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Aéroplane de Touraine est adhérent des Aéroforums, indispensable lieu d'échanges sur l'aviation.

31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

Dans le ciel de la Touraine en 1931

Une marraine pour le 31e d’aviation

19 janvier Mme de Saint-Sauveur prend de l’envergure. Déjà marraine du GO 4, elle devient marraine de tout le régiment. Une fête est organisée dans un des deux nouveaux réfectoires du quartier Tulasne (cantine Perrin ou Foucteau). Films, apéritif « spécial Vouvray », dons (notamment pour la section sportive de l’adjudant-chef Jaunay) ont marqué cette fête.

Un futur compagnon de la Libération agressé au Colombier

2 février Un sergent mécanicien du 31e d’aviation échappe de peu à la mort. Alors qu’il regagne le camp à vélo depuis le domicile de ses parents, rue Gambetta, il s’arrête pour un problème d’éclairage, près du Colombier (devenu le mess des officiers). Un individu en profite pour l’agresser. Blessé par balle à un bras, matraqué, il est délesté de 200 F. Ce sergent, André Cantès, avait déjà été blessé plusieurs fois : par une hyène, en Syrie, et lors d’un accident d’avion avant de rentrer dans l’armée (fracture d’une jambe). En 1940, ce Tourangeau (il est né à Tours le 16 mai 1906) choisira de rejoindre l’Angleterre à bord du Farman 222 de l’école de Saint-Jean-d’Angély avec notamment Denis, Ferrant, Goumin… Blessé en opération, il restera un an à l’hôpital et sera amputé d’une jambe. Ce qui ne l’empêchera de reprendre le combat et d’être encore blessé lors d’une mission en Grèce.
Lire la biographie d’André Cantès sur le site des compagnons de la Libération

L’Union annonce la désunion

La une du journal de l'Aéro-Club de Touraine (Union), numéro 4 de novembre 1931.

5 février Première assemblée générale de l’Aéro-Club de Touraine (Union de l’Aéro-Club et de l’Aviation Club). Elle annonce le début du schisme puisqu’il y est question « d’aérostiers qui voudraient fausser compagnie […] Ce sont des hommes qui méritent toute notre estime, explique le président Jacques Métadier. C’est pourquoi nous ferons tout pour les retenir. » Fin janvier, la section vol à voile avait fait voler son planeur, un Avia 11 A.

Les aérostiers décident de prendre l’air

8 février La réponse du berger à la bergère. Une partie des membres de l’Aéro-Club de Touraine (les aérostiers et les fondateurs historiques) organise une assemblée générale et refuse la fusion. Victor Chantreau est élu président pour la 24e fois.

Le tourisme pour faire décoller l’aviation commerciale

12 février Et si le développement de l’aviation commerciale passait par le développement du tourisme ? C’est une idée que partagent les élus des villes ligériennes, d’Orléans à La Baule, qui se réunissent à l’hôtel du Faisan avec les représentants de leurs conseils généraux et des chambres de commerce pour étudier d’une ligne aérienne de Paris à La Baule en passant par Tours.

Un second planeur pour l’Aéro-Club de Touraine

23 mars Jean Mermoz est de passage à Tours-Saint-Symphorien, à bord d’un Potez 36. Il se rend dans le Midi. Le même jour, Roland Coty (le fils du parfumeur) dont le Moth Morane est abrité depuis plusieurs jours dans un hangar du 31e d’aviation, donne de nombreux baptêmes de l’air. Enfin, la section de vol à voile reçoit un nouveau planeur, Éole, de la SFVV. C’est le second appareil de la section. S’adonnent au vol à voile des pilotes confirmés : Jean Boy et André Pichard. Jean Boy s’est imposé au concours de Vauville (Manche) cette année-là.

Une biroute publicitaire

16 avril Un Spad qui tire une biroute publicitaire est de passage à Tours. Le panneau fait 46 m de long sur 6 m de haut. La publicité a été remplacée une silhouette d’avion. Le Spad est piloté par Robin. La biroute traîne au bout d’un filin long de 200 m.

Le Touring Club de France visite la Touraine

10 mai Deux avions du Touring Club de France sont à Tours, un Fokker VII et un NiD 641. Les passagers sont venus déjeuner à l’hôtel du Faisan. Leur guide était le docteur Behague, administrateur du TCF, médecin de l’aéroport du Bourget. Le même jour, un Farman vient donner des baptêmes de l’air pour le compte de l’Aéro-Club de Touraine (Union), avec Guy comme pilote. La première baptisée est Mme Bourgueil, de Sepmes, mère de douze enfants. Ce sont eux qui lui ont offert le voyage.

La 1re escadrille au meeting de Vincennes

20 mai La 1re escadrille du 31e régiment (du groupe de reconnaissance n°1) quitte le camp d’aviation pour Vincennes où elle va participer, le dimanche 24 et le lundi 25 au meeting national. Elle est inscrite à la coupe Military des avions de renseignement. Cette escadrille est équipée de Breguet 19 A2 avec lesquels elle est venue de Mayence l’année précédente. Ce qu’on ne sait pas encore, c’est qu’elle va remporter cette compétition entre les régiments d’observation de France.

L’escadrille anglaise à Tours

29 mai Une quinzaine d’avions britanniques se posent à Tours. Bien qu’elle soit surnommée « l’escadrille anglaise », ses avions n’ont rien de militaire. Il s’agit de pilotes civils appartenant à l’Heston Park Flying Squadron. Au programme – ou plutôt au menu – l’hôtel de l’Univers, Chenonceau, Amboise, les caves de Vouvray…

Le général Niessel inspecte les réservistes

11 juin Le général Niessel, ancien commandant de la 9e région militaire à Tours, inspecteur des écoles de perfectionnement, est venu assister à un cours que donne le capitaine Frémont aux officiers de réserve.

Où sera l’aérogare de Tours ?

17 juin Déplacement en nombre de parlementaires, à Tours, sous la conduite de Louis Proust. Dans la foulée du sous-secrétaire à l’Aviation, Etienne Riché, le groupe de l’aéronautique de la Chambre est venu dans deux avions. Notamment Gaston Menier, président de la section aéronautique au Sénat et propriétaire de Chenonceau. L’objet de leur présence : l’implantation de la gare aéronautique. Le lieu retenu est celui proposé par le préfet, M. Grégoire, au nord-est du camp, à 300 m de la nationale.

Doret et Le Brix à Tours

16 juin De retour d’Istres où ils ont battu le record de distance avec le “ Trait-d’Union ”, Doret et Le Brix font une halte à Tours pour saluer leur mécène, le parfumeur François Coty. Ils sont de retour le 29 juin, mais cette fois avec leur avion.

Un troisième aéro-club en Touraine

15 juin Il y en avait deux, il ne devait en rester qu’un mais ils seront trois. Après les deux Aéro-Club de Touraine (« Union » et « Historique ») qui vont bientôt se déchirer pour garder le nom, viennent de naître les Ailes de Touraine dont le président est Olivier Paillaud. Le nouveau club est créé lors d’une assemblée générale au café de la Ville de Tours. Parmi les personnes qui participent à cette naissance, se trouve le président de l’Aéro-Club de Touraine « historique », Victor Chantreau. Un aérostier déguisé en sous-marin… Dès le premier soir, le chef-pilote est engagé : il s’agit du capitaine Joseph Buisson et le club a choisi ses couleurs : sang et or. La déclaration en préfecture de cette association loi 1901 sera enregistrée le 18, avec le numéro 862. L’Aéro-Club de Touraine (Union) récupérera le n° 184 des aérostiers qui date du 25 novembre 1911.

Le retour du colonel Muiron

24 juin Après les intérims d’Antoinat et Jauneaud, c’est le colonel Émile Muiron qui devient officiellement commandant du 31e RA. Un retour, pour celui qui a installé le groupement aéronautique n°1 à Tours en 1919, créé le 1er RA (devenu 31e RA) en 1920 et qui avait accepté de revenir comme commandant en second en 1925. Le lieutenant-colonel Marcel Jauneaud quitte donc le régiment pour le Service historique de l’armée. La réception d’Émile Muiron a lieu le 2 septembre, en présence du général Gérard.

Tours possède maintenant son avion

Le premier avion d'aéro-club en fâcheuse position. (Didier Lecoq)

7 juillet Les Ailes de Touraine réceptionnent leur Potez 36 qu’est allé chercher le capitaine Joseph Buisson – ancien commandant de la 12e escadrille – à Méaulte. C’est le premier avion appartenant à un aéro-club en Touraine.

Baptême du Potez 36 F-ALFZ

13 juillet C’est jour de fête aux Ailes de Touraine. Le Potez 36 du jeune aéro-club est baptisé, au camp d’aviation, en présence de nombreux aviateurs militaires : Prat, Fournier, Chrétien, Challande, Chaignon, Chasseval, etc. Plusieurs Potez 36 de la région ont été invités : le F-ALFU de Cholet ; le F-ALDB, de Bonneval (28) ; le F-ALKH et le F-ALIC, de Bourges. La marraine est Mme Dumontier.

Un hydravion à Sainte-Radegonde

18 juillet Faute d’avoir été disponible le 13 pour le baptême du Potez 36 des Ailes de Touraine, l’hydravion FBA vient à Tours. Il se pose sur la Loire, face à la plage de Sainte-Radegonde. Il est piloté par Abel Pichon et se dirige vers Niort (Abel Pichon en est originaire) et Royan. Il reviendra en septembre.

Un départ qui va faire du bruit

30 juillet La Touraine Républicaine publie un article pour le départ du lieutenant-colonel Marcel Jauneaud. « C’est une très belle carrière de guerre que la sienne, on en conviendra, mais qui se trouve brisée par la plus cruelle des injustices et à la suite de manœuvres politiques, sur lesquelles il y aurait beaucoup à dire, et auxquelles des supérieurs hiérarchiques qui, pourtant, apprécient et connaissent sa valeur, n’ont peut-être pas su résister assez énergiquement ». Il lui sera reproché d’avoir télécommandé cet article qui se trouve dans son dossier personnel, à Vincennes. Une réception a été organisée le samedi avant le 30 juillet pour son départ.

Disparition de Georges Bougault, l’un des plus grands pilotes tourangeaux

Georges Bougaults, de Genillé.

30 juillet La Touraine perd une se ses meilleurs pilotes. Une pilote assez méconnu dans la région puisqu’il a fait sa carrière dans la Marine. Georges Bougault, originaire de Genillé, s’est noyé dans l’étang de Berre en s’entraînant pour la coupe Schneider réservée aux hydravions de vitesse. Il pilotait le Bernard HV 120. Georges Bougault avait notamment été l’auteur, avec le lieutenant de vaisseau Bernard, d’un raid en hydravion, de Paris à Madagascar, de décembre 1926 à janvier 1927. Il a été inhumé à Genillé.
Vous pouvez en savoir plus sur cet hydravion, en suivant ce lien

Le prince de Galles fait une halte à Tours

18 août Le prince de Galles est arrivé à Tours en avion où il a été accueilli par le commandant de Geffrier, commandant du GR 1/31. Deux dames en voiture l’attendaient pour le conduite au Grand Hôtel. Il a pu repartir le soir même pour Biarritz où il est arrivé à 20 h 30. Il avait quitté le matin même Sunningdale et avait fait une première halte au Bourget. Reste à savoir qui étaient les deux dames qui l’attendaient à Tours…

Henri Lemaître renonce à l’aviation

7 septembre L’annonce en est faite dans la presse tourangelle : Henri Lemaître renonce à l’aviation, preuve que l’activité est physiquement usante. Breveté avant guerre, auteur de plus d’une centaine de bombardements au cours de celle-ci, pilote de raid, sa santé a été fortement éprouvée. Notamment lors de son passage à la tête de l’aéonautique militaire bolivienne en 1930. Il quitte donc Breguet pour devenir directeur d’une importante société de transports : l’Auto-Routière.

Les fêtes de Loire avant l’heure

Un des deux FBA 310, photo publiée dans “ Le Sportif ”

13 septembre Les Ailes de Touraine organisent un meeting à Saint-Radegonde. Un meeting que Saint-Pierre-des-Corps, en face, a refusé : la municipalité y voyait une fête « chauvine et guerrière ». Au programme, une course d’hydrocycles (un vélo sur flotteurs !), d’autres animations sur l’eau et, surtout pour ce qui nous intéresse, des démonstrations d’hydravions. Sur la Loire, avec des bancs de sable, l’idée semble saugrenue. Toujours est-il qu’il y a quatre hydravions FBA, deux biplans plutôt anciens, des FBA 17 et deux monoplans modernes, des FBA 310. Les pilotes inscrits sont Louis Duc et Abel Pichon. Louis Duc reste toute la semaine pour donner des baptêmes de l’air (et de l’eau). Il est décédé à Herbault (Loir-et-Cher) lors d’un accident avec son autogyre en mai 1933.

Le général Denain à Tours

24 septembre Le général Denain qui commandait la mission française en Pologne est nommé par intérim au commandement de la 3e division aérienne dont le siège est à Tours.

Deux aviateurs du 31e victimes d’un accident

L'article publié dans Ouest Eclair du 8 octobre 1931.

Cocorico au 31e régiment d’aviation

L'article publié dans Ouest Eclair du 8 octobre 1931.

22 octobre C’est officiel, la 1re escadrille du groupe de reconnaissance n°1 (ex-33eme RAO) du régiment de Tours, a remporté le Military des avions de renseignement. Il s’agit d’une compétition de groupe, avec un circuit à accomplir (Paris-Thionville-Paris) et des photographies à prendre. L’escadrille tourangelle, commandée par le capitaine Delorme est composée du sous-lieutenant Lepeu, des adjudants Drozière, Potard et Faure, des sergents-chefs Escourou, Tissier et Montois, des sergents Jaffré et Mousseau (sous réserve car les journaux donnent d’autres noms). Leurs avions sont des Breguet 19 A2 puisque c’était une des deux escadrilles (sur huit) à en être équipées. La 1re escadrille est la Sal 19 (avec la tête de bougnat pour insigne).

Un grand meeting au camp d’aviation

24 octobre En ouverture du meeting, est organisé un rallye aérien auquel participent notamment Arrachart, Paulhan, Delmotte, M. et Mme de Labouchère et Roland Coty.
25 octobre Le mauvais temps contrarie le meeting organisé par l’Aéro-Club de Touraine (Union) au profit de la Maison des Ailes. Il se déroule sur le terrain militaire. La vedette en est Michel Détroyat.

Détroyat frôle la mort

26 octobre Michel Détroyat est victime d’un accident en regagnant Paris. Sans doute en suivant du regard une jeune femme qu’on imagine charmante. Erreur de débutant qui l’empêche de voir un groupe de peupliers qu’il heurte violemment. Son Morane 230 bleu – sans doute le F-ADJM – gît, retourné dans un champ. Il est gravement blessé à la tête au point que le colonel Muiron lui remet la Légion d’honneur le 11 novembre, dans sa chambre de la clinique Saint-Gatien, à Tours.
En savoir plus sur l’accident de Détroyat

Selon la formule consacrée, l'état du “ véhicule ” témoigne de la violence du choc... (Didier Lecoq)

Un Potez 32 pour les Ailes de Touraine

7 novembre C’est un grand pilote, Jean Assolant, qui livre le nouvel avion aux Ailes de Touraine. Il s’agit d’un Potez 32 vendu par la compagnie aérienne CIDNA qui renouvelle sa flotte. Il en profite pour saluer Michel Détroyat à la clinique; Le Potez 32 peut transporter cinq passagers, soit autant de candidats au baptême de l’air. Si le Potez 32 est peint aux couleurs des Ailes de Touraine, il a été acheté par Olivier Paillaud avec l’aide de Dumontier. Il sera loué aux Ailes. Mauvaise pioche pour les Ailes. Car le Potez 32 (1 750 kg)  ne pourra pas se poser sur tous les champs. Son moteur Salmson 230 ch donnera des soucis. Bilan, il coûtera très cher. Trop cher.

Le Potez 32 sur le camp d'aviation de Tours-Saint-Symphorien. (Didier Lecoq)

Hinckler de passage à Tours

6 décembre Il a trouvé refuge à la brasserie Paul, près du camp, en attendant une éclaircie qui doit lui permettre de reprendre sa route vers Paris et Southampton. Il y est attendu pour fêter sa traversée de l’Atlantique Sud à bord d’un Puss Moth, un avion de tourisme ordinaire.

Un trimoteur à deux fuselages

12 décembre Non, cet avion n’a rien d’un monstre. Il s’agit du DB 70, un appareil de transport entièrement métallique construit à Bacalan, près de Bordeaux, par la Société Aérienne Bordelaise (ex-Dyle et Bacalan). Il est censé transporter 28 passagers. Le DB 70 fait une escale à Tours, vers midi, en allant à Villacoublay.

Le DB en train de se poser. (Didier Lecoq)

3 réponses à to “Dans le ciel de la Touraine en 1931”

  • Dumery:

    Victor Chantreau de Tours était-il aussi artiste peintre à l’ecole des beaux-Arts de Tours ?
    Bien à vous

  • Didier Lecoq:

    Oui, c’est bien le même. Il est allé à l’école d’aviation de Pau pendant la Grande Guerre. Il est né à Saint-Cyr-du-Gault, en Loir-et-Cher.

  • BOUGAULT:

    merci pour cet hommage rendu à Georges BOUGAULT, mon oncle.
    George-Michelle BOUGAULT

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