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En 1912, le comte René Le More rêve d’Afrique

Son rêve ? Traverser le Sahara en aéroplane. En 1912, René Le More part donc le reconnaître à pied. Il va le traverser dans les deux sens. Inutile exploit : il décédera de maladie un an plus tard, toujours en Afrique. Sans pouvoir réaliser ce rêve.

« Saint-Paterne, dix heures et demie du soir, pluie fine et pénétrante, nuit sombre et pénible.

« Le train, dont les lumières percent au tournant à travers les peupliers embués de bruine, approche et siffle. Décor familier cependant et poignant aujourd’hui. Chaude étreinte de mon frère, cordiale poignée de main de mes bons amis qui ont tenu à venir m’embarquer, un coup de sifflet et me voilà parti… Pour où, et pour combien de temps ? Pour cette Afrique dont j’avais gardé un si vivant souvenir depuis mon premier voyage en 1905, cette Afrique qui m’a toujours attiré, vers le Sahara peut-être dont on cherche à pénétrer les mystères. »

Ainsi commence « D’Alger à Tombouctou », un livre publié en 1913 chez Plon-Nourrit par le comte René Le More.

René Le More de Sarcé est né à Brèches, à quelques kilomètres de Saint-Paterne-Racan, au nord de la Touraine, le 9 novembre 1886. Sa famille possédait le château de la Fougeraie, à Saint-Paterne-Racan.

René Le More rêvait d’Afrique et d’aviation. D’où ce voyage de repérage dont il tira son livre. « Il avait cette idée que pour “ faire ” le Sahara en aéroplane, il fallait le connaître », écrit le journal Le Matin en janvier 1912. « Il décida d’y aller. Un beau jour, il partit sans tapage, tranquillement, emportant de l’argent et une petite valise. Il prit le train jusqu’à Marseille, le bateau jusqu’à Alger. »

« Ma première visite fut pour le général Bailloud, commandant le 19e corps d’armée, vieil ami de mon père, qui me reçut le plus affectueusement du monde, mais certes ne fut pas encourageant et m’envoya promener avec une franchise toute militaire et une invitation à dîner pour le soir même avec le général de la Celle et M. de Tavernost. On parla de cette vieille Touraine chère à tous », écrit René Le More dans son récit. (1)

Son voyage dura treize mois, 8.000 kilomètres. Treize mois d’aventures. « Je suis parti, dit-il au Matin, avec l’idée que mon projet de traversée du Sahara en aéroplane était une utopie. Je reviens avec la certitude que ce voyage est faisable. »

Il en est revenu avec un rapport pour la Ligue nationale aérienne qui se termine ainsi : « Il me semble que j’ai quelque droit d’accomplir ce premier voyage ; mais il faut le nerf de la guerre et de l’aviation, au moins cent mille francs. Je suis prêt à donner mon temps, j’accepte les dangers. J’apporte une expérience de quinze mois de désert, les notes que j’y ai recueillies, j’ai des hommes prêts, un itinéraire précis et indiscutable, le concours d’amis dévoués là-bas. Voudra-t-on me donner les moyens de mettre en œuvre ces bonnes volontés, le moyen de réussir ?… » Cette question n’a pas eu de réponse. Reparti en Afrique comme administrateur colonial, René Le More y trouva la mort, au Gabon, cette même année 1913. De maladie.

Didier Lecoq

Aéroplane de Touraine 2005

Le parcours de René Le More à travers le Sahara.

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