes… Vu la vitesse et la hauteur, une belle cible pour la DCA. Et dès que la chasse allait pointer son nez, son moteur à l’arrière en faisait une proie facile.

Ses vêtements traversés par la mitraille

Le 13 juin donc, ordre était donné de retourner à La Brayelle, près de Douai. L’expédition comprenait six avions de la VB 104 (départ à 5 h du matin), 4 de la VB 106 mais le capitaine de Castel et le sergent Beauté déclaraient forfait en raison d’ennuis mécaniques. « Ils partent. Les lignes ennemies franchies, ils sont à 2.400 mètres de hauteur. B… place trois bombes à l’endroit désiré. A ce moment une grêle d’obus s’abat autour du biplan […] Tout à coup quatre arrivent ensemble. Quatre ! Deux éclatent à quelques mètres de l’appareil. Dans les shrapnells qui trouent  l’avion, de la nacelle à la queue, dans la fumée suffocante qui se dégage des deux projectiles, B… entend soudain le capitaine R… qui crie : Touché ! B… se penche. Son officier-pilote a la jambe traversée par un éclat d’obus. Il perd son sang en abondance, ses yeux se brouillent. Je n’y vois plus, conduisez-moi, a-t-il encore la force de dire à son mécanicien mitrailleur […] L’appareil descend. Mais B… s’empare des commandes, et sous la rafale des obus qui trouent le ciel à côté de lui […] B… fait remonter l’appareil et se dirige vers les lignes […] A ce moment-là, le superbe mécanicien songe à tout ce qu’il avait vu faire aux pilotes. Il est comme eux. Il est pilote à cette minute suprême. »

Nicolas Bouisson à côté d’un Voisin « chargé » de bombes. (Origine Nicolas Bouisson via son petit-fils Pascal Ordoquy)

Le capitaine Roux finissait par retrouver ses esprits. Mais pas sa force. « Puis les mains sur les mains de son capitaine, comme deux marins qui tiendraient la barre, à nouveau B… dirige avec lui. Trente-deux kilomètres sous la rafale teutonne viennent d’être franchis. Quelques minutes après, dans le sang qui s’écoule de la blessure du capitaine R… l’atterrissage de ces deux braves se fait au camp d’aviation, normalement, dans le style, pourrait-on dire. »

Le 20 juin, avec effet au 17, le capitaine Roux était fait chevalier de la Légion d’honneur. Blessé au mollet, il revenait pourtant dès le 9 août, avant l’expiration de son congé de convalescence. Le caporal Nicolas Bouisson, lui, était cité : « A fait preuve de sang-froid et d’énergie en aidant son pilote, grièvement blessé, à ramener dans nos lignes son avion gravement atteint. A eu ses vêtements traversés par la mitraille. »

A l’assaut des gares

Le duo reprenait donc sa place au sein de l’escadrille, près de Nancy. Parfois en représentation : le 16 août, lors d’une visite de journalistes (14 Voisin du groupe) ; le 24 août devant le président de la République  ; le 18 décembre, devant le duc Arthur de Connaught, cousin du roi d’Angleterre. Mais aussi à l’assaut des gares. Le 20 août, Roux et Bouisson, partis à 6 h, ne rentraient qu’à 9 heures après avoir fait escale à Toul, à cause d’une panne de la circulation d’eau ; le 7 octobre à Montfauxelles mais ils ne pouvaient distinguer l’objectif à cause de la météo ; le 14 octobre à Warmeriville où ils lançaient 5 obus de 90 et signalaient un incendie près de l’objectif ; à Machault, deux jours plus tard. Depuis quelques mois, des Caudron G4 avaient rejoint les Voisin, pas pour bombarder mais pour les protéger. Puis des avions de chasse étaient détachés auprès des bombardiers. C’est ainsi qu’à partir du 17 octobre, deux sergents de l’escadrille N 23 étaient chargés de la protection des bombardiers, André Bobba et le Tourangeau Maxime Lenoir (Nieuport Nie-10 n°282). Deux aviateurs d’avant-guerre disparus en 1916.

Entre-temps, le 8 octobre, un autre futur as, Raoul Lufbery (5) arrivait à l’escadrille. Mais le lendemain, c’était d’un autre futur as, Charles Nungesser, une victoire, qui quittait l’escadrille pour la N65. Il finira la guerre avec 43 victoires. Fin octobre, le capitaine François de Castel rejoignait l’aviation d’Orient. Le capitaine Roux récupérait son avion, le V1064. C’est sans doute cet avion qu’on voit sur la photo du haut, avec l’insigne personnel de Castel, deux hermines de Bretagne (6).

Faute de document –- le journal du GB2 se termine fin 1915 –, la suite de la carrière de Nicolas Bouisson est plus difficile à suivre. Jusqu’à ce qu’il change de place. Car l’année suivante, il est retenu pour devenir pilote. Il obtenait son brevet, n°4217, à l’école d’aviation de Tours, le 12 août 1916. Après le perfectionnement sur Caudron à Châteauroux, Nicolas Bouisson était affecté à l’escadrille C 43 du 25 octobre au 30 novembre ;  retour à la 106, désormais sur Caudron, puis à la C 227 jusqu’au 16 février 1917. La 106 et la 227 sont la même escadrille qui a seulement changé de dénomination (7).

Photo sans doute prise à l’École de Tours. Nicolas Bouisson est au centre, avec la casquette, sous l’hélicedu Caudron G3. (Origine Nicolas Bouisson via son petit-fils Pascal Ordoquy)

Après le bombardement, la chasse

Le grand virage de Nicolas Bouisson se faisait lorsqu’il était dirigé sur l’escadrille N 15, le 7 mars 1917. Celle au Casque de Bayard. Le voici dans la chasse. Enfin presque. Car l’escadrille qui possédait deux Sopwith 1A2 biplaces, faisait également de la reconnaissance. Il effectuait sa première patrouille le 17 mars – au lendemain d’avoir ramené un Spad VII du Bourget (n°1074) – avec son chef d’escadrille, le capitaine Yves d’Erceville (8), et le maréchal des logis Louis de Diesbach (9) dans la région de Montdidier – Noyon. Ses deux compagnons n’étaient arrivés que récemment à la N 15, le 26 février pour le premier, le 5 mars pour le second. Le 19, nouvelle patrouille avec Diesbach pour protéger le Sopwith du sous-lieutenant Antoine de Maison-Rouge (10). Le 21 mars, avec le caporal-chef Gontran de La Marque il était en reconnaissance vers Tergnier (au sud de Saint-Quentin) lorsqu’il subissait plusieurs coups de feu venus d’un bois, à Mennessis : trois balles dans le plan supérieur droit, deux balles dans le plan inférieur droit. Nicolas Bouisson et la N 15 changeaient deux fois de terrain d’aviation. Ils quittaient Ravenel pour Lagny-le-Sec – toujours dans l’Oise – le 31 mars, puis pour Bonne-Maison, sur la commune de Courville (Marne). Ce dernier déplacement annonçait une prochaine bataille.

En patrouille le 12, en reconnaissance comme pilote sur un Sopwith le 14, il était en protection du biplace le 15 avril, entre Rethel et Laon. Étaient également présents les lieutenants Bergeron, Thieriez et Lefèvre, les adjudants Jailler (11) et Epitalon. Combats intenses, le Sopwith, sévèrement touché, devant être réformé. Trois Spad de l’escadrille se posaient dans les lignes allemandes et étaient capturés ce jour-là, sans faire de victimes : le lieutenant Paul Bergeron (n° 1059), l’adjudant Denis Epitalon (n° 1234) et le sergent Nicolas Bouisson (n° 373). Ce dernier a été abattu par le vizefeldwebel Hans Mitzkeit de la Jasta 36 (Albatros DIII), à Thugny-Trugny (près de Rethel, au nord de Reims).

Le Spad S.VII de Nicolas Bouisson après avoir été remis à l’endroit par les soldats allemands. (Origine Nicolas Bouisson via son petit-fils Pascal Ordoquy)

Le lendemain débutait la bataille du Chemin des Dames. Le 17, le capitaine d’Erceville annonçait officiellement les disparitions des trois pilotes. « Aucun mot, aucune expression ne sauraient traduire la perte que vient de faire l’escadrille […] Le lieutenant Bergeron, l’adjudant Epitalon et le sergent Bouisson, par son allant et par ce qu’il promettait d’être, restent de vrais modèles pour tous leurs camarades ».

La fiche de Nicolas Bouisson à la Croix-Rouge. On relève une demande d’information de Joseph Jauffred (son oncle), la réception du courrier le 8 mai; la réponse Berlin le 4 juin disant qu’il était prisonnier et blessé; le 3 juillet, M. Jauffred est averti de la présence de son neveu à Stettin. (Source sur le site des prisonnier de la première guerre mondiale, de Croix-Rouge).

Le 6 mai, un avion allemand lançait un message sur un hôpital français, donnant des nouvelles rassurantes du lieutenant Bergeron et du « sergent Bouisson, tombé le 15 avril, blessé légèrement ». Une seconde citation à l’ordre de l’armée lui était attribuée par le général Maistre, en date du 29 mai : « Ancien pilote, qui dans l’aviation de corps d’armée, avait donné toute sa pleine mesure et promettait d’être un pilote de chasse hors pair. Parti le 15 avril 1917 pour une reconnaissance, a disparu à l’ennemi, après un combat sans merci. »  Soigné à l’hôpital de Stettin, il sera maintenu en captivité au camp de Puchheim (à l’Ouest de Munich) jusqu’à la fin de la guerre.

Un Caudron 230 caché dans sa grange

Après la guerre, Nicolas Bouisson restait un temps dans l’aviation, comme pilote de Breguet 14 B2, à l’escadrille Br 108 (jusqu’au 6 mai 1919) puis à la Br 129 (jusqu’au 17 août 1919). Démobilisé, il entamait une nouvelle vie. Loin de la Méditerranée, mais pas trop loin des avions. Le 23 septembre 1919, il épousait Andrée Biais, à Montlouis (Indre-et-Loire). Il rentrait également dans l’entreprise familiale de peinture, le Philofer dont le slogan était : « Le Philofer cuirasse le fer ». Il prendra la suite de son beau-père.

Nicolas Bouisson a participé à la création de l’Aviation-Club de Touraine avec d’autres aviateurs de la guerre, comme André Pichard (14), Philippe Vallée et Pierre Souvent. Un aéro-club sans avion. Puis le travail et la famille (sept enfants) lui laissèrent peu le loisir de continuer. D’autant qu’il était devenu conseiller municipal de Montlouis. On le retrouvait à l’Aéro-club au début des années 30 puis au comité directeur d’Air Touraine. Il proposait même, pour aider son club, de financer l’achat d’un moto-planeur Sfan à condition qu’il soit biplace (un Sfan 4).

En 1940, il cachait le Caudron 230 d’Air-Touraine (15) dans une grange à Montlouis-sur-Loire, à deux pas du château de la Bourdaisière qui accueillera un état-major de la Luftwaffe. Il a profité de sa position – il est à Montlouis mais au nord du Cher qui sert de ligne de démarcation. Il a aidé des familles à fuir en zone libre.

Le Caudron 230 a quitté sa grange en 1944, remis en état par Jean Rideau, et a regagné la base aérienne à Parçay-Meslay aux mains de Robert Dangoise, ancien chef-pilote de l’aéro-club et qui possédait des vignes à deux pas de chez Nicolas Bouisson, au clos de la Frelonnerie. Ce Caudron F-ALDF, ancien avion de Maryse Bastié, a été baptisé « Le Rescapé ».

Didier Lecoq

Les photos de Jean Rideau

Merci à Jean-Michel Rideau pour l’envoi des photos de son père, Jean Rideau.

Notes

(1) Les prénoms du capitaine Roux étaient, dans l’ordre : Jules, Frédéric, Louis, René. Sur les fiches de Mémoires des hommes, seul le prénom de René figure. Il est né le 1er août 1877 à Versailles. Brevet militaire n°502 du 2 août 1914. Le capitaine Roux a commandé l’escadrille VB 106 au départ du capitaine de Castel. Il a pris la tête de la C 227 (ex-C 106) lors de la création de celle-ci en février 1917. L’insigne de la 227 était une tête de Gaulois, appelé le Gaulois Roux puisqu’il s’agissait du portrait du capitaine Roux. Il a été le premier commandant de l’escadrille Sop 131 (GB 4) créée le 2 juin 1917 à Villacoublay. Il commande la Sop 134 lors de sa création le 15 décembre 1917. Il y reste jusqu’au 21 août 1918. Dernier grade connu : lieutenant-colonel.

« Le Gaulois Roux », insigne de la C 227.

(2) Drachen : ballon captif allemand, particulièrement bien défendu.

(3) Nicolas Bouisson a retrouvé François de Castel en Touraine. Lieutenant-colonel, celui-ci a commandé le 31e régiment d’aviation de Tours au moment de la transformation en escadre (1er janvier 1934). Nicolas Bouisson était alors dirigeant de l’aéro-club qui était installé sur le terrain militaire.

(4) Le lieutenant Pierre Beauté a été chef de l’escadrille Sop 131 le 21 août 1917, succédant au premier commandant, le capitaine… René Roux. Après la guerre, Pierre Beauté a été pilote et directeur d’exploitation des Lignes Latécoère en 1919-1920, juste avant Didier Daurat.

(5) Raoul Lufbery

(6) L’insigne de la VB 106 est incertain : une fleur de lys ou une hermine. La fleur de lys n’est pas dans les armoiries de François de Castel. L’hermine, si. Les armoiries de la famille de Castel, qui possède le château du même nom à Saint-Servant-sur-Ouste dans le Morbihan, représente un lion dont le haut est blanc sur fond rouge et le bas, rouge sur fond blanc parsemé d’hermines. Les hermines n’étaient peut-être que l’insigne personnel de François de Castel. Celui-ci, lorsqu’il dirigera l’escadrille Spa 95, choisira de représenter deux hermines de Bretagne sur deux bandes blanches verticales séparant trois lignes rouges. Insigne transformé en fanion pour la Spa 97. Moyen mnémotechnique pour le décrire : « 3 coups de rouge, 2 coups de blanc, et les bonhommes sont noirs.  » C’était beaucoup plus tard. François de Castel a terminé sa carrière général de brigade. Il n’a pas été réintégré dans l’armée de l’air après 1945.

L’insigne de la Spa 97 commandée par François de Castel.

(7) La C 106, avec (Jules) René Roux à sa tête est devenue C 227 par changement de dénomination. En janvier, elle était dans la Somme à Démuin (entre Amiens et Roye) et en février au Mesnil-Saint-Georges (un peu plus au sud). Elle était équipée de 11 Caudron G4 et faisait du réglage pour l’artillerie lourde à grande portée. Une nouvelle C 106 a été recrée en février 1917, à la Réserve générale de l’aviation (RGA) au Bourget, avec le capitaine Coué comme commandant.

(8) Originaire d’Alençon. Banquier après la guerre. Son nom complet était Yves Rolland de Chambaudoin d’Erceville.

(9) Louis de Diesbach de Belleroche était petit-fils de député et sera député du Nord dans les années 30.

(10) Antoine Arnoux de Maison-Rouge est le petit-fils d’un préfet. Son père finira la guerre comme général de brigade des cuirassiers. Blessé le 14 avril lors d’un combat aérien, Antoine réussit à ramener son Sopwith, sauvant ainsi son observateur. Décédé des suites de ses blessures le 5 mai. Son frère Gilbert, pilote de chasse, a été porté disparu le 31 mai 1918.

(11) Gontran de La Marque faisait partie du petit groupe de pilotes de l’escadrille N 152 qui, le 20 octobre 1917, contraignait un Zeppelin, le L49, à se poser dans les Vosges. Le dirigeable était capturé intact, ainsi que l’équipage.

(12) Le lieutenant Charles Lefèvre a créé et commandé l’escadrille N 152 qui, le 20 octobre 1917, a contraint un Zeppelin, le L49, à se poser dans les Vosges. A terminé la guerre avec six victoires.

13) Lucien Jailler a terminé la guerre avec douze victoires.

(14) André Pichard et Nicolas Bouisson se sont croisés à l’escadrille C 106. Pichard y est arrivé quand Nicolas Bouisson est parti pour son brevet à Tours (juin 1916). Quand il y est revenu, André Pichard avait eu le temps d’être abattu (15 juillet), de s’être évadé (24 décembre) et d’arriver aux écoles d’aviation de Juvisy et… de Tours. Comme moniteur. Un des principaux fondateurs de l’Aviation-Club de Touraine. Sur André Pichard > Lire

(15) Il s’agit du Caudron C.230 F-ALDF de Mayse Bastié. Il sera détruit quelques années après la guerre dans un accident, près du cimetière de Saint-Symphorien (Tours-Nord) avec Jean Rossard aux commandes.

Merci à Pascal Ordoquy, petit-fils de Nicolas Bouisson, pour ces documents. Et à Albin Denis qui a fait le lien

Les commandants de l’École de chasse

Petit inventaire des commandants de l’École de l’aviation de chasse. Sur les tableaux qui se trouvent dans les locaux de l’École, à Tours, la liste commence à Meknès. Peut-être y a-t-il eu un autre commandant en 1943, à Marrakech, avant Saint-Albin. Dans cette liste manque le lieutenant-colonel Tomy Papin, fin 1944. Et un ou deux noms écorchés.

La carte de vœux 1959 de l’École de chasse. Il manque un « L » à Martel. (Didier Lecoq)

En avril 1943 est créée à Marrakech, au Maroc, une section « chasse » constituée d’une seule escadrille sur Curtiss H-75 A, déjà vétérans de la guerre. En juillet une seconde escadrille voit le jour avec les Dewoitine D.520 du groupe de chasse 3/6 qui a été rééquipé en matériel américain. Une troisième escadrille suit, toujours à Marrakech, sur A.24 Dauntless. A la fin de l’année, ce qui n’est pas encore l’École de chasse est transférée à Meknès, le terrain de Marrakech étant surchargé. Le 10 janvier 1944, les trois escadrilles mais aussi tout un inventaire d’avions militaires déménage à Meknès avec le lieutenant-colonel de Saint-Albin à sa tête. Bios express des commandants de l’École de chasse. Sans s’étendre sur ceux dont la carrière est encore en cours.

Didier Lecoq

A Meknès (1944-1961)

Lieutenant-colonel Gaston Raguenet de Saint-Albin (1944-1944). Né en 1901 à Saint-Cyr-en-Val (Loiret) où sa famille – des raffineurs de sucre – possédait le château de Reyville. 107e Promotion de Saint-Cyr 1920-1922. 3e régiment de chasse de Châteauroux. 8e escadre de chasse en 1936. Commandant du GC 1/4 de la mi-mai à la mi-juin 1940. Décédé en 2002, à Saint-Cyr-en-Val.

Tomy Papin

Tomy Papin
(Dessin Charles Bossu)

Colonel Tomy Papin Labazordière Ruillier Beaufond (1944-1944). Tomy Papin était d’abord un technicien. Ingénieur des Arts et manufactures, il a ensuite été diplômé de l’École supérieure de l’aéronautique, promotion 1930. Profitant de la préparation militaire spéciale (PMS), il s’est engagé puis est devenu pilote. Dans la reconnaissance notamment, chef de la 2e escadrille du GR I/33 ; puis dans la chasse, à la tête de la 3e escadrille du GC II/7. Sur MS.406 puis sur Dewoitine D.520, il obtient 7 victoires homologuées et 2 probables. Après le débarquement en Afrique du Nord, il reprend le combat à la tête du GC 2/7 puis de la 1re escadre de chasse qu’il commande. Il quitte son commandement après une algarade avec un général américain à propos des attaques anti-navires au large des côtes italiennes qu’il jugeait inutiles et dangereuses, selon Marguette Bouvier (1), de la revue L’Air qui l’a rencontré à Friedrichshafen en octobre 1945. Il est affecté au Centre instruction chasse (CIC) de Meknès le 11 juin 1944 mais ne doit pas y arriver avant juillet. En novembre, après la mort de Monraisse, il reprend le commandement de l’escadre de chasse n°1 qu’il retrouve à Luxeuil à la fin de l’année. Le lieutenant-colonel Tomy Papin a trouvé la mort , le 1er février 1946. Il a percuté la mer aux commandes de son Spitfire lors de l’attaque d’une jonque sur la côte Est de la Cochinchine.

L’article sur le lieutenant-colonel Papin dans L’Air du 5 novembre 1945 > Lire

Second article sur le lieutenant-colonel Papin dans L’Air du 5 septembre 1946 > Lire

Commandant Raymond Destaillac (1944-1945). Né en 1905. École militaire de l’air 1928. Il a participé au meeting de Zürich en 1937 à la tête de neuf Dewoitine D.501. De quoi impressionner au moment où était présenté le Messerschmitt Bf109. Adjoint au commandant du GC 2/5 en 1939.  2 victoires sûres et 2 probables . En 1942, il a pris le commandement du GC 3/6. Dans les années 60, devenu général de brigade, il a commandé la zone de défense aérienne en Algérie. Décédé en 1972.

Lieutenant-colonel Yves Ezanno (1945-1948). C’est une des grandes figures françaises de l’aviation de la Seconde Guerre mondiale. Né en 1915, Yves Ezanno a d’abord fait du droit avec un doctorat et une carrière d’avocat qui s’ouvrait devant lui. Mais à l’issue de la préparation militaire spéciale (PMS), il choisit de s’engager. Il fait partie de la promotion 1939 de l’École militaire de l’air. Il a été le parrain de la promotion 1996, année de son décès. Breveté pilote en 1939, il est à l’école de pilotage 101 comme instructeur au début de la guerre. Déplacée à Royan, c’est de là qu’il s’envole sur Caudron Simoun avec plusieurs de ses camarades de l’école, le 17 juin 1940, pour l’Angleterre. Il sera fait Compagnon de la Libération. Dans le bombardement (GMC 1, Lorraine) comme dans la chasse (Alsace), il accumule des missions en Afrique. En Angleterre, il commande même le 198 Squadron de la RAF sur Hawker Typhoon Ib, en 1944. Abattu et blessé au-dessus de la Belgique en novembre, il lui faut plusieurs mois pour récupérer. En juin 1945, il est nommé à la tête de l’École de chasse de Meknès avant de devenir inspecteur de la chasse en 1949. Il occupera de nombreux postes ensuite. Général de corps aérien en 1962, il devient commandant de la Défense aérienne, à Taverny, deux ans plus tard. Il quitte l’armée de l’air en 1967 avec 5.200 heures de vol et 412 missions de guerre. Il décède le 20 octobre 1996 à Nice.

Le portrait d’Yves Ezanno sur le site des compagnons de la Libération. > Lire

Yves Ezanno, en 1941, devant un Caudron Simoun des FAFL.
(Origine François Tulasne)

Lieutenant-colonel Henri Hoarau de la Source (1948-1949). Né en 1910 au Quesnoy (Nord). Commandant de la 5e escadrille du GC 2/7 en 1943-1944 puis du groupe. Sur la tableau des commandants, à l’École de chasse, il manque le O de Hoarau.

Commandant Gabriel Gauthier (1949-1950). Il était avec Hoarau de la Source au GC 2/7. Né en 1916, il était de la promotion de l’École de l’air 1926 « Capitaine Astier de Villate ». Grièvement blessé en décembre 1939 lors de la deuxième de ses neuf victoires. Commandant la 4e escadrille du GC 2/7, sur Spitfire. Après la guerre, il commande notamment la 2e escadre de chasse à Dijon et l’École de l’air. Chef d’état-major de l’armée de l’air en décembre 1968.

Sur le site de Henri Guyot, Traditions Air. > Lire

Sur Aérostories. > Lire

Yves Rupied

Yves Rupied.
(Dessin Charles Bossu)

Commandant Yves Rupied (1950-1951). Tout pilote de chasse est censé le connaître. C’est le Brigadier dans « Chasseurs, mes frères » de Marc Lissy (Marcelin Labas). Il commandait alors la 1re escadrille du GC 3/6 (Spa 89, le Masque africain). Né en 1917, son père était général de cavalerie.  Promotion 1937 (Commandant Mézergues) de l’École de l’air. Abattu le 12 mai 1940 alors qu’il était détaché au GC 3/2 il saute en parachute pour la deuxième fois (il a déjà été abattu le 31 mars). Si on y ajoute un atterrissage forcé le 15 juin 1940, le sous-lieutenant Rupied a eu de la chance de s’en sortir… Il a terminé sa carrière général de brigade.

Commandant Victor Tanguy (1951-1953). Né le 6 juillet 1915 à Plougastel-Daoulas (Finistère), Victor Tanguy a fait partie de la promotion 1939 de l’École militaire de l’air (avec Yves Ezanno). Il est le parrain de la promotion 2001 de l’EMA. Il a obtenu deux victoires sur Bloch 152 au sein du GC 1/8 (escadrille 3C2, le Trident ailé). Après un passage en Afrique du Nord, il rejoint l’Angleterre avec le groupe 1/2 Cigognes. En décembre 1944 il commande l’escadrille Strasbourg du Squadron 341 Alsace. Le 14 novembre 1951 à Meknès, il est aux commandes du T-33 A (c/n 50433) immatriculé TR433 avec le major américain Barrett. Première sortie, premier atterrissage sur un T-33 et premier accident. Il est gravement blessé six ans plus tard (le 7 novembre 1957), dans les Aurès, dans l’accident d’un MH-152 Broussard de l’ELO 03.045. Il est général de brigade au moment de la retraite. Il est décédé en 1997.

Commandant Jean-Marie Vauchy (1953-1955). École de l’air 1938. Engagé dans la Résistance au sein du maquis du Haut-Jura puis en Haute-Garonne. Commandant en second du groupe de chasse 1/5 Vendée en Indochine. Il a écrit un article dans la revue Icare (n°153), « Aviateurs dans la Résistance » sur son expérience au sein des maquis du Haut-Jura et de Haute-Garonne. Décédé en 2006.

Commandant Maurice Avon (1955-1957). Il venait de passer deux années à la tête de la 7e escadre lorsqu’il est venu à Tours. Il a également commandé la base de Metz-Frescaty (1960-1962).

Commandant Georges Rivory (1957-1959). École de l’air 1938. Pilote à la 6e escadrille du GC 3/6 (le Masque de comédie). Prisonnier au Levant le 9 juin 1941 après une collision avec un Hurricane britannique et récupéré en mer par le destroyer HMS Kandahar. Il reprendra le combat au sein du 2/6 Travail. Puis au 3/6 Roussillon. Lui aussi figure dans « Chasseurs, mes frères ». C’est Jojo. Commandant de l’EC 2/5 Ile-de-France de 1947 à 1949. Il est décédé en 2014 à Nancy (98 ans).

Commandant Roger Rombi (1959-1961)

L’auteur des caricatures est le général de brigade aérienne Charles Bossu, mécanicien, notamment à la 7e escadre. En 1968, l’Association des pilotes de chasse a publié un recueil de ses dessins sous le titre « Et vive la chasse, b….l! »

A Tours (1961-20..)

Commandant Roger Rombi (1959-1961). C’est sous son commandement que l’École quitte Meknès pour Tours. Formé aux États-Unis, il est breveté le 8 février 1944, terminant son parcours le 21 juillet 1944 sur P.47. Il rejoint, fin septembre, la 1re escadrille du GC 3/3 Ardennes alors que cette unité est à Salon-de-Provence. Le 2 décembre, parti d’Ambérieu pour une mission de bombardement à quatre P.47, en Alsace, il est abattu par la Flak. Caché par la population alsacienne, il est de retour en unité le 29 janvier et effectue son premier vol le 8 février, selon le Journal de marche.

La Nouvelle République du 28 mai 1962.

Commandant Georges Labaye (1961-1964). Promotion 1945 de l’École de l’air. En 1951 il a commandé l’escadrille Spa 3, à Dijon. Georges Labaye a été le leader de la Patrouille de France en 1954, baptisée ainsi l’année précédente. La PAF volait pour la première fois sur un avion français, l’Ouragan, qui était l’un des deux avions de l’École lors de son arrivée à Tours. La PAF n’alignait alors que quatre avions. Il a également été commandant de l’École des pupille de l’air, à Grenoble en 1970. Deux de ses enfants ont été pilotes de chasse. Laurent (EA 1973) a été général de corps aérien et a terminé sa carrière comme directeur de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN), en 2009. Le colonel Georges Labaye est décédé en 2008, à 86 ans.

L’Ouragan du capitaine Labaye, leader de la Patrouille de France en 1954, sur le site Traditions Air > Voir

Commandant Eric Questiau (1964-1965). Promotion de l’École de l’air 1946. Général de brigade aérienne.

Commandant Michel Marchand (1965-1966). Promotion de l’École militaire de l’air 1949. Général de brigade. Décédé en 1983.

Commandant Édouard de Cressac de Soleuvre (1966-1967). Promotion de l’École de l’air 1950. Breveté en 1953, il a été affecté à la 12e escadre de Cambrai où il a commandé la 2e escadrille. Il est resté deux ans en Afrique du Nord, à la tête de l’EALA 15/72. Il a commandé l’escadron 2/3 Champagne avant de venir à Tours. Décédé en 1987.

Commandant André Vautier (1967-1968). École de l’air 1951. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jacques Dedieu (1968-1970). École de l’air 1952.

Lieutenant-colonel Pierre Guillermin (1970-1971). École de l’air 1953. A sa sortie de l’École de chasse, à Meknès, il est affecté à l’escadre de chasse tout-temps Normandie-Niemen, à Tours. Après deux séjours en Algérie, il prend le commandement du Normandie-Niemen, à Orange. Il a terminé sa carrière au grade de général.

Lieutenant-colonel Pierre Aimard (1971-1972). École de l’air 1954. Après un séjour en Algérie et à la 5e escadre de chasse, il prend le commandement de l’escadron 2/12 Cornouaille à Cambrai, sur Super-Mystère B2. Puis il est affecté à Taverny avant de venir à Tours. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jacques Beaugrand (1973-1974). École de l’air 1955. Commandant de la base aérienne d’Aulnat de 1981 à 1983. Général de brigade aérienne.

Commandant Jean-Pierre Boucher (1974-1976). École de l’air 1956.

Lieutenant-colonel Pierre Aluce (1976-1977). Prytanée militaire de La Flèche, de 1954 à 1957. École de l’air 1957. Commandant de l’EC 1/5 Vendée, sur Mirage III C.

Lieutenant-colonel Jean-Marie « Susu » Sudriez (1977-1978). École de l’air 1958. Commandant de l’EC 2/2 Côte-d’Or sur Mirage III C en 1973-1974.

Lieutenant-colonel Michel Gaillard (1978-1981). École de l’air 1961.

Lieutenant-colonel Jacques Ratié (1981-1982). École de l’air 1962. En 1991 il entre au Centre national d’études spatiales (CNES) comme manager des astronautes. En mars 1999, le général Jacques Ratié prend la direction du bureau des astronautes en remplacement du général Jean Loup Chrétien.

Lieutenant-colonel François Sido (1982-1984). École militaire de l’air 1963. Directeur des équipes de présentation de l’armée de l’air (EPAA) en 1985-1986. Décédé en 2005.

Lieutenant-colonel Didier L’Eleu de la Simone (1984-1985). École de l’air 1964. Commandant de l’EC 2/13 Alpes de 1978 à 1980, sur Mirage 5F. Sur le tableau, L’Eleu est en un seul mot.

Lieutenant-colonel Joël Agaisse (1985-1986). École de l’air 1966. Commandant la base aérienne de Dijon en 1990-1992.Commandant les forces françaises stationnées à Djibouti en 1996. Général de division aérienne.

Lieutenant-colonel François Bouchard (1986-1987). École de l’air 1968. Commandant du 1/8 Saintonge en 1982. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jean-Claude Derrien (1987-1988). École de l’air 1969. Général de brigade.

Lieutenant-colonel Edgard Veau (1988-1989). École de l’air 1971. Passé à Cambrai à l’EC 1/12.

Lieutenant-colonel Guy Maertens (1989-1991). École de l’air 1971. Passe par Cambrai où il effectue son dernier vol sur Mirage F1 et juin 1982. Général de brigade en 2001. Sous-directeur du personnel officier jusqu’en 2001.

Lieutenant-colonel Eric Moncany de Saint-Aignan (1991-1992). École de l’air 1971. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Ollivier (1992-1993). Promotion 1975 de l’École de l’air, breveté sur T33 à Tours en avril 1979. Il a quitté l’armée de l’air avec 4.000 heures de vol et 100 missions de guerre n°2, signe d’une carrière particulièrement chargé : 8e escadre de chasse à Cazaux sur Mystère IV, 11e escadre de chasse de Toul sur Jaguar jusqu’en 1986, puis un an à la 7e escadre de chasse également sur Jaguar. Affecté ensuite à la 5e escadre de chasse d’Orange sur Mirage F1 puis sur Mirage 2000 RDI avant de rejoindre Tours en 1990. Légion d’honneur, Ordre national du mérite, Valeur militaire avec citation de l’escadre, médaille des opérations au Tchad, médaille de l’aéronautique, médaille d’argent de la défense nationale agrafe défense aérienne.

Lieutenant-colonel Didier Ros (1993-1994). École de l’air 1976.

Lieutenant-colonel Henri Switzer (1994-1995). Il a passé son brevet alors qu’il n’était que sergent. École militaire de l’air 1978. Capitaine, il a commandé l’escadrille Spa 124 sur Mirage F1C. Commandant de la base aérienne 112 de Reims de 2000 à 2002. Il a également occupé les fonctions de chef de cellule de crise « Yougoslavie » à l’état-major des armées et d’’attaché de Défense à l’ambassade de France à New Delhi et à la Haye. Chef du Service de communication et des relations publiques de l’armée de l’air, directeur de la publication Air Actualités. Porte-parole du chef d’état-major de l’armée de l’air. Il a quitté le service actif depuis mai 2007 comme général de division aérienne, totalisant plus de 4.500 heures de vol, une cinquantaine de missions de guerre en opérations extérieures (Tchad, Centre Afrique).

Le général Gratien Maire.
(Photo O. Ravenel, Armée de l’Air)

Lieutenant-colonel Gratien Maire (1995-1996). École de l’air 1978. Commandant du régiment de chasse Normandie-Niemen, de l’école de l’aviation de chasse à Tours, il a également dirigé l’École de l’air à Salon-de-Provence. Comme pilote de chasse – nom de guerre « Ricco » – il a cumulé 3.117 heures de vol et 89 missions de guerre. Adjoint du chef de cabinet militaire du Premier ministre à Matignon, attaché de défense à l’ambassade de France à Washington, directeur adjoint à l’inspection des armées et sous-chef « relations internationales » de l’EMA. Il a terminé sa carrière militaire comme major général des armées, adjoint du chef d’état-major, et responsable de la transformation des armées.

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Hestin (1996-1997). École de l’air 1979. Pilote de chasse à l’escadron de chasse 3/12 Cornouaille de 1983 à 1988, il participe à l’opération « Épervier » au Tchad, puis commande l’escadrille de la SPA 162 de 1988 à 1990. Commandant en second de l’EC 1/5 Vendée de 1990 à 1992, il participe à l’opération « Daguet » Après l’École de l’aviation de chasse, à Tours, il intègre la 5e promotion du collège interarmées de défense de 1997 à 1998. Commandant en second de la BA 701 de 2000 à 2002. Il occupe ensuite les postes de directeur adjoint de la direction de la circulation aérienne militaire de 2002 à 2004 puis chef d’état-major de l’inspecteur de l’armée de l’air de 2004 à 2006. En 2009, il devient commandant supérieur des forces armées en Guyane.

Lieutenant-colonel Philippe Aubignat (1997-1999). École militaire de l’air 1981. Commandant de l’escadron de chasse 2/2 Côte d’or 1994-1995, à Dijon. En septembre 2010 il est chargé de mission auprès du commandant des forces aériennes après avoir été commandant de la brigade aérienne de l’aviation de chasse.

Lieutenant-colonel Philippe Poireault (1999-2000). Promotion de l’École militaire de l’air 1983. Pilote au 3/12 Cornouaille lors de sa fermeture. Il a commandé le dispositif français lors du premier exercice Red Flag aux États-Unis auquel ont participé les Rafale, en 2008.

Lieutenant-colonel Étienne Patry (2000-2002). École de l’air 1983. Il a commandé la base de Cognac de 2008 à 2010. Général de brigade.

Lieutenant-colonel Frédéric Terrasson (2002-2003). École de l’air 1985.

Lieutenant-colonel Vincent de Gournay (2003-2006). Plus de 3.000 heures de vol sur Jaguar.

Lieutenant-colonel Franck Berring (2005-2006). École de l’air 1987.

Lieutenant-colonel Jean-Marc Blanckaert (2006-2007). École militaire de l’air 1989.

Lieutenant-colonel Thierry Coupeau (2007-2008). École de l’air 1990.

Lieutenant-colonel Xavier Harispe (2008-2009). École de l’air 1991.

Lieutenant-colonel Gilles Revel (2009-2010). École de l’air 1989.

Lieutenant-colonel Fabien Deynès (2010-2011). École de l’air 1993.

Lieutenant-colonel Pierre Quéant (2011-2012). École de l’air 1993.

Lieutenant-colonel Julien Moreau. 2012-2014. École de l’air 1995.

Lieutenant-colonel Xavier Hirschauer (2014-2015). Officier sous contrat. 17e promotion de l’École de guerre.

Lieutenant-colonel Matthieu Nicolas-Guerrero (2015-2016). École de l’air 1998.

Lieutenant-colonel Romain Béthoux (2016-2018). École de l’air 1999. Commandant de l’escadrille 2/33 Savoie 2009-2011. Leader de la Patrouille de France en 2015.

Lieutenant-colonel David Bocquier (2018-…). École de l’air 2000.

Aidez-moi à compléter cette liste. Si vous possédez des informations sur les commandants de l’École, des documents, des photographies, n’hésitez pas, contactez-moi.

Les marins à Tours

On les oublie mais 645 pilotes de chasse de la Marine ont été breveté à tours  du 5 février 1962 au 28 octobre 1993. Ils ont dirigé la section Marine :

Capitaine de corvette de Corail 1962-1965

Capitaine de corvette Hamel de Montchenault. 1965-1968

Capitaine de corvette Imbert. 1968-1970

Capitaine de corvette Montigneaux. 1970-1972

Capitaine de corvette Wallet. 1972-1973

Capitaine de corvette Bonnissent. 1973-1976

Capitaine de corvette Boiteau. 1976-1978

Capitaine de corvette Bourgeois. 1978-1980

Capitaine de corvette Thominé-Desmazures. 1980-1983

Capitaine de corvette Baillot 1983-1986

Capitaine de corvette de Basquiat. 1986-1989

Capitaine de corvette Calais. 1989-1990

Capitaine de corvette Lebas. 1990-1992

Capitaine de corvette Didier. 1992-1993.

Notes

La biographie de Marguette Bouvier, skieuse, patineuse, pilote, journaliste, centenaire, etc. > Lire

Le brevet de tourisme de Marguerite Bouvier (Marguette) (Source DGAC)

Le bref passage à Tours de Roger Saussol

Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondialeCrédité de cinq victoires en mai 1940, Roger Saussol était venu en Touraine avec l’escadrille des Chimères en 1934.

Ce n’est qu’un petit paragraphe dans la carrière de Roger Saussol. Quelques lignes qui témoignent de la présence des escadrilles des Cigognes, à Tours, au milieu des années 30. Roger Saussol était à la 5e escadrille du 2e régiment d’aviation de chasse – la Spa 65, l’escadrille des Chimères –  lorsqu’il a quitté Strasbourg pour la Touraine. Il a repris son envol avant celui de la 2e escadre fin 1936. En janvier 1935, il a rejoint Bizerte et le 4e GAA (escadrille Spa 93) où il a retrouvé les Ni-D.622 avant d’y découvrir le Dewoitine D.510.

Son fils, Alain Saussol a publié un livre qui dépasse très largement le cadre familial : « Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondiale – Mes combats, ma captivité » (1), aux éditions L’Harmattan (collection Graveurs de Mémoire). Il y retrace la carrière de son père, originaire de Salmiech, dans l’Aveyron, ses débuts dans l’aviation comme mécanicien, au 3e régiment de chasse de Châteauroux, son passage à Tours puis à Bizerte, en Tunisie.

Le récit de Roger Saussol commence en 1939 avec les premiers signes de la guerre. Il a participé à la campagne de France, toujours avec la Spa 93 au sein du groupe de chasse III/1, sur Morane-Saulnier MS.406. Il a obtenu cinq victoires. Il y a côtoyé deux futurs pilotes du Normandie-Niemen, Albert Durand et Pierre Dechanet, bien d’autres encore. Roger Saussol a été abattu le 26 mai 1940, sévèrement brûlé (2) et fait prisonnier. S’ensuivit la captivité, jusqu’en 1941 où il est libéré pour raisons sanitaires. Mis en congé d’armistice il a participé à la libération de Millau au sein de la Résistance avant de reprendre sa place dans l’armée de l’air.

Tout au long de sa carrière, Roger Saussol a pris des photos. De nombreuses sont dans le livre. Merci à son fils de nous en avoir envoyé quelques-unes. Elles ont permis de faire le lien avec d’autres photos, trouvées sur Internet, sans nom d’auteur mais bien légendées au dos, et de mettre un nom : Faublée. Mais pas encore un prénom.

Didier Lecoq

Les documents de Roger Saussol
Les documents de René (?) Faublée
Profil de Patrice Gaubert.

Profil de Patrice Gaubert (3)

Lire également

Quand les Cigognes faisaient leur NiD en Touraine > Lire

Le site de Patrice Gaubert, rurique Profils > Patrice Gaubert

Des photos de la Spa 65 sur le site Traditions-Air, de Henri Guyot > Voir

Notes

(1) Roger Saussol, Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondiale, aux Éditions L’Harmattan, 20 € en version brochée, 14,99 € en PDF compatible avec toutes les liseuses.

(2) En 1942 il est à l’hôpital de Montpellier avec d’autres grands brûlés dont Abel Verna, originaire de Balesmes, dans le sud de l’Indre-et-Loire, et pilote au GB 1/31 capturé et fusillé par les supplétifs de l’armée allemande avec le maquis le l’Ain.

(3) Ce profil a été publié dans le livre sur l’histoire de la BA 705 (Jean-Pierre Bézard, Michel Fillet, Yves Audren et Didier Lecoq). Lien

 

De l’Aéro-Club de Touraine à l’École de chasse de Tours

Maracaronage à Tours

Brevet sur la poche, direction Cazaux. (Photo Didier Lecoq)

Ces occasions sont assez rares. Ce n’est pas dans toutes les promotions qu’un jeune pilote qui a commencé dans un aéroclub tourangeau peut décrocher son macaron de pilote de chasse à deux coups d’ailes de chez lui.

Paul G. a depuis toujours eu envie de voler, au point d’en faire son métier. Originaire de Sainte-Maure-de-Touraine, il lui suffisait de lever les yeux pour voir passer des Alpha-Jet. Mais d’abord, direction l’Aéro-Club de Touraine. Sur Robin, c’est déjà ça.

Il aurait pu s’arrêter là. Après son baccalauréat à Joué-lès-Tours, Paul G. a choisi de prendre un peu de temps pour s’assurer un avenir en passant un DUT de génie mécanique. Avant de tenter d’entrer dans l’armée de l’air.

Il y a deux voies pour devenir pilote dans l’armée : l’École de l’air pour les forts en thème, les futurs cadres, ou devenir officier sous contrat. Là, c’est moins difficile d’y entrer, mais on sait déjà quand on en sort – si tout va bien – puisque l’engagement porte sur deux contrats de dix ans, pas plus. Après, direction la sortie.

C’est le chemin qu’a emprunté Paul G. : un an à Salon-de-Provence, un an à Cognac puis l’École de chasse de Tours. Un parcours semé d’embûches, tout sauf un long fleuve tranquille où la passion est mise à rude épreuve. Il n’y a pas que dans un avion de chasse qu’il y a un siège éjectable.

Jeudi 1er février, c’était le grand jour pour Paul G., quatre autres aspirants et les six officiers koweïtiens en formation. Celui de la remise du macaron et, pour les Français, du poignard d’officier. Sous les yeux de la famille, des amis, de la famille des amis. Et touche de couleur inattendue, des familles koweïtiennes venues avec des colliers de fleurs et des bouquets. Le tout sous les yeux de l’ambassadeur du Koweït en France, du chef d’état-major de l’armée de l’air koweïtienne et de l’inspecteur général de l’armée de l’air, le général Adam.

Pour ces élèves, l’aventure n’est pas terminée. Direction Cazaux pour découvrir le combat et le tir notamment. C’est à Cazaux que se trouve le poste d’aiguillage, en fonction des résultats. Rafale ou Mirage 2000. Chaque modèle était présent pour cette cérémonie de remise des macarons. Devant lequel ont-ils tous choisi de poser ?

 

Un nouveau commandant à la base aérienne 705

Sébastien Vallette et Sébastien Mazoyer : passation de pouvoirs. (Photo Luc Bernard / Armée de l’air)

Le colonel Sébastien Vallette a pris le commandement de la base aérienne 705. Il prend la suite du colonel Sébastien Mazoyer qui, après deux ans en Touraine – c’est la durée de vie d’un tel commandement –, rejoint la direction des ressources humaines à Balard, à Paris.

Pilote de chasse – il a notamment commandé l’escadron 1/12 Cambrésis, à Cambrai justement –, il succède à deux colonels issus de la reconnaissance, Cyrille Duvivier (2013 à 2015) et Sébastien Mazoyer (2015 à 2017). Le colonel Duvivier était d’ailleurs présent à la prise de commandement, tout comme le général Pascal Delerce, commandant de la BA 705 de juin 2009 à août 2011.

Issu de la promotion 1993 « Général-Capillon » de L’École de l’air, il aura 45 ans cette année.

Quatre Alpha-Jet ont survolé le défilé alors que Jim, qui fait les présentations d’Alphajet Solo display avec Filou, a effectué son programme en fin de défilé.

Voir le diaporama de Julien Pruvost, sur le site de La Nouvelle République.

La page Facebook de la base aérienne 705

La page Facebook d’Alphajet Solo display

 

 

Eugene James Bullard, brevet n°6.259, à Tours

Eugene Bullard

Eugene Bullard lorsqu’il était au 170e régiment d’infanterie, après s’être engagé dans la Légion.

Après deux années à combattre avec l’infanterie française, Eugene Bullard a rejoint l’aviation. C’est à Tours qu’il a obtenu son macaron de pilote.

Le 14 Juillet a été l’occasion de commémorer le centenaire de l’entrée en guerre des États-Unis. La fête nationale a également été l’occasion de se souvenir du premier pilote noir américain, Eugene James Bullard. C’était sur Caudron G3, le 5 mai 1917, et c’était à Tours. Ils n’étaient que deux à obtenir leur brevet de pilote militaire ce jour-là : lui et Jacques Thabaud-Deshoulières, né dans l’usine familiale de la Grande Bretèche, en bas de la Tranchée. Le capitaine Jean Mortureux (de Faudouas) avait dirigé l’école jusqu’en avril. Son successeur, le capitaine Olivier de Villepin n’était pas encore arrivé. Le chef pilote était sans doute le lieutenant Georges Gayral.

D’origine antillaise par son grand-père qui était esclave, il avait fuit les États-Unis et la ségrégation alors qu’il n’était qu’adolescent, multipliant les petits boulots – garçon d’écurie, jockey – pour espérer se rapprocher du pays qui ne le jugerait pas en raison de la couleur de sa peau, la France. C’est comme boxeur qu’il a fini pour rejoindre sa terre promise. A 19 ans, il veut participer à la guerre dans l’armée française. Il s’engage, comme tout étranger, dans la Légion.

Après deux blessures et deux citations, inapte pour l’infanterie, il demande à passer dans l’aviation. Après un stage de mitrailleur à Cazaux, il est accepté comme élève-pilote. Passage à Dijon en décembre 1916 pour la formation théorique, puis Tours pour sa formation de pilote sur Caudron G3. S’ensuit le circuit habituel après son brevet, Châteauroux puis Avord.  Après un passage au GDE, il est affecté à l’escadrille N93 où il arrive le 27 août 1917. Moins d’un mois plus tard, il est à la N85, le 13 septembre 1917. Qu’il quittera le 16 novembre 1917, finissant la guerre en retrouvant le 170e régiment d’infanterie.

A Tours, le portrait d’Eugene Bullard figure sur la dérive de l’Alpha-Jet aux couleurs de la Spa 85 à laquelle il a appartenu. Un juste retour des choses. (Photo Armée de l’Air)

Après la guerre, il s’est consacré au music-hall, en France. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s’est de nouveau engagé sous les couleurs françaises. Blessé en 1940 au Blanc, dans l’Indre, il est évacué, d’abord vers l’Espagne puis les États-Unis. Il devient alors un ardent propagandiste de la France Libre. La France n’a pas oublié Eugene Bullard. Il est invité pour ranimer la Flamme sous l’Arc de triomphe puis est fait chevalier de la Légion d’honneur, deux ans avant sa mort en 1961 à New York.

Le 5 mai 1917, Eugene Bullard a donc obtenu son macaron de pilote. Quelques semaines plus tard débarquaient les premiers élèves américains, des élèves pilotes de l’US Navy dont le quartier-maître Thomas W. Barrett qui sera le premier marin US à trouver la mort lors de cette guerre, le 28 juin 1917. Le 28 septembre, un autre Américain y obtient son macaron de pilote, Edward V. Rickenbaker qui sera l’as américain de la guerre avec 26 victoires. Début novembre, l’école d’aviation de Tours devenait américaine.

En 1944, les élèves français ont fait le chemin inverse. Ils sont allés aux États-Unis pour y être formés. Mais les rares élèves noirs n’ont pas eu droit aux mêmes écoles que les élèves blancs.

Eugene Bullard

La fiche d’Eugene Bullard du le site Mémoire des Hommes. Il avait alors triché sur son âge, déclarant être né au 1894 au lieu de 1895.

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En savoir plus sur Wikipedia

Les planeurs de l’Aéro-club de Touraine sur cicilc.fr

Ce petit film de Maurice Auclair, le quincaillier du haut de la Tranchée, qui a consacré beaucoup de temps et de pellicule à l’aviation, est un peu déroutant. Il semble nous emmener vers Château-Renault pour l’aérodrome de Blois-Vendôme. En fait, il n’en est rien. Dès le premier avion, on voit bien qu’on est sur le terrain de la base aérienne de Tours, au temps de la 30e escadre, en 1960. On y voit notamment un MS.472 Vanneau de l’unité de réservistes CER 311 (avec l’insigne qu’on peut mieux voir sur le site Traditions Air d’Henri Guyot), des Dassault Flamant, un Meteor NF.11 en vol. Mais ce film est surtout consacré aux planeurs de l’Aéro-Club de Touraine. On ne peut pas manquer la grande silhouette d’Albert Carraz.
Encore une pépite de ciclic.fr.

     

Du terrain d’aviation de Chargé au fil d’Ariane

Créé pour desservir les services du ministère de l’Air en 1939, le terrain de Chargé a servi à l’école des moniteurs de Tours après la guerre avant d’accueillir une des stations Decca chargées de guider les avions de ligne (1953). L’ancêtre du GPS.

Dès le début de l’aviation, les aviateurs ont eu un faible pour les châteaux. La panne de château a longtemps fait partie de leur imaginaire. Pas sans raison. Venir se poser près d’un château était l’assurance de trouver une bonne pelouse pour l’aéroplane, des hôtes pour le gîte et le couvert, et un téléphone pour demander aux mécaniciens de venir (pas trop vite). Sans oublier l’admiration et l’envie de toute la maisonnée au moment de l’envol. Lors des années 30, la panne de château n’étant plus qu’un lointain souvenir, ce sont les bruits de botte qui ont rapproché les aviateurs et les châteaux de Touraine.

L’ancien terrain se situe en lisière du bois, au-dessus de la Girardière, jusqu’à la Boitardière. Amboise est à droite de la carte postale. La Loire est derrière le photographe.

En octobre 1938, le général commandant les forces aériennes en Touraine, reçoit de l’état-major de l’armée de l’air un document estampillé « Secret » relatif aux immeubles réquisitionnés en cas de déclaration de guerre. Y figurent le château de Fontenailles (1), destiné à l’inspection technique, et le château d’Amboise, notamment pour le service historique de l’armée de l’air. Dès avril 1939, l’administration centrale sait que l’Indre-et-Loire accueillera un échelon gouvernemental lourd : ELOGA. Cela restera le nom de guerre du dispositif amboisien.

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Chargé a rendu hommage à Maxime Lenoir

Si on devait ne retenir que deux temps forts de la magnifique journée d’hommages à Maxime Lenoir, enfant de la commune, à l’occasion des cérémonies du 11 Novembre, ce serait d’abord la joie des enfants qui ont chanté la Marseillaise au monument aux morts puis sur le perron de la mairie face à leur école qui depuis quelques minutes portait le nom d’un de ses anciens élèves, Maxime Lenoir. C’était l’aboutissement, pour eux, d’un long travail pédagogique illustré par l’exposition salle Julia Daudet, sous la direction de leur institutrice.

C’est ensuite les applaudissements spontanés après le passage des trois Alpha-Jet de l’école de chasse de Tours (ils sont passés deux fois), symboles d’un investissement précieux de la base aérienne et de l’armée de l’air pour fêter l’un des siens disparu voici 100 ans à Verdun. Présence lors de la cérémonie au monument aux morts avec un piquet d’honneur, présence d’aviateurs en uniforme devant la grille de l’école, présence d’une cabine de Jaguar dans laquelle les enfants ont pu grimper, jusqu’à la conférence-débat du lieutenant-colonel Romain Béthoux, commandant de l’école de chasse de Tours et ancien leader de la Patrouille de France. Et ils étaient nombreux, les anciens de l’armée de l’air, présents autour de la famille dans la salle Mangeant pour la conférence sur Maxime Lenoir.

Didier Lecoq

 

En savoir plus

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux, en 2014 Maxime lenoir choisi pour la Touraine pour la commémoration de 1914

A lire

La Guerre aérienne illustrée, sur Gallica. A partir du numéro du 29 mars jusqu’à celui du 3 mai 1917, Jacques Mortane rend hommage à Maxime Lenoir.

Christophe Cony a publié une longue biographie de Maxime Lenoir sur les numéros de septembre-octobre et novembre-décembre de la La revue Avions.

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Le sacrifice du GAO 509, de Tours à Alger

Le GAO 509 a perpétué le lien fort entre Tours et l’observation. Créé en 1938, il a compté dans ses rangs plusieurs réservistes de l’Aéro-Club de Touraine : Marcel Lévy, Jean Anthonioz, Jean Rideau et Paul Colin, abattu en juin 1940 par la chasse allemande.

Tours a longtemps compté quatre escadrilles d’observation et deux de reconnaissance au sein du 31e régiment d’aviation. Entre 1930 et 1933, il y avait même huit escadrilles (quatre d’observation, quatre de reconnaissance) après le départ des forces françaises de la partie allemande occupée. Ce régiment travaillait au profit des 9e (Tours), 10e et 11e corps d’armée et, plus particulièrement, pour l’école d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), l’école d’artillerie de Poitiers (Vienne) et l’école de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire).

Les éuquipages du GAO 508

Au moment du départ de la Lorraine vers la Somme, le 31 mai 1940. Debout, de gauche à droite : Giron (pilote), Desprez (mitrailleurs), Berthet (observateur), Tronyo (commandant du GAO), Colin (pil.), Demesmay (mit.), Rideau (mécanicien), Boudinier (obs.); accroupis, Corneille (pil.), Guillerme (obs.), O’Kelly (pil. commandant l’escadrille), Blanchet (mit.)

Changement de donne avant la guerre. Les huit escadrilles de Tours sont devenues des escadrilles de bombardement. Si dans l’armée de l’air, la reconnaissance (dans la profondeur) est restée l’apanage d’unités spécialisées, l’observation, au plus près des lignes et des unités, a été confiée à des unités dites de collaboration avec les unités terrestres.

Ainsi sont nés, dans la continuité des centres aériens régionaux chargés d’entraîner les réservistes, les groupes aériens régionaux (GAR). Lire la suite de cette entrée »

Une interview du colonel Mazoyer à la NR sur l’EAC

Les prochaines années verront le départ de l’École de chasse. pas la fermeture de la base aérienne. C’est ce qu’a expliqué le colonel Mazoyer, commandant de la base aérienne, à Pascal Denis.

L’interview du colonel Mazoyer

Les pilotes de Tours accueillent les pilotes du Mans

Journées d’échanges entre des pilotes des 24 Heures du Mans et ceux de la base aérienne de Tours.

A lire sur La Nouvelle République

 

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Le match aller, au Mans