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Archive pour la catégorie ‘Les as tourangeaux’

Chargé a rendu hommage à Maxime Lenoir

Si on devait ne retenir que deux temps forts de la magnifique journée d’hommages à Maxime Lenoir, enfant de la commune, à l’occasion des cérémonies du 11 Novembre, ce serait d’abord la joie des enfants qui ont chanté la Marseillaise au monument aux morts puis sur le perron de la mairie face à leur école qui depuis quelques minutes portait le nom d’un de ses anciens élèves, Maxime Lenoir. C’était l’aboutissement, pour eux, d’un long travail pédagogique illustré par l’exposition salle Julia Daudet, sous la direction de leur institutrice.

C’est ensuite les applaudissements spontanés après le passage des trois Alpha-Jet de l’école de chasse de Tours (ils sont passés deux fois), symboles d’un investissement précieux de la base aérienne et de l’armée de l’air pour fêter l’un des siens disparu voici 100 ans à Verdun. Présence lors de la cérémonie au monument aux morts avec un piquet d’honneur, présence d’aviateurs en uniforme devant la grille de l’école, présence d’une cabine de Jaguar dans laquelle les enfants ont pu grimper, jusqu’à la conférence-débat du lieutenant-colonel Romain Béthoux, commandant de l’école de chasse de Tours et ancien leader de la Patrouille de France. Et ils étaient nombreux, les anciens de l’armée de l’air, présents autour de la famille dans la salle Mangeant pour la conférence sur Maxime Lenoir.

Didier Lecoq

 

En savoir plus

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux, en 2014 Maxime lenoir choisi pour la Touraine pour la commémoration de 1914

A lire

La Guerre aérienne illustrée, sur Gallica. A partir du numéro du 29 mars jusqu’à celui du 3 mai 1917, Jacques Mortane rend hommage à Maxime Lenoir.

Christophe Cony a publié une longue biographie de Maxime Lenoir sur les numéros de septembre-octobre et novembre-décembre de la La revue Avions.

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Maxime Lenoir, un as (presque) retrouvé

Le 25 octobre 1916, Maxime Lenoir est parti reconnaître le terrain au nord de Douaumont, à l’Herbebois, deux jours après que les troupes françaises ont repris le fort. Maxime Lenoir n’est jamais rentré. Il a été porté disparu. A Chargé et ailleurs, beaucoup se sont accrochés à un fol espoir : et s’il était prisonnier en Allemagne ? La Croix-Rouge a prévenu sa famille qu’il ne figurait pas sur les listes de prisonniers. Une enquête, à Berlin, a conclu dès 1917 qu’il était mort en ce 25 octobre 1916 sur la commune d’Azannes. Que les Allemands l’y ont inhumé.

Rien n’y a fait. Et s’il était resté en Allemagne ? Sa famille s’est posé la question. La Ville de Chargé également. Au point que la commune, près d’Amboise, a mollement entretenu son souvenir, des fois que…

La preuve de son décès ne pouvait venir que d’Allemagne. Michael Ritz, à la tête d’un cabinet d’avocats à Berlin, collectionneur, a récemment mis au jour la photographie d’une tombe, celle d’un aviateur français, celle de Maxime Lenoir. Il nous l’a envoyée. Avec l’autorisation d’utiliser la photographie « à toutes fins que vous jugez appropriées. » Il pensait d’abord à la famille de Maxime Lenoir qui s’était réunie en nombre lors de la commémoration « Cent villes, cent héros, un héros ».  « Peut-être a-t-il même des parents qui seraient heureux de savoir qu’il a été enterré au moins dans une vraie tombe avec une croix chrétienne », a précisé Michael Ritz. Qu’il en soit remercié.

Voilà, Maxime Lenoir est bien mort le 25 octobre 1916 – cela fera bientôt 100 ans – au nord de Douaumont, entre l’Herbebois et Azannes. Cette annonce marque la fin de plusieurs années de recherches.

Cette photographie permettra peut-être de retrouver l’endroit où il a été enterré. Elle pourra peut-être dire quel avion il pilotait : a priori son Spad VII. Il reste à savoir ce qu’est devenue sa tombe (1). Maxime Lenoir a-t-il été transféré ? Y est-il encore ? Les recherches continuent (2).

Didier Lecoq

Hier ruht der frz. Maxime Lenoir gefallen am 25.10.1916 Ici repose l'aviateur français Maxime Lenoir, tombé le 25 octobre 1916. (Collection Michael Ritz)

« Hier ruht der frz. Maxime Lenoir gefallen am 25.10.1916″. Ici repose l’aviateur français Maxime Lenoir, tombé le 25 octobre 1916. (Collection Michael Ritz)

Lire également

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux

Maxime Lenoir, un as porté disparu…

La fiche de la Croix-Rouge de Maxime Lenoir

(1) Une fiche de Henri Beaubois, au Musée de l’air et de l’espace du Bourget, mentionnait même Mosnes comme lieu de sépulture. Sans écho du côté de la famille.

(2) Quelle est la femme qui le tient par le bras lors du meeting de Montélimar ?

André Boillot, de Peugeot à la Touraine

Pilote de chasse et pilote de course comme son frère Georges, André Boillot est décédé à la suite d’un accident avant une course de côte, dans l’Indre. C’est au cimetière de Tours qu’il repose. Après une dernière bagarre.

Robert Poirier et André Boillot

Robert Poirier et André Boillot au volant de sa Peugeot 172R (1) (Archives famille Poirier)

Pour André Boillot, l’aviation est une affaire de famille. Ce n’est pas la seule d’ailleurs. Avant l’aviation, il y a eu l’automobile.

Difficile d’y échapper quand on est originaire de Valentigney, dans le Doubs. Valentigney, c’est le berceau de la famille Peugeot. Le père des deux pilotes, Georges et André, y était directeur d’usine. Et c’est donc tout naturellement que les deux frères sont venus à l’auto, ou plutôt à Peugeot, un diplôme d’ingénieur en poche.
Georges, né en 1884, a été un des sportifs les plus connus de la France d’avant-guerre, sur deux puis quatre roues. Il a participé, pour Peugeot bien sûr, aux 500 Miles d’Indianapolis et a remporté, plus près de chez nous, la course de côte de Saint-Symphorien (dans la Tranchée) en 1913.

Lorsque la guerre a éclaté, il est devenu chauffeur, notamment du général Joffre, puis pilote de chasse. Titulaire de deux victoires homologuées et quatre probables, il est mort en combat aérien en mai 1916, près de Verdun.

A l’escadrille des sportifs

André était de sept ans son cadet. Et s’il a travaillé pour Peugeot, c’est seulement après la guerre qu’il s’est consacré aux courses automobiles. Mobilisé dans le génie puis le train, André est devenu pilote de chasse peu de temps avant la mort de son frère, au sein de l’escadrille N77 surnommée « l’escadrille des sportifs » car y figuraient des champions comme Maurice Boyau, le capitaine de l’équipe de France de rugby. Il y a obtenu une victoire homologuée, une blessure et cinq citations.
Après la guerre, André Boillot s’est consacré aux courses automobiles. C’est lui qui a créé l’écurie Peugeot. Il a remporté la Targa Florio, participé aux 500 Miles d’Indianapolis, aux 24 Heures du Mans et à celles de Spa. Le 5 juin 1932, lors d’un entraînement pour la course de côte d’Ars, à Montgivray (Indre), il est victime d’une sortie de route. Coincé sous la voiture, rapidement secouru, il a été transporté à l’hôpital de Châteauroux. Trépané le 6 et malgré quelques nouvelles encourageantes, André Boillot est décédé, dans cet hôpital, le 8 juin peu après 23 h.

Une Piaf tourangelle

La Touraine l’a adopté après sa mort. Le 25 septembre 1926, André Boillot avait épousé une Tourangelle, Yvonne Hérissé (2). Ils séjournaient souvent ensemble à Saint-Cyr-sur-Loire (3). Il a été inhumé, provisoirement pensait-elle, au Père Lachaise, à Paris, avec son frère Georges. Sa veuve avait accepté la demande de Peugeot qui voulait des grandes funérailles, en présence notamment de Jean-Pierre Peugeot. Mais quand Yvonne Boillot-Hérissé elle a voulu le ramener en Touraine, s’en est suivi un conflit avec la famille. Commencé en 1932, le feuilleton a pris fin en 1935. La veuve a fini par l’emporter devant les tribunaux parisiens. La cour d’appel de Paris a dit qu’en l’absence de volonté du défunt, son épouse, avec qui il partageait sa vie, était la mieux placée pour exprimer les souhaits du défunt.

André Boillot repose désormais – et discrètement – dans le caveau de la famille Hérissé, au cimetière La Salle de Tours. Avec notamment sa belle-sœur Julia (4). Celle-ci avait eu son heure de gloire, sous le nom de Gaby Montbreuse, une « divette » qui avait brûlé les planches dès 1913, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Connue pour sa gouaille toute parisienne, la belle-sœur d’André a laissé une inoubliable chanson : « Tu m’as possédée par surprise ». Toute une époque.

Didier Lecoq

En 1935, les sœurs Hérissé ont été victimes d’un cambriolage à Saint-Cyr-sur-Loire. Près de 20.000 Francs ont été volés, en argent et en bijoux. la gendarmerie de La Membrolle a permis d’appréhender le voleur.

 

Les obsèques d'André Boillot, au Père-Lachaise, le 11 juin 1932. Le début d'un feuilleton judiciaire. (Origine Gallica)

Les obsèques d’André Boillot, au Père-Lachaise, le 11 juin 1932. Le début d’un feuilleton judiciaire.

(1) Sur Robert Poirier, pilote automobile et aviateur tourangeau. Robert Poirier

(2) Née le 12 juin 1890 à Saint-Michel-sur-Loire, son premier prénom est Maria. Son père était alors tuilier. Tout comme sa mère, Alphonsine Mercier. « Yvonne » est décédée le 9 août 1960 à Savonnières.

(3) Saint-Cyr-sur-Loire n’a pas oublié André Boillot puisqu’une allée porte son nom.

(4) Julia Léontine Hérissé est née le 18 janvier 1895 à Langeais. Profession de son père, Julien, charretier. La famille Hérissé était originaire de Langeais, plus précisément de La Rouchouze où se trouvaient de nombreuses tuileries. Julia-Gaby a épousé Jean-Joseph Dupuich, à Paris, le 18 mars 1924. Elle est décédée à Tours le 28 juin 1943.

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Le journal de guerre de William Hostein (chapitre 9)

Le 25 juillet 1914, William Hostein passe au-dessus de Nomain (Nord) lorsque son Deperdussin (numéro D 50) de l’escadrille D 6, tombe en panne. Il atterrit dans la propriété  de vacances de la famille Ferez, qui vit dans les Deux-Sèvres. Coup de foudre pour la fille de la maison, Suzanne. C’est à partir de cette rencontre que William Hostein commence à remplir son journal qui va rapidement devenir son journal de guerre (1).

Chapitre 9 – Les Deperdussin partent à la fin de l’hiver

WH_terrainsD6Le jeudi 1er  octobre, William Hostein part avec le lieutenant de Marliave, vers 7 heures, en reconnaissance pour l’artillerie du 18e corps : « Laon, Sissonne, Craonne et atterrissage à Maizy. Nous fîmes une bonne reconnaissance à 2.100 mètres. Tout se passa très bien sauf la rencontre de plusieurs appareils allemands. »

Il ne vole pas le 2 octobre, à cause du brouillard. Et le 3, pendant que Brocard et Busson volent, il profite de l’auto du capitaine pour aller voir son frère à Maizy. .

Dimanche 4 octobre : le temps peu propice aux reconnaissances aériennes. « Nous nous reposons. J’écrivis une lettre à ma chérie puis m’occupai de la réparation de mon réservoir et du moteur. » Les jours qui suivent sont identiques. Il faut attendre le 7 octobre pour une nouvelle mission, toujours avec le lieutenant de Marliave. « Nous nous rendons à Maizy. Tout est calme. A de rares intervalles un obus éclate sur Baurieux. » Avant de rentrer à Ville-en-Tardenois, il font une reconnaissance pour régler le tir de canons français.

Retour du mauvais temps les 8, 9 et 10 octobre. William Hostein décide de fabriquer un porte-cartes pour son avion. « Nous jouons toute la journée à divers jeux très amusants, ce fut tout. »

Il effectue quelques reconnaissances d’artillerie le 11, le 22, toujours avec le lieutenant de Marliave et toujours sur son Deperdussin D-81. Et le 25 avec un mécanicien, Jules Lécuyot.

Les 26 et 27, l’escadrille change de nid. Elle quitte Fère-en-Tardenois pour se rendre à Merval. « Je suis logé chez de braves paysans qui m’offrent un bon lit, le plus confortable qu’ils possèdent. Tous les sous-officiers mangent en commun, à cet effet nous avons la maison de l’instituteur, Un soldat fait notre cuisine. Nous ne sommes pas trop mal servis. »

William Hostein

William Hostein avec sa Médaille miliaire.

Mais le grand moment du mois, pour William Hostein, a lieu le 31 octobre. « A 10 heures, mon colonel arrive en auto. Après avoir rassemblé les officiers devant ma tente il me place face à eux et me remet la Médaille militaire au nom du président de la République. Cette journée comptera au nombre de mes jours ensoleillés, Reçu un télégramme et une lettre de mon aimée. »

Retour à la guerre le lendemain. William Hostein est à deux doigts d’y passer : « Vers 9 heures je pars en reconnaissance avec le lieutenant de Marliave du côté de Craonne. Nous faisons un réglage pour l’artillerie. A cet effet mon passager lança une fusée qui lui éclata dans les mains. L’explosion fit éclater les cinq autres fusées que j’avais dans mon appareil. Brusquement je fus environné de flammes et de fumée en même temps qu’une forte odeur de soufre me prenait à la gorge. Craignant l’incendie, je coupais l’allumage, fermant l’essence et piquant très fort pour me dégager de la fumée. J’étais alors à 1.000 mètres au-dessus de l’artillerie quand, au-dessus de mon appareil, je vis mon passager la figure toute noire et les mains brûlées. Dans mon appareil tout était noir de poudre, mes lunettes également. Néanmoins je pus regagner le terrain et éteindre l’incendie qui s’était déclaré à bord. Moi, j’avais les moustaches brûlées. » Plus de peur que de mal pour l’équipage et l’avion.

Puis l’hiver s’est installé. Avec lui, la neige. Pas question de voler. Son activité principale, c’est le courrier. Son moral évolue en fonction du courrier qu’il reçoit – ou non – de sa fiancée.

« Je m’ennuie », écrit-il le 7 janvier. Il vole le 10. « Ce matin par temps nuageux j’ai fait une reconnaissance avec le lieutenant Robo (21) à 1800 mètres. Il faisait très froid. Le thermomètre accusait moins 12°C. J’ai évolué pendant une heure. Les nuages m’ont gêné et c’est difficilement que nous avons pu faire un relevé des tranchées allemandes. » Le capitaine Degorge quitte l’escadrille à la mi-janvier pour Saint-Cyr, en région parisienne. Son Deperdussin est à bout de souffle. Il demande à en changer. Premier refus.

Le 18, William Hostein part à 10 h avec le lieutenant Barbieux. « Je me dirige du côté de Soissons pour prendre de la hauteur. 45 minutes de vol, je suis à 2.000 mètres. Il fait très froid, le thermomètre marque moins 15°C. Je traverse plusieurs couches nuageuses tout en me dirigeant sur les lignes ennemies. J’étais au-dessus du fort de Condé quand un choc se produisit, ébranlant fortement mon appareil. Je coupais immédiatement tout en faisant demi-tour, aussitôt je me rendis compte de ce que c’était – probablement une bielle qui venait de casser – un beau terrain s’annonce sous moi ; je dirige mon appareil pour y atterrir. » Le Deperdussin est vraiment à bout de souffle.

Malgré le peu d’activités, la mort rôde toujours. Le 21, «  j’ai appris avec peine la mort d’un de mes amis qui s’est tué avec un appareil Voisin nouveau modèle: l’appareil canon. C’était un excellent pilote et un bon camarade. Je le regrette. »

Une attaque allemande, à partir du 27 janvier, sur Craonne et Vailly, va modifier ce rythme. William Hostein vole : le 27 avec le lieutenant Robo pour régler l’artillerie sur les lignes allemandes, le 29 avec le lieutenant de Marliave puis le lieutenant Barbieux, le 30 avec de nouveau Marliave, puis le 31.

A la date du 30 janvier, William Hostein note : « Thaw est parti ». William Thaw est un volontaire américain issu d’une grande famille industrielle, ancien de l’université de Yale, pilote civil avant-guerre et qui s’est engagé dans la Légion étrangère pour combattre au côté de la France. Versé dans l’infanterie, il a rejoint l’escadrille D6 à pied, après avoir appris son existence. Breveté pilote militaire, il a été pilote à l’escadrille C42 avant de devenir un des piliers de l’escadrille N124, l’escadrille Lafayette.

En février, William Hostein renouvelle sa demande de changer d’avion, cette fois au profit d’un Caudron ou d’un Morane. Ce que refuse le lieutenant Zapelli qui assure l’intérim du capitaine Degorge. Le 12, il alterne entre le cafard de la colère : « Ce soir je me sens las, la guerre fatigue mon moral. J’en ai assez de cette vie, loin de ma bien-aimée. Ce soir je dois faire une ronde, corvée stupide autant qu’injuste. J’ai grande envie de me coucher sans faire cette ronde – et pourtant …. Je ne sais pas … J’hésite. Je suis écœuré de la façon d’agir de certains chefs. Oh ! les rosses ! Je les hais ! »

Le moral remonte le lendemain. « Aujourd’hui il y a du changement dans l’escadrille. Ce midi le lieutenant Zappeli a rassemblé les pilotes pour leur faire part d’une circulaire nous invitant à changer d’appareils et que l’escadrille D 6 serait remplacée par la C 6 sous le commandement de notre ancien chef d’escadrille : le capitaine Degorge. Ce changement me plaît pour plusieurs raisons ; d’abord je vais probablement aller à Paris chercher un appareil ; ensuite, j’aime mieux le capitaine puis l’appareil Caudron monte très vite et vole bien et sans danger. »

Mais en attendant, il va falloir poursuivre avec le Deperdussin. Quelques réglages seulement. Notamment le 17 avec un nouveau venu à l’escadrille. « Fait une reconnaissance avec lieutenant Chambe. Cet officier est inconscient !… Il m’a mené au-dessus des lignes à 1400 mètres malgré les obus qui éclataient de toutes parts … Ces Boches ne me plaisent guère. »

La première partie du journal de guerre de William Hostein s’arrête là. Il ne le reprendra qu’en mai. Les informations qui suivent viennent de ses carnets de vol.

Caudron G.3

Le C-181 de William Hostein abrité sous un Bessonneau.

Le 2 mars enfin, l’adjudant William Hostein quitte Merval pour Saint-Cyr, en région parisienne, où se trouvent les 2es Réserves. Il vient échanger son Deperdussin D-81 contre le Caudron G3 C-181. Après s’être entraîné, il quitte Saint-Cyr le 16, pour Merval, avec son G3, accompagné de son mécanicien Lécuyot. Après une halte à Rebais, à cause du brouillard, les deux aviateurs se posent à Merval le 17. A peine quelques essais effectués, les premiers réglages avec le C-181 ont lieu les 20 et 22 mars.

A suivre…

Cliquer sur le lien pour lire les chapitres 1, 2, 3, 4, 5, 6,7 et 8

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Deux millions de fiches de la Croix-Rouge

C’est un bel outil que la Croix-Rouge a mis en place. Très utile aux chercheurs, mais aussi à toute personne dont un aïeul a été prisonnier ou porté disparu lors de la Grande Guerre. Le site permet de consulter les fiches des soldats qui ont fait l’objet de recherches de la part de leur famille qui espérait apprendre que leur parent, porté disparu, était prisonnier en Allemagne.

Le site du Comité International de la Croix-Rouge va mettre en ligne 5 millions de fiches à échéance de la fin de l’année. 90% du travail est déjà accompli. Côté français, cela représentera deux millions de fiches.

Le lien vers le site du Comité international de la Croix-Rouge « Prisoners of the First World War »

CICR

Les fiches mises en ligne par le CICR concernant les deux aviateurs disparus, Maxime Lenoir (Chargé) et Pierre Gautier (Saint-Ouen-les-Vignes).

Concernant Maxime Lenoir, la mention 6063 précédée d’une croix renvoie à un listing allemand où il est écrit :

Lenoir Maxime

Flieger Adjut. Escadrille 23 (aviateur adjudant escadrille 23)

Verst. 25.10.16 (décédé le 25 octobre 1916)

Gemeld. V. Abschnitt Hardaumont, Generalkommando. K.H.Qu (1 d 8535) (rapport de la Section Hardaumont du Generalkommando, en l’occurrence celui de la 14e armée allemande).

Cela ne permet pas de situer définitivement l’endroit où il est décédé : Hardaumont selon la fiche « Mort pour la France » de Maxime Lenoir, qui interprète peut-être l’information du CICR ; ou l’Herbebois comme l’indique son dossier de la Légion d’honneur daté de 1925 et qui a peut-être eu des informations mises à jour ? ou ailleurs dans le secteur ?

Cette information amène d’autres questions : qui est ce Le Bars (1) qui demande des renseignements à la Croix-Rouge sur le sort de Maxime Lenoir ? A quoi correspond K.H.Qu (1 d 8535) ? Ce rapport existe-t-il encore ?

Quant à la réponse à la requête, elle a été envoyée à la famille le 8 janvier 1917. Ce qui n’a pas empêché certains, à Chargé, de croire qu’il n’était que prisonnier et qu’il avait choisi de ne pas rentrer après la guerre.

Didier Lecoq

 Notes

(1) Il doit appartenir à la Croix-Rouge française, peut-être en Touraine, car on le retrouve à l’origine d’une demande de renseignements pour Bertal, autre aviateur tourangeau.

 

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux dont Maxime Lenoir

La cérémonie en souvenir du début de la Grande Guerre – 100  Villes, 100 Héros, 100 Drapeaux –, s’est déroulée le vendredi 19 septembre à Tours. Dans le reste de la France, l’opération s’est déroulée le 6 septembre dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre. La date n’a pas été choisie au hasard. Elle correspond au début de la bataille de la Marne. Un hommage a été rendu à Maxime Lenoir et à tous les combattants de la Grande Guerre.

Cent villes de France, une par département, à l’exception de la Marne qui a retenu deux villes, Reims et Châlons-en-Champagne, et des Pyrénées-Atlantiques avec Pau et Bayonne.

La carte de France de l’opération sur le site du ministère de la Défense

Pour l’Indre-et-Loire, Maxime Lenoir avait été retenu avec le 66e régiment d’infanterie, le Six-Six. Mais faute de pouvoir sortir le drapeau des Invalides, c’est celui du 5e cuirassiers qui a été présenté. La Touraine a deux héros puisque le choix de l’Indre s’est porté sur le capitaine Émile Pougnon, né à Civray-de-Touraine qui a vécu à Saint-Denis-Hors (commune rattachée à Amboise). Il repose d’ailleurs dans le carré militaire de cette ville.

Didier Lecoq

Le compte rendu de la cérémonie dans La Nouvelle République du samedi 20 septembre 2014.

Le portrait de Maxime Lenoir publié sur Aéroplane de Touraine en 2005. Sa photo figure en bonne place dans le logo du site, à gauche.

Le portrait de Maxime Lenoir dans La Nouvelle République du 7 août 2014.

Bonne année 2014

C’était il y a 100 ans. Breveté le 5 décembre 1913, Maxime Lenoir étrennait ses nouvelles ailes lors de meetings, en Touraine et ailleurs. Premier Tourangeau à boucler la boucle (looping the loop), premier Tourangeau à devenir as pendant la guerre de 14-18, il est aussi celui qui a remporté le plus de victoires, onze, jusqu’à sa mort, le 25 octobre 1916. Il y a 100 ans, après avoir commencé la guerre dans la cavalerie, le looper originaire de Chargé était envoyé à Avord le 8 novembre 1914 pour y reprendre son entraînement de pilote.

Maxime Lenoir sur son Blériot XI

Maxime Lenoir, à Montélimar, en 1914

Sur Maxime Lenoir : Un as porté disparu

Maxime Lenoir, un as porté disparu…

Le premier Tourangeau à boucler la boucle, le premier as de Touraine et celui qui a remporté le plus grand nombre de victoires : onze, au moment de sa disparition, le 25 octobre 1916, près de Douaumont. La Touraine lui a tourné le dos.

Maxime Lenoir

Maxime Lenoir et son Blériot XI “Back Jumper”, harnaché pour boucler la boucle.

« Avant les médailles et les grades, une chose m’a toujours tenu à cœur, c’est de venger mon frère aîné. C’est sa mémoire qui me fait agir au moment de mes combats, c’est sa pensée qui me réconforte dans mes coups durs. Il peut avoir confiance. Mes deux frères, plus jeunes, mon beau-frère et moi, tous au front, revaudrons au centuple aux Boches la douleur qu’ils nous ont causée. »

Ces quelques lignes sont extraites d’une longue lettre adressée par Maxime Lenoir à Jacques Mortane, quelques jours avant de disparaître, lettre que le journaliste et historien de l’aviation a publiée dans son livre « Chasseurs de Boches » (1).

Des quatre frères Lenoir, Maxime fut le second à disparaître et Denis – appelé Marceau dans la famille –, lui aussi pilote, le seul à revenir. Steven Spielberg aurait pu en faire une belle histoire… A Chargé, il ne reste de Maxime Lenoir, qui fut le premier « looper » et le premier as de Touraine, qu’une ligne sur le monument aux morts. Son frère Daniel n’est pas loin, avec les victimes de 1917. Samuel, l’aîné, est sur celui de Montlouis (2). Point final.

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Gabriel Thomas, de la chasse à la Ligne

As de la Première Guerre mondiale avec sept victoires homologuées, Gabriel Thomas, né à Ligré, dans le Chinonais, a fait partie des pionniers de l’Aéropostale puis d’Air France en Amérique du Sud.

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