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Archive pour la catégorie ‘Morts pour la France’

Deux millions de fiches de la Croix-Rouge

C’est un bel outil que la Croix-Rouge a mis en place. Très utile aux chercheurs, mais aussi à toute personne dont un aïeul a été prisonnier ou porté disparu lors de la Grande Guerre. Le site permet de consulter les fiches des soldats qui ont fait l’objet de recherches de la part de leur famille qui espérait apprendre que leur parent, porté disparu, était prisonnier en Allemagne.

Le site du Comité International de la Croix-Rouge va mettre en ligne 5 millions de fiches à échéance de la fin de l’année. 90% du travail est déjà accompli. Côté français, cela représentera deux millions de fiches.

Le lien vers le site du Comité international de la Croix-Rouge « Prisoners of the First World War »

CICR

Les fiches mises en ligne par le CICR concernant les deux aviateurs disparus, Maxime Lenoir (Chargé) et Pierre Gautier (Saint-Ouen-les-Vignes).

Concernant Maxime Lenoir, la mention 6063 précédée d’une croix renvoie à un listing allemand où il est écrit :

Lenoir Maxime

Flieger Adjut. Escadrille 23 (aviateur adjudant escadrille 23)

Verst. 25.10.16 (décédé le 25 octobre 1916)

Gemeld. V. Abschnitt Hardaumont, Generalkommando. K.H.Qu (1 d 8535) (rapport de la Section Hardaumont du Generalkommando, en l’occurrence celui de la 14e armée allemande).

Cela ne permet pas de situer définitivement l’endroit où il est décédé : Hardaumont selon la fiche « Mort pour la France » de Maxime Lenoir, qui interprète peut-être l’information du CICR ; ou l’Herbebois comme l’indique son dossier de la Légion d’honneur daté de 1925 et qui a peut-être eu des informations mises à jour ? ou ailleurs dans le secteur ?

Cette information amène d’autres questions : qui est ce Le Bars (1) qui demande des renseignements à la Croix-Rouge sur le sort de Maxime Lenoir ? A quoi correspond K.H.Qu (1 d 8535) ? Ce rapport existe-t-il encore ?

Quant à la réponse à la requête, elle a été envoyée à la famille le 8 janvier 1917. Ce qui n’a pas empêché certains, à Chargé, de croire qu’il n’était que prisonnier et qu’il avait choisi de ne pas rentrer après la guerre.

Didier Lecoq

 Notes

(1) Il doit appartenir à la Croix-Rouge française, peut-être en Touraine, car on le retrouve à l’origine d’une demande de renseignements pour Bertal, autre aviateur tourangeau.

 

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux dont Maxime Lenoir

La cérémonie en souvenir du début de la Grande Guerre – 100  Villes, 100 Héros, 100 Drapeaux –, s’est déroulée le vendredi 19 septembre à Tours. Dans le reste de la France, l’opération s’est déroulée le 6 septembre dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre. La date n’a pas été choisie au hasard. Elle correspond au début de la bataille de la Marne. Un hommage a été rendu à Maxime Lenoir et à tous les combattants de la Grande Guerre.

Cent villes de France, une par département, à l’exception de la Marne qui a retenu deux villes, Reims et Châlons-en-Champagne, et des Pyrénées-Atlantiques avec Pau et Bayonne.

La carte de France de l’opération sur le site du ministère de la Défense

Pour l’Indre-et-Loire, Maxime Lenoir avait été retenu avec le 66e régiment d’infanterie, le Six-Six. Mais faute de pouvoir sortir le drapeau des Invalides, c’est celui du 5e cuirassiers qui a été présenté. La Touraine a deux héros puisque le choix de l’Indre s’est porté sur le capitaine Émile Pougnon, né à Civray-de-Touraine qui a vécu à Saint-Denis-Hors (commune rattachée à Amboise). Il repose d’ailleurs dans le carré militaire de cette ville.

Didier Lecoq

Le compte rendu de la cérémonie dans La Nouvelle République du samedi 20 septembre 2014.

Le portrait de Maxime Lenoir publié sur Aéroplane de Touraine en 2005. Sa photo figure en bonne place dans le logo du site, à gauche.

Le portrait de Maxime Lenoir dans La Nouvelle République du 7 août 2014.

Bonne année 2014

C’était il y a 100 ans. Breveté le 5 décembre 1913, Maxime Lenoir étrennait ses nouvelles ailes lors de meetings, en Touraine et ailleurs. Premier Tourangeau à boucler la boucle (looping the loop), premier Tourangeau à devenir as pendant la guerre de 14-18, il est aussi celui qui a remporté le plus de victoires, onze, jusqu’à sa mort, le 25 octobre 1916. Il y a 100 ans, après avoir commencé la guerre dans la cavalerie, le looper originaire de Chargé était envoyé à Avord le 8 novembre 1914 pour y reprendre son entraînement de pilote.

Maxime Lenoir sur son Blériot XI

Maxime Lenoir, à Montélimar, en 1914

Sur Maxime Lenoir : Un as porté disparu

Jacques Goüin, fidèle jusque dans la mort

Jacques Goüin

Dans le martyrologe de Saint-Grégoire.

Jacques Goüin appartenait à une célèbre dynastie de banquiers qui a donné son nom à un des plus beaux hôtels particuliers de Tours : il abrite la Société archéologique de Touraine. Jacques Goüin, comme son frère Pierre, mort également à la guerre, a fait ses études au collège Saint-Grégoire, de 1890 à 1900. Comme deux autres familles – Hay de Slade et La Tullaye – les Goüin se partageaient entre la région nantaise et la Touraine.

Après des débuts dans la cavalerie, Jacques est devenu observateur au sein de l’escadrille N 23, une des meilleures escadrilles de chasse qui vit tomber de grands pilotes : Marcel Brindejonc des Moulinais, Marcel Garet, le Tourangeau Maxime Lenoir, le capitaine Louis de Beauchamp puis Jean Baumont. Pour Jacques Goüin, c’était le 24 avril 1917. Il avait choisi d’être inhumé auprès du capitaine de Beauchamp. Celui-ci a été ramené à Saint-Julien-l’Ars (Vienne), près des siens (dont sa mère victime de l’incendie du bazar de la Charité). Jacques Goüin est resté à Verdun, dans la nécropole nationale du Faubourg-Pavé. Dans le n° 28 du 24 mai 1917 de la Guerre aérienne illustrée, Jean Daçay écrivait un long article sur Jacques Goüin.

Didier Lecoq

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Deshoulières « au martyrologue des régleurs d’artillerie »

Jacques Thabaud-Deshoulières est né à Saint-Cyr-sur-Loire, le 13 janvier 1892. Après une première citation dans la cavalerie, il est passé dans l’aviation. Il y obtient une autre citation, au sein de l’escadrille C 53, le 13 août 1917. Une palme lui a été décernée à l’ordre de la 1re armée le 21 septembre. Le 5 du même mois, son Caudron a été abattu à Bixschoote, en Belgique. La Guerre Aérienne illustrée du 6 décembre 1917 a consacré un article à sa mémoire.

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Marcel Dubois, des Mines à l’aviation

Ingénieur des Mines à Tours avant-guerre, Marcel Dubois est mort pour la France en 1916, près de Roye (Somme) alors qu’il commandait l’escadrille MF 16. En 1922, Louis de Launay, inspecteur général des Mines, publiait sa biographie dans ses « Annales des Mines », tome 2. La voici.

« Fils de Robert Dubois, ingénieur aux chemins de fer de l’État, il est né le 8 septembre 1883 à Rouen (1) et a fait ses études littéraires au lycée Condorcet, ses études mathématiques au lycée Carnot. Entré treizième à l’École polytechnique, il en sortit second en 1904 dans le corps des Mines. Après son service militaire comme sous-lieutenant au 22e régiment d’artillerie de Versailles, il entra à l’École de mines en 1906.

« Il fit son premier voyage de mission en Angleterre ; le second, en 1907, le conduisit en Chine, au Japon et en Corée. A la sortie de l’École des mines, il fut attaché pour quelque temps au chemin de fer de l’État et, envoyé en mission aux États-Unis (1910). Attiré par l’aviation encore naissante, il fit partie, comme secrétaire, puis comme membre, de la Commission de navigation aérienne au ministère des travaux publics. En 1912, il n’abandonna pas cette commission quand il fut chargé du service des Mines, à Tours.

« La mobilisation vint. Il partit comme capitaine à l’escadrille MF 8 et fit ses premières armes dans des reconnaissances (régions de Verdun et Saint-Mihiel), pendant lesquelles les difficultés des bombardements précis le frappèrent. Il s’attacha à les résoudre en étudiant un viseur et le lancement de gros obus. Il fut envoyé à Saint-André-de-Cubzac pour expérimenter son viseur et c’est là que, le premier, il lança un obus de 125 kilogrammes de 1.000 mètres de hauteur, expérience faite le 29 octobre 1914, devant le ministre de la Guerre (1). Il voulut retourner au front et, nommé à l’escadrille MF 45 en Lorraine au moins d’avril 1915, il ne la quitta plus pendant quinze mois jusqu’à sa mort (2). Une série de glorieuses citations feront, mieux que tout discours, connaître sa valeur.

« La première citation à l’ordre de l’armée est du 19 septembre 1915 :

« Le capitaine Dubois, pilote à l’escadrille MF 45, très adroit et très courageux, demandant toujours à marcher, a, depuis son arrivée au front, plus de 200 heures de vol au-dessus de l’ennemi. S’est spécialisé dans le lancement des gros obus et a eu, au cours de ses opérations, son appareil souvent atteint par les projectiles ennemis. A attaqué les Drachen (ballons captifs) ennemis au moyen d’un dispositif inventé par lui et, malgré un feu violent dirigé contre lui, les a obligés à descendre précipitamment. »

« En septembre 1915, il fut nommé commandant d’une escadrille, région d’Arras. Voici un extrait de la décision du jour :

« Le capitaine commandant l’escadrille porte à la connaissance de l’escadrille le prochain départ du capitaine Dubois qui va prendre dans le Nord le commandement de l’escadrille MF 54. Ce départ est une lourde perte pour l’escadrille qui se trouve ainsi privée d’un brillant officier dont tout le monde a pu apprécier la modestie et le haut caractère. » (signé Van Duick, 25 septembre 1915)

« L’hiver devant Arras fut dur et difficile. Le capitaine Marcel Dubois se donna de toute son âme au combat et à l’exemple. Son escadrille reformée étant devenue l’escadrille MF 16, il l’entraîna spécialement aux bombardements de nuit. Le 24 janvier 1916, il fut décoré de la Légion d’honneur avec la citation suivante :

« Dubois (Marcel), capitaine de réserve, pilote à l’escadrille MF 16. Pilote remarquable et commandant d’unité hors pair, a fait preuve, dans des circonstances difficiles, de la plus belle énergie et du plus grand sang-froid. »

« En mai 1916, comme on préparait l’offensive de la Somme, l’escadrille fut envoyée à Grivesne. Il entraîna de plus en plus ses officiers aux bombardements de nuit, missions particulièrement périlleuses. Le 25 juillet 1916, il était cité à l’ordre de l’armée, en même temps que trois de ses officiers.

« Le capitaine Dubois (Marcel), commandant l’escadrille MF 16, escadrille d’armée, par ses qualité de chef et d’organisateur, malgré les pertes cruelles, a su faire rendre à son unité les services les plus considérables. A toujours donné le bel exemple, effectuant le premier les missions les plus périlleuses. »

« Marcel Dubois n’a pas connu sa dernière citation. Le 21 juillet 1916, à six heures du soir, il partit en reconnaissance au-dessus de Péronne avec un lieutenant observateur et accompagné d’un autre avion (3). L’appareil qui l’a accompagné l’a perdu de vue au-dessus de Péronne. D’un ballon captif français, on l’a vu attaqué par un Fokker infiniment supérieur en vitesse, venu du fond de l’horizon. Pendant plus de dix minutes, il soutint la lutte. Puis le biplan français s’affaissa. Le lendemain, nos officiers pouvaient saisir un radio allemand contenant le communiqué suivant : « L’Empereur a rendu hommage aux exploits du premier lieutenant baron von Althaus, qui a remporté près de Roye sur un biplan français une victoire, en lui conférant l’ordre pour le Mérite. »

« Plus tard on sut que les obsèques du capitaine Dubois et de son observateur avaient eu lieu le dimanche 23 juillet dans le cimetière de Roye avec l’assistance d’une délégation de vingt officiers allemands, du maire de la ville et d’un grand nombre d’habitants venus rendre un dernier hommage à leur valeur et à leur courage.

« Aujourd’hui, la tombe de Marcel Dubois, miraculeusement préservée pendant le bombardement de 1918, commémore son nom dans le cimetière de Roye à l’instant même où les ennemis, en l’inhumant, se sont inclinés devant lui. »

Louis de Launay, « Annales des Mines », tome 2 – 1922

Notes

(1) Plus précisément à Sotteville-lès-Rouen.

(2) Sa fiche indique qu’il a été affecté à l’escadrilles MF 45 le 15 avril 1915. Il a ensuite pris le commandemant de l’escadrille MF 54 le 27 juillet 1915. Enfin, il a été nommé à la tête de la MF 15 le 2 novembre 1915.

(3) Il s’agit du sous-lieutenant Georges Gounon, originaire des Basses-Alpes, domicilié au Mans.