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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

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Archive pour la catégorie ‘1914-1918’

Le coq de Georges Boutin à Pierre Souvent

« Après l’armistice, des considérations d’ordre général, firent supprimer entièrement les anciens numéros des escadrilles françaises et de leurs groupes. Adieu la célèbre escadrille 3 ! Adieu l’escadrille 71… Où sont leurs fanions aujourd’hui », regrettait amèrement le commandant Marcel Jauneaud en 1923 (1). A l’heure où les traditions (de l’air) se perdent presque aussi vite qu’en 1919, petit coup de projecteur sur un insigne que je trouve – personnellement – très réussi…

Si d’autres ont choisi une cigogne, un hérisson, un pélican, une croix de Lorraine, un fer à cheval, etc., l’escadrille N 62 – puis Spa 62 – a opté pour un coq. Pas n’importe lequel : celui des pièces de monnaie, un coq chantant, de profil tel qu’on peut encore en voir au sommet des clochers. C’est un dessinateur de l’escadrille, le sergent Georges Boutin qui a « relooké » l’insigne, pour lui donner un aspect beaucoup plus combatif (2). C’est ce coq que l’escadrille a conservé. Georges Boutin est né à Tours, le 1er février 1879. Il a effectué son service militaire au début du 20e siècle, dans le régiment chéri des Tourangeaux : le Six-Six (66e RI). Mais c’est au 70e régiment d’infanterie territorial qu’il a été mobilisé, avant de rejoindre cette escadrille en septembre 1916. Georges Boutin était architecte de profession, à Paris.

Le coq de la N 62, dessiné en novembre 1916, par Georges Boutin pour Pierre Souvent. (collection Jacqueline Charron) (3)

Le dessin, daté de novembre 1916, a été dédicacé à un autre Tourangeau – né aux Montils, en Loir-et-Cher– Pierre Souvent. Mitrailleur à l’escadrille Spa 62, Pierre Souvent était négociant en grains à Tours – « la graineterie des gares » était tenue par sa mère – 26, rue de Bordeaux. Il est devenu pilote en 1918, dans la chasse d’abord – à la Spa 84 – puis dans le bombardement, au GB 3 : Br 126 en juin-juillet 1918 puis Br 128 jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Après la guerre, Pierre Souvent a fait partie des anciens aviateurs tourangeaux de la Grande Guerre qui ont fondé l’Aviation-Club de Touraine dont il a été président en 1925. L’ACT a formé en 1935 Air Touraine, avec l’Aéro-Club de Touraine et les Ailes de Touraine, après bien des vicissitudes.  Pierre Souvent a été codirecteur de la Société d’alimentation animale de Touraine. Il est décédé en 1969.

L’escadrille Spa 62 existe toujours. Elle appartient à l’escadron de chasse 1.3 Navarre qui se trouve sur la base aérienne de Nancy-Ochey. Elle vole sur Mirange 2000 D. Le coq ainsi dessiné par Georges Boutin est multicolore. Sur les avions, il a été peint en noir. Un clin d’œil bien avant l’heure à la « Dame noir », la géline de Touraine.

Didier Lecoq

(1) Marcel Jauneaud, dans « L’Aviation militaire et la Guerre aérienne », éditions Flammarion. Marcel Jauneaud a commandé le 31e RAO et la base de Tours.

(2) La fiche de Georges Boutin sur Mémoire des hommes. Lire

(3) Merci aux membres de cette famille et notamment à la fille de Jacqueline Charron et aux enfants de Jacques Charron pour me l’avoir communiqué. D.L.

(4) La fiche de Pierre Souvent sur Mémoire des hommes. Lire

De gauche à droite : Paul Colin, Pierre Souvent, Robert Dangoise, Jean Anthonioz et Maurice Bodin devant le Luciole F-ALRE. (Archives Aéro-Club de Touraine)

Liens

A voir également, la page consacrée à la Spa62 sur le site d’Albin Denis. Lire

 

Jacques Goüin, fidèle jusque dans la mort

Jacques Goüin

Dans le martyrologe de Saint-Grégoire.

Jacques Goüin appartenait à une célèbre dynastie de banquiers qui a donné son nom à un des plus beaux hôtels particuliers de Tours : il abrite la Société archéologique de Touraine. Jacques Goüin, comme son frère Pierre, mort également à la guerre, a fait ses études au collège Saint-Grégoire, de 1890 à 1900. Comme deux autres familles – Hay de Slade et La Tullaye – les Goüin se partageaient entre la région nantaise et la Touraine.

Après des débuts dans la cavalerie, Jacques est devenu observateur au sein de l’escadrille N 23, une des meilleures escadrilles de chasse qui vit tomber de grands pilotes : Marcel Brindejonc des Moulinais, Marcel Garet, le Tourangeau Maxime Lenoir, le capitaine Louis de Beauchamp puis Jean Baumont. Pour Jacques Goüin, c’était le 24 avril 1917. Il avait choisi d’être inhumé auprès du capitaine de Beauchamp. Celui-ci a été ramené à Saint-Julien-l’Ars (Vienne), près des siens (dont sa mère victime de l’incendie du bazar de la Charité). Jacques Goüin est resté à Verdun, dans la nécropole nationale du Faubourg-Pavé. Dans le n° 28 du 24 mai 1917 de la Guerre aérienne illustrée, Jean Daçay écrivait un long article sur Jacques Goüin.

Didier Lecoq

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André Tulasne, un lien entre Tours et Shanghai

Le second des trois frères, a été pilote pendant la Grande Guerre, au camp retranché de Paris et dans une escadrille côtière (Let 484). Architecte, il a également été conseiller municipal de la concession française de Shanghai… puis de Tours.

André Tulasne, de passage au Menneton, le 23 avril 1915. (Collection François Tulasne)

Dans la famille Tulasne aviateurs, je demande l’oncle André. Ce n’est pas l’aviateur le plus connu de la famille. Ni le premier. Le pionnier, c’est Joseph, l’oncle aîné, breveté pilote dès 1912, futur général (1). Le troisième, c’est François, décédé dans un accident d’avion en 1929. La base aérienne de Tours porte son nom ainsi que celui de son fils, Jean, le plus connu de la famille, compagnon de la Libération, disparu en URSS en 1943 à la tête de l’escadrille Normandie-Niemen (2).

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Le peintre Yvangot a jeté l’ancre à Amboise

Pilote de dirigeable de la Marine avec le numéro 18 pendant la Grande Guerre, Yves Angot avait déjà connu le cap Horn et la marine marchande. Il a posé son sac à 32 ans pour se consacrer à la peinture, entre Paris et Amboise où il est décédé en 1973.

Yves Angot (Archives Ardhan)

Il y a, dans les réserves du Musée de l’air et de l’espace, au Bourget, une nacelle en cours de rénovation. Cette nacelle était exposée lorsque le musée se trouvait encore à Meudon. Elle provient d’un dirigeable à armature souple, un SSZ (1). Soixante dix-sept exemplaires ont été construits. Deux ont été vendus aux États-Unis (les n° 23 et 24). La France en a possédé deux – les 21 et 22, fabriqués à Wormwood Scrubs, à l’ouest de Londres – utilisés par la Marine nationale pour repérer les sous-marins allemands dans la Manche. En 1971, le colonel Jacques Rougevin-Baville (2), conservateur du musée, cherchait des tableaux de dirigeables de la Marine. Un de ses amis, Bourdariat (3), avait ainsi contacté un de ses proches, Yves Angot (4), peintre et marin (5), ancré depuis près de quarante ans sur les bords de Loire, à Amboise. Ce que Yves Angot ignorait, c’est qu’il avait rendez-vous avec son passé. Il avait été pilote du même dirigeable, le SSZ 22 (6).

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Henri de Geyer d’Orth privé d’ailes

Henri de Geyer d’Orth, dont le père était régisseur du château d’Amboise, a fait partie des premiers pilotes militaires, dès 1911. Mais des problèmes de santé l’ont détourné du vol.

Sous l’uniforme du 144e RI

Lorsqu’il se porte candidat pour rejoindre l’aviation, Henri de Geyer d’Orth (1) n’est plus tout à fait un jeune homme. Il a 33 ans. Fin mars 1910, le général Dalstein, gouverneur militaire de Paris, écrit au ministre de la Guerre pour l’informer que le lieutenant de Geyer, du 144e régiment d’infanterie, demande à « être désigné comme pilote d’appareil d’aviation ». Il souhaite aussi, écrit le général, « être compris parmi les officiers qui doivent recevoir l’instruction spéciale de pilote de ballon dirigeable ». Le général souligne un atout… de poids : le lieutenant de Geyer ne pèse que 58 kilos. Qui plus est, il est célibataire (2). Quelques mois plus tard, son vœu était exaucé.

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Née sous X et abandonnée à l’âge de 2 ans

5 novembre 1915 – 1er novembre 1917, l’école militaire de Parçay-Meslay a promené ses cocardes dans le ciel de la Touraine. Elle a ensuite passé le relais à l’US Air Service (l’aviation américaine). Peu d’informations ont filtré. En Touraine, la censure veillait.

Une lettre de l'école de Tours datée des débuts : 27 novembre 1915. La signature est celle du capitaine Münch, commandant de l'école. (Didier Lecoq)

« J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’une école d’aviation militaire va être créée incessamment à Tours. » Ainsi commence ce qui peut être considéré comme un acte de naissance. Ce courrier que le sous-secrétariat d’état de l’Aéronautique envoie au général commandant en chef (aéronautique), est daté du 17 octobre 1915. Ce document qui se trouve au Service historique de la Défense – section Air (1), fixe en quelques lignes l’organisation administrative de l’école et donne, au passage, la date du coup d’envoi : 5 novembre 1915.

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L’école américaine fait le nid du 31e régiment à Tours

Pourquoi l’aviation française, qui avait à peine eu le temps de prendre ses repères à Tours – Parçay-Meslay, de 1915 à 1917, est-elle revenue à Tours en 1919 ? La réponse est sans doute dans la qualité des installations que l’école américaine, chargée de former observateurs et photographes, a laissées…

Des Potez 15 du 31e régiment (15e escadrille) à Tours vers 1925. Les hangars n’ont pas changé depuis le temps des Caudron G-4 de l’école française et du DH4 de l’école américaine. (Didier Lecoq)

En 1919, l’armistice signé et le Traité de Versailles dans sa dernière ligne droite, il est clair que les soldats américains vont quitter la France. Et notamment la Touraine, qui compta, au plus fort de l’effort de guerre US, près de 15.000 soldats venus d’outre-Atlantique.

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Trois aviateurs américains nous font découvrir leur école

Trois témoignages : Jack Morris Wright (USAS), Joe C. Cline (Navy), Alfred A. Cunningham (USMC). Trois aviateurs américains qui ont connu le camp d’aviation dans la période de son transfert à l’armée américaine, dans les derniers mois de 1917. Avant que le manque de pièces de rechange ne soit à deux doigts de stopper son activité.

Faut-il y voir un signe. Le navire qui transportait Jack Morris Wright vers l’Europe, en mai 1917,  se nommait La Touraine. C’est sur cet ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique qu’il a écrit les premières lignes de son journal.

La garde américaine à l'entrée du camp. (LB)

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Donation Lamprou : de la Transylvanie à l’hôpital de Tours

La rencontre de Donatien Lamprou avec la Touraine a été brève. Il est venu après son accident d’avion, le 7 septembre 1918, pour réparer une jambe cassée. Il n’en est plus reparti. Victime de la grippe espagnole, il y est décédé le 18 octobre 1918. Il est inhumé au cimetière La Salle, à Tours. Donatien Lamprou est né dans les Deux-Sèvres, à Echiré. Il était mécanicien de formation. La Vie Aérienne, n°118, du 13 février 1919, lui a consacré un article.

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Le commissaire Delgay nous ouvre les portes du camp

Plus vraiment français mais pas encore américain. Le camp d’aviation de Parçay-Meslay va faire sa mue. Mais en cette fin septembre 1917, c’est la sécurité qui inquiète. Notamment le commissaire spécial Delgay, de la Sûreté générale, qui en dresse le portrait : un véritable moulin. Son rapport a le mérite de mieux nous le faire connaître.

La note est du 24 septembre 1917 (1).  Le camp d’aviation change petit à petit de nationalité. Si l’encadrement et les rampants sont toujours Français, les élèves-pilotes sont Américains. La situation du terrain de Parçay-Meslay, ouvert aux quatre vents, inquiète. Des enfants s’y promènent, peut-être par goût de l’aviation, peut-être aussi pour glaner quelque souvenir des soldats américains. L’officier chargé de l’administration s’est déjà plaint de leur présence. Comme s’est plaint, côté français, le capitaine Olivier de Villepin, commandant du camp, de voir « les femmes soumises » venir racoler les aviateurs. Presque à la descente de l’avion. Des militaires ont été victimes de vols (2). Lire la suite de cette entrée »

Les 2es Réserves de Saint-Cyr sur les bords du Cher

Parçay-Meslay n’est pas le premier « aérodrome » militaire installé en Touraine. Plus d’un an avant son ouverture, les 2es Réserves de Ravitaillement de l’Aviation avaient planté leurs Bessonneau sur les prairies de Saint-Avertin. Jusqu’à la victoire de la Marne.


Vu d'un avion, un aérodrome installé sur un hippodrome. Comme à Saint-Avertin. (Didier Lecoq)

Date d’arrivée : fin août, début septembre 1914. Date de départ : 9 octobre de la même année. La première expérience tourangelle en matière de camp d’aviation militaire a duré un mois, peut-être deux, en comptant le temps nécessaire à faire les bagages.

En ce début de septembre 1914, la guerre a pris une mauvaise tournure. Devant la poussée des armées allemandes qui se dirigent sur Paris, le gouvernement a choisi de prendre de la distance en se repliant… à Bordeaux. Quant à l’aéronautique, elle a entrepris une manœuvre qu’elle renouvellera au format XXL en 1940 : le repli sur la Touraine.

En 1914, il n ‘est pas question de tout délocaliser. Seules les 2es Réserves de Ravitaillement de l’Aviation de Saint-Cyr, en région parisienne, doivent déménager. Le rôle de ces 2es Réserves est d’alimenter en matériel les unités du front.  Elles préfigurent ce que fera le RGAé (Réserve générale de l’aviation) jusqu’à la fin de la guerre.

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Henri Lemaître, une vie consacrée à l’aviation… et à Breguet

Breveté en 1912, le Tourangeau a définitivement replié ses ailes en 1931. Vingt années seulement mais plusieurs vies : as du bombardement crédité de deux victoires, précurseur de l’Aéropostale, pilote-essayeur, recordman du monde de distance en ligne droite, conseiller technique en Bolivie…

Henri Lemaître, à la fin de la guerre.

En ce 15 février 1913, ils se sont mis sur leur trente-et-un pour poser, en famille, devant les photographes. Ils sont aux côtés de leur fiston de pilote, au pied du Maurice-Farman. Ce samedi, sur le champ de manœuvres du Menneton, la famille Lemaître a de quoi être fière. Henri, le premier pilote breveté de l’Aéro-Club de Touraine, n° 1168 du 6 décembre 1912 (18 ans depuis le 6 juillet), est à Tours pour passer la seconde épreuve de son brevet militaire : Étampes – Tours et retour.

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