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Archive pour la catégorie ‘vol à voile’

L’envol difficile des planeurs tourangeaux

C’est en 1930 que l’Aviation-club de Touraine décide d’ouvrir une section vol à voile. Pas simple dans une région sans reliefs.

Gaston Durand

Gaston Durand à l’atterrissage sur l’Avia XI-A vers 1933. (Photo Jean Rideau)

C’est pendant le pont du 15 août, en 1930, que Pierre Souvent, André Pichard, Jean Maillocheau et Alfred Moreau, de l’Aviation-Club de Touraine, vont à Sens pour étudier la création d’une section de vol à voile.

Si Pierre Souvent et André Pichard sont d’anciens pilotes de la Grande Guerre, Jean Maillocheau, libraire rue Nationale à Tours et Alfred Moreau, entrepreneur en maçonnerie, également à Tours, sont plutôt des passionnés. Lors de ce voyage, seul André Pichard en profite d’ailleurs pour effectuer un vol sur le planeur de l’Aéro-Club Sénonais.

Au moment de ce voyage, on est en pleine guerre picrocholine entre les aéro-clubs de d’Indre-et-Loire. Sous la pression de l’armée et de la chambre de commerce, l’Aviation-Club devait fusionner avec l’Aéro-Club de Touraine. Et au lieu de cela, un troisième club voit le jour sous l’impulsion des aérostiers de l’Aéro-Club : les Ailes de Touraine qui vont se consacrer à l’aviation de tourisme. Le combat a pris fin en 1935, faute de moyens car la chambre de commerce et l’armée ont contraint l’AéCT historique et les Ailes de Touraine à renter dans le rang. Ainsi naquit Air Touraine. Mais c’est une autre histoire.

Revenons à la naissance du vol à voile en Touraine. Quelques mois après la visite des dirigeants de l’Aviation-Club de Touraine à Sens, la section de vol à voile est sur pied. Pierre Souvent en est l’instructeur. Né aux Montils, en Loir-et-Cher, Pierre Souvent est négociant en grains à Tours. La Graineterie des gares, rue de Bordeaux, a longtemps été tenue par sa mère. Mitrailleur lors de la Première Guerre, il est devenu pilote en 1918, dans la chasse d’abord – à la Spa 84 – puis dans le bombardement, au GB 3 : Br 126 en juin-juillet 1918 puis Br 128 jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Il a fondé l’Aviation-club de Touraine avec notamment André Pichard, tourangeau et également pilote, négociant en vêtement de cuir. Abattu en juillet 1916 par la DCA, évadé à Noël, André Pichard a été moniteur à l’école d’aviation de Tours où il a formé les pilotes américains. Le président de la section est Jean Maillocheau. Dépositaire des Messageries Hachette, rue Nationale à Tours, Jean Maillocheau est libraire avec son frère Camille. Il est originaire de Vendée. Le trésorier est Robert Noël.

Les passionnés de l’Aviation-Club. On reconnait à gauche, Gaston Durand, son frère Lucien sous l’aile de l’Avia XI-A; Maurice Bodin (3e en partant de la gauche avec le béret), Jean Rideau, allongé dans l’herbe; Gustave Réchard (en gabardine), Raymond Ropion (assis, avec le béret), Paul Colin, assis aux pieds de Lucien Durand), Jean Maillocheau (deuxième en partant de la droite). (Photo Jean Rideau)

Le premier planeur de la section de vol sans moteur est un Avia XI-A. Ce modèle date de 1930. Il a été construit par les Ateliers vosgiens d’Industrie aéronautique de Saint-Dié. C’est un planeur-école.

La première séance sur l’Avia XI-A a lieu le lundi 20 janvier 1931. Il ne devait pas faire très chaud sur ce planeur très rudimentaire. Il n’était pas encore question de remorquage : pour lancer un planeur, il fallait le faire… à la main. Ou plutôt à la force des jambes. C’était la technique du sandow, un câble de caoutchouc dans une gaine de tissu. « On le dispose en forme de V ; le planeur, retenu par la queue est accroché par son avant à la pointe du V. Deux équipes de 7 à 8 hommes tirent sur les extrémités de chacune des branches. Lorsque la tension est forte, on libère le planeur qui s’envole », a décrit Maurice Bodin président de la section, dans la revue Air-Touraine en 1932. « Ce mode de lancement, qui convient parfaitement en terrain accidenté lorsqu’il s’agit de décoller un planeur du sommet d’une crête, s’est révélé assez médiocre sur un terrain plat comme notre camp d’aviation de Parçay. Car si l’on veut obtenir un vol de quelques secondes, dû uniquement à sa propulsion, il faut le tendre de telle façon que le départ de l’appareil est excessivement brutal et désoriente souvent l’élève. De plus, sa manœuvre exige dans ce cas une équipe nombreuse… » Résultats : des sauts de puce pour les anciens pilotes de la Grande Guerre lors de la première séance : 100 à 150 m à une altitude de 8 à 10 m. Pour les novices, 1 à 2 mètres, pas plus haut.

Aux commandes de l’Eole, Paul Colin, le premier brevet de planeur en Touraine. (Origine Didier Lecoq)

Un second planeur « de demi-performance » est déjà commandé. Il est livré le 22 mars. Il s’agit d’un Eole, conçu par Jean-René Lagasse, le directeur de la SFVAV (Société Française de Vol à Voile) qui l’amène de Toulouse. Pas par les airs, bien sûr. Il faut croire que planer est bon pour la santé car les mécènes en sont les docteurs Jacques Métadier, professeur à l’école de pharmacie de Tours, et Raymond Petit, médecin à Chinon.

Avec deux planeurs, la section prend forme. Pierre Souvent et Charles De Munck en sont les moniteurs. Charles de Munck est belge. Né en 1894 à Bruxelles – il y est décédé en 1952 – il était le petit-fils d’Emile de Munck, archéologue. Il avait le brevet de pilote n°2315 de la Fédération internationale d’aéronautique. Il vivait au château de la Remberge, à Autrèche. Sa fille y est née en 1926 et c’est son épouse, Colette Carels, dont la famille possédait le château depuis 1912, qui l’a conservé après leur divorce en 1935.

Parmi les plus assidus de la section on trouve Paul Colin et Jean Boy, tous deux pilotes militaires, récemment libérés de leurs obligations.

Après avoir envisagé d’installer un terrain à Cormery, un peu loin, la section pense avoir trouvé son bonheur à Mettray, sur un terrain de la colonie. Pour se déplacer, la solution a été trouvée par Louis Simonin, mécanicien automobile, qui a construit une remorque. Mais finalement la section restera sur le terrain d’aviation de l’armée.

Paul Colin est le premier à passer son brevet A, à Mettray. Bientôt suivi, à la mi-septembre, par Jean Boy, sur le planeur Eole, qui obtient son brevet en prenant la seconde place du concours de Vauville dans la catégorie planeurs-écoles.

C’est en 1932 que la section cesse de jouer à l’élastique. Un garagiste, Théophile Jeannin,  concessionnaire Renault rue Origet, à Tours, donne un coup de main au club en mettant à sa disposition une Renault 18 HP sur laquelle une roue a été remplacée par un treuil. Et l’élastique par un câble de 600 mètres de long. Premiers lancés en février pour Jean Rideau et Paul Colin. « L’altitude atteinte, près de 100 m, paraissait formidable et le planeur semblait ne plus vouloir atterrir. » Plus tard, la section sera dotée d’un side-car et, en 1937, d’une Talbot-Hotchkiss avec un nouveau treuil. Et un câble de 1.200 m.

C’est aussi en 1932, sous l’impulsion de Maurice Bodin, que la section décolle vraiment : Jean Rideau passe son brevet A le 19 juin. D’autres pilotes de tourisme viennent goûter au vol sans moteur : Jacques Métadier et Raymond Petit, bien sûr, Henri Bodin, Robert Dangoise, etc. Mais aussi , et c’est nouveau, Edmond Viel (seizième brevet de la section le 18 septembre 1932), les frères Durand (Gaston et Lucien), Bichet, Louis Avrilleaud (le fils du docteur de Montsoreau), viennent au planeur sans passer par la case avion. D’autres suivront : Legoff (18 mai 1933), Faure, Doussaint, Vallée, Daniaud, Lafond, Platel, Samuel, Laforêt, Bourquin, Habert, Gustave Rechard (29 mars 1936), Chevallier (19 avril 1936), Turbot (19 avril 1936), Lardon, Frébot, etc.

Les brevets de planeur de Gaston Durand

D’autres, à l’image de Michel Nadaud, vont mener de front les deux disciplines, breveté de planeur le 14 mai 1933, brevet de tourisme le 9 octobre de la même année.

La dispersion des énergies

A l’été 1933, Maurice Bodin part au Maroc. Il laisse la direction à Jean Rideau. Celui-ci a l’âme d’un constructeur. Mécanicien avion pendant son service militaire, notamment à Tours sur Potez XV, il a repris l’entreprise familiale de construction de stores en bois, rue Jean-Jacques Rousseau. Le bois, ça le connaît. Depuis juin il construit, toujours avec l’aide des frères Durand, un planeur de demi-performance. Le 7 mai, ce planeur fait ses essais avec Edmond Viel, promu moniteur, aux commandes. Nous ignorons le dessin de ce planeur. Il semble que cette aile, réalisée dans  l’entreprise de Jean Rideau, soit celle de ce planeur. Reste à savoir si Jean Rideau s’est inspiré d’un planeur existant (Sulky, Avia 152-E) ou non.

Le club achète également un Avia XX-A, un biplace en tandem avec double-commande, un outil indispensable pour les débutants. Henri Ruamps, ancien chef-pilote de la SFVAV vient en Touraine le 4 septembre, pour le livrer. Mais l‘aile touche le sol et le planeur se renverse. Ruamps est indemne mais le planeur doit être renvoyé chez Bordeaux-Aviation pour être réparé. Il reviendra le 18 décembre. Mais ce n’est qu’au début de l’année 1933 que le XX-A sera au point, grâce à Gaston Durand et Edmond Viel, toujours eux.

Malgré le retour de Maurice Bodin à la tête de la section en 1935, les énergies vont se faire plus rares. Le club achète un nouvel Avia XI-A. Même Jean Rideau va faire des infidélités. Car 1935, c’est surtout une année à poux. A Pou-du-ciel. Plusieurs HM14 sont en construction en Indre-et-Loire, dont celui de Jean Rideau, à moteur Ava. Et celui de Bodin à moteur Poinsard. Jean Boy, devenu chef-pilote adjoint de l’Aéro-club, va également en posséder un.

Et le combat cessa faute de combattants… Après l’été 1936, la section hiverne. Il y a bien du vol à voile mais uniquement à la sous-section de l’aviation populaire, dévoreuse d’énergies. Ceux qui sont accros au vol à voile ont été contraints d’aller voir où les nuages sont plus beaux. Au cours des années d’avant-guerre, plusieurs Tourangeaux ont brillé sous d’autres cieux :

  • Albert Carraz est engagé comme moniteur à La Banne d’Ordanche. Il y obtient le brevet D (il a le C depuis le 8 mars 1937).
  • Gabriel Chollet est à La Banne d’Ordanche pour son brevet C.
  • (Gérard ?) Denis est en stage à Pont-Saint-Vincent où il passe ses brevets B et C.
  • Jean Rideau est en stage à La Banne d’Ordanche où il réussit l’examen technique de moniteur.
  • Bourquin est en stage à Pont-Saint-Vincent.
  • Gustave Réchard devait aller à La Banne d’Ordanche mais les tensions avec l’Allemagne l’ont contraint à rester à Tours en 1938 car il est aviateur militaire.

C’est d’ailleurs à La Banne d’Ordanche, le 13 août 1938, qu’Albert Carraz réussit un vol de 5 heures 10 minutes 1 seconde sur l’Avia 40P n°30.

Puis vint l’aviation populaire

Arrivés au pouvoir, la gauche et Pierre Cot veulent donner le sens de l’air aux jeunes. Le but est de démocratiser l’accès à l’aviation. Ainsi est née l’aviation populaire. Air Touraine, issu de la fusion des aéro-clubs tourangeaux, fait partie des premiers à ouvrir une section. Le vol à voile devient une étape vers le brevet de pilote de tourisme. Le ministère dote la Section d’Aviation Populaire de deux planeurs XI-A et XV-A, en plus des planeurs d’Air Touraine. Le XI A doit permettre de maîtriser l’appareil et de faire des lignes droites (brevet A). Le XV A sert au brevet B.

Le moniteur en chef de la section de vol à voile de la SAP Air Touraine est Jean Anthonioz, ancien pilote militaire, pilote d’avion de tourisme et titulaire des brevets A et B de planeur. C’est un proche de Paul Colin, avec qui il travaille aux Docks du Centre, et de Jean Rideau.

Anthonioz et Durand

En 1934, dans le hangar de l’ACT : Jean Anthonioz et Gaston Durand devant le Caudron Luciole F-ALRE « Tourbillon » du club. (Photo Jean Rideau)

En mai 1937, la SAP a deux sections dédiées au vol à voile. Dans la section E (préparation au brevet A), on trouve une petite trentaine de jeunes. Parmi eux, le futur constructeur d’avions, René Fournier qui se souvient de sa formation sur le XI-A. « On était seul à bord. On recevait les consignes. Et à mesure qu’on progressait, on nous montait plus haut. On allait tout droit puis on amorçait un 180° pour se poser pas très loin d’où on partait. Une fois, je n’ai pas pu virer. Je me suis inquiété lorsque j’ai vu tous ceux qui étaient au treuil se sauver dans toutes les directions. J’ai eu peur de l’emboutir. Je me suis posé à quelques mètres seulement. Une autre fois, j’ai perdu de l’altitude dans un virage. Je voyais le sol qui montait. J’ai redressé et pris tellement de vitesse que j’ai filé jusqu’à ce que je sois arrêté par une haie d’aubépine. »

Dans la section D (préparation au brevet B), on trouve Jean Claveau qui rejoindra les Français libres en partant de Tunis. Il finira la guerre avec le groupe de chasse Ardennes avant une carrière militaire dont le point d’orgue a sans doute été la Patrouille d’Etampes.

On y trouve également Gaston Prouin. Comme bon nombre de jeunes de l’aviation populaire à Tours, Gaston Prouin vient du monde du chemin de fer. Lorsque l’accord parental a été nécessaire pour s’inscrire au 2e degré du brevet de pilote, porte d’entrée vers le brevet miliaire, Jacques Prouin est revenu sur terre. Pas d’autorisation et fin du rêve. Gaston Prouin a conservé ses cours et ses brevets de l’aviation populaire où il se rendait avec ses copains, Breu et Persillon notamment.

Vers le lancement remorqué

Jean Rideau va se lancer à son tour dans la fabrication du planeur, un Minéo M-5, dessiné par Michel Minéo. Ce Minéo sera renforcé et mis en vente début 1939 pour permettre l’achat d’un planeur de performance.

Sous la directeur d’André Malaud, devenu président de la section, et de Jean Rideau, vice-président, le vol à voile tourangeau va retrouver des ailes malgré le drame qui le touche avec le décès d’un jeune du club, le 18 septembre 1938, Maurice Pellerin. Le câble ne s’est pas décroché. Ou il ne l’a pas décroché. Maurice Pellerin avait 19 ans.

Quelques semaines auparavant, Maurice Bodin a séjourné à Etampes-Mondésir sur le terrain du COB, le club de Renault. Il y a effectué son premier lancement remorqué par un avion, un Caudron Luciole. Pour lui, c’est la formule idéale pour les clubs de plaine. L’avenir du vol à voile est là. Une souscription est lancée pour acheter un planeur pour vol remorqué. 13.000 francs sont déjà réunis pour un montant total de 28.000. Mais nous étions en juillet 1939. L’avenir sera pour plus tard. Pour après la guerre. Mais c’est une autre histoire.

Didier Lecoq

Un grand merci à Jean-Michel Rideau qui m’a envoyé les photos de son père et à Gaston Prouin pour son carnet de vol.

Bio express

Paul Colin. Né à Tours en 1909. Moniteur à la section de vol à voile puis à la section d’aviation. Réserviste, il a été mobilisé au GAO 509 de Tours. Sur Breguet 27 au début de la guerre, il a ensuite été transformé sur Potez 63.11. Il a trouvé la mort le 5 juin 1940 en à Campneuseville avec son équipage, abattu par les chasseurs allemands. Il travaillait aux Docks du Centre.

Jean Boy a pris la deuxième place de sa catégorie avec l’Eole, au concours de Vauville. (Collection Aéro-Club de Touraine)

Jean Boy. Né à Tours en 1897. Après avoir été chef-pilote adjoint, il a été exclu d’Air Touraine pour avoir voulu concurrencer le club en proposant des brevets moins chers dans une structure commerciale. Il est ensuite devenu chef pilote de la section d’avion populaire de Reims. Mobilisé en 1939 comme moniteur à l’Ecole élémentaire de pilotage de Poitiers. Entré dans le réseau belge d’évasion de pilotes, Comète, il a été arrêté par la Gestapo et envoyé en camp de concentration de Büchenwald. Il est décédé quelques jours avant la libération du camp de Stanfurt, le 6 avril 1945.

Jean Anthonioz. Né à Montbazon en 1904. Pilote de réserve comme Colin et Boy après un passage par la guerre du Rif. Il a volé sur Breguet 27 en 1939, a été transformé sur bimoteur (Potez 540) en 1940 mais n’a pas eu l’occasion d’effectuer des missions de guerre après son retour au GAO 509 qui ne comptait plus que deux Potez 63.11 et deux équipages, deux étant perdus le 5 juin. Il travaillait aux Docks du Centre. Il est décédé à 101 ans. Il était le père du professeur de médecine tourangeau, Philippe Anthonioz.

Albert Carraz. Il n’arrive en Touraine qu’au début des années 30. Venu tardivement à l’aviation, il s’est intéressé à l’aviation de tourisme, au planeur et a passé son brevet de transport public. C’est la grande figure du vol à voile en Touraine avant et après la guerre. En débordant sur le Loir-et-Cher où il a également été moniteur. Mobilisé à l’École élémentaire de pilotage de Blois-Pezay, il est rentré rapidement dans la Résistance. Embauché comme interprète à la base aérienne, il a fourni les plans de défense de la base à Londres

Jean Rideau. Né à Tours en 1906. Mobilisé au sein GAO 509 avec Colin et Anthonioz. A la libération, il restaure le Caudron C.230 « Le Rescapé », dissimulé à Montlouis chez Nicolas Bouisson. En 1946, la Fédération aéronautique internationale lui attribue l’insigne d’argent de pilote vol à voile (D) avec le n°108. Plus tard, il construit un Bébé Jodel en Afrique du Nord. Il est à Cannes en 1958. René Fournier vient chercher un lieu pour construire son RF-01, à Cannes justement. Il vient de trouver son menuisier. Une autre aventure commence pour les deux Tourangeaux. Décédé le 19 octobre 1975 à Tours, à 69 ans.

Gustave Réchard alias Tatave. Aviateur militaire, il a notamment formé les jeunes de l’aviation populaire au vol à voile lorsque la SAP est devenue la Section d’aviation prémilitaire. Breveté pilote de tourisme à Air Touraine. Il a longtemps œuvré, après avoir quitté l’armée, à l’Aéro-Club de Loudun. Personnage incontournable du club, toujours présent, passionné jusqu’au bout puisqu’il décolle une dernière fois avec un moniteur en décembre 1999. Il reçoit la couronne d’argent, insigne reconnu au niveau international et est décoré de la médaille aéronautique par René Monory. Il est décédé à 102 ans.

Gaston Durand. Né en 1913 au Grand Carroi, à La Riche, où son père était maraicher. Décédé en 2008 à Joué-lès-Tours. Omniprésent à l’Aviation-club de Touraine à partir de 1932, avec son frère Lucien. Officier mécanicien dans l’armée de l’air.

Lucien Durand. Le frère de Gaston. Né en 1915 au Grand Carroi, à La Riche. Employé à la SNCF. Décédé à La Riche en 1989.

Maurice Bodin. Né en 1893 à Villandry où son père était négociant en fruits. Commerçant comme lui. Cheville ouvrière du club, avec Jean Rideau, Paul Colin et Jean Anthonioz.

L’Avia XV-A d’Air Touraine. Avec le béret, Marcel Bodin. Derrière lui la haute silhouette d’Albert Carraz. (Photo Jean Rideau)

Edmond Viel. Né après 1912, il était notamment spécialiste des… moteurs. Brevet A de planeur le 18 septembre 1932. Juste avant la guerre il demeurait avenue du Canal, à Saint-Pierre-des-Corps. Je recherche des renseignements sur lui.

Michel Nadaud. Né à Tours, rue de Paris, en 1915. Son père travaillait aux chemins de fer. Il passe les épreuves du brevet de tourisme à Tours le 1er octobre 1933 (brevet n°2 152), juste après son brevet A de planeur, le 14 mai 1933. Titulaire d’une bourse de pilotage, il rejoint l’école Sardier, à Aulnat (63) le 12 mars 1934. Il obtient son brevet militaire (n°24254) le 17 juillet de la même année puis poursuit son entraînement sur Potez 25 jusqu’en décembre. En janvier, il est nommé à l’escadrille 5 de la 31e escadre où il débute… sur Potez 25. Il quitte Tours pour Marrakech et la 3e escadre du sud-Marocain en 1936 (devenue 63e escadre). Il revient à Tours juste avant la guerre, en juin 1939. Il participe à la guerre en France sur Bloch 200 puis à celle en Syrie sur LéO 45. A la fin de la guerre il est à Kasba Tadla. Pilote réceptionneur au Centre d’essais en vol de Brétigny.

En savoir plus

Sur l’Avia XI-A

Sur le SFVàV Eole

Sur l’Avia XV-A

Sur l’Avia XX-A

Sur le Minéo

A lire

> Le vol de Guy Gagnière en 1949, de Tours à Bordeaux. Lire

> Histoire du vol à voile français par Réginald et Anne Jouhaud, éd. Delton Aviation (1992)

> Les planeurs de l’Avia par Christian Ravel, Bleu Cien éditions (2006).

 

Les planeurs de l’Aéro-club de Touraine sur cicilc.fr

Ce petit film de Maurice Auclair, le quincaillier du haut de la Tranchée, qui a consacré beaucoup de temps et de pellicule à l’aviation, est un peu déroutant. Il semble nous emmener vers Château-Renault pour l’aérodrome de Blois-Vendôme. En fait, il n’en est rien. Dès le premier avion, on voit bien qu’on est sur le terrain de la base aérienne de Tours, au temps de la 30e escadre, en 1960. On y voit notamment un MS.472 Vanneau de l’unité de réservistes CER 311 (avec l’insigne qu’on peut mieux voir sur le site Traditions Air d’Henri Guyot), des Dassault Flamant, un Meteor NF.11 en vol. Mais ce film est surtout consacré aux planeurs de l’Aéro-Club de Touraine. On ne peut pas manquer la grande silhouette d’Albert Carraz.
Encore une pépite de ciclic.fr.

     

De Tours à Bordeaux en planeur, en 1949

L’Aéro-Club de Touraine n’a pas attendu longtemps après la fin de la guerre pour obtenir le prêt d’un planeur. Un C-800 est arrivé le 21 décembre 1945. Sous l’impulsion d’Albert Carraz, la section vol à voile va rapidement se développer. Quelques années et quelques planeurs plus tard, un jeune du club illustre bien cette vitalité. Récit.

Guy Gagnière.

En août 1949, Guy Gagnière, qui demeure rue d’Entraigues, à Tours, est un jeune vélivole mais n’est pas un débutant. Il possède déjà ses brevets de pilote d’avion 1er degré (octobre 1947) et 2e degré (janvier 1948, quelques jours avant ses 18 ans). Côté vol à voile, il a déjà effectué une sortie à haute altitude, sur un Nord 2000, le 24 juillet, atteignant 3.156 m. Le mois suivant, il relie Tours à Bordeaux, toujours sur le Nord 2000 de l’Aéro-Club de Touraine. Il en a fait le récit dans la Nouvelle République du 5 septembre 1949 :

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