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Pour Louis Janoir, le meeting de Montrésor tourne court

23 et 24 juillet 1911. Un an après le Semaine de Touraine, le comité d’initiatives de Montrésor prend le pari, un peu fou, d’organiser un meeting d’aviation. Un seul pilote est au départ : Louis Janoir, sur un monoplan tout nouveau, celui des frères Bonnet-Labranche.

Le Bonnet-Labranche de Louis Janoir. (Didier Lecoq)

Le programme des fêtes de Montrésor se voulait ambitieux. Surtout pour une si petite ville, éloignée de tout : inviter les pilotes d’aéroplane. Ils devaient être trois. Finalement, Louis Janoir était seul en scène, le 23 juillet, pour cette première journée. L’aéroplane était un monoplan Bonnet-Labranche, propulsé par un moteur Vial de 50 chevaux. Un avion presque neuf qui venait juste d’être livré à l’école Bonnet-Labranche que Louis Janoir dirigeait sur l’aérodrome des Groues, près d’Orléans (1). Jean Ors, qui se rendra célèbre comme concepteur de parachutes, et qui fréquentait souvent Pontlevoy (Loir-et-Cher), devait présenter un Blériot. Il a déclaré forfait.

Malgré son titre de chef-pilote, on ne peut pas dire que Louis Janoir soit une vieille tige, en ce 23 juillet 1911. Il n’a passé son brevet que le 17, à Orléans. Officiellement, son brevet portera le n° 553, et la date du 28. « Le pilote se fera un plaisir de donner au public les renseignements sur les mécanismes de l’appareil et son fonctionnement ce qui intéressera sûrement les nombreuses personnes qui assisteront à cette exhibition », ont annoncé les journaux. Louis Janoir est bien placé pour cela. Notre vieux jeune aviateur n’est pas venu à l’aviation au seul appel du sport. C’est un jeune ingénieur, passionné de mécanique, sorti des Arts et Métiers comme plusieurs grands noms de l’aviation, Louis Béchereau (Deperdussin et Spad) et André Herbemont (Spad) avec lesquels il travaillera.

Mais à Montrésor, la fête a tourné court pour Louis Janoir. Ce que conte, pour le journal La Dépêche, le correspondant local : « Le soir à 5 h. ½ il partait, s’élevait de quelques mètres au-dessus du sol et cherchait sur les bordures de ce pré, entouré de collines et d’arbres, une éclaircie à travers laquelle il pouvait s’échapper. Il fit à un moment et dans la partie étranglée du pré, un virage superbe. A cet instant l’émotion du public était à son comble en raison de l’audace du jeune pilote. Ce dernier pourtant, n’était pas satisfait, il voulait à tout prix remplir tout son programme.

« Il était alors 7 heures, l’appareil avait besoin d’une soudure : pendant que le mécanicien faisait cette légère réparation, M. Janoir accompagné de quelques membres du comité, allait reconnaître le terrain des collines environnantes. Il trouvait aux Touches, un emplacement qui lui convenait et dans lequel il faisait transporter son appareil.

« Mais la nuit était venue, il était obligé de remettre son départ au lendemain. Le temps était orageux et les vagues de chaleur, rasant presque le sol si fatal aux aviateurs, ont failli ajouter un nom à la liste déjà trop grande des victimes.

« Dès la pointe du jour, le pilote s’élevait en faisant un vol magnifique, malgré les courants aériens et, au retour, gêné par les éléments, il se voyait forcé d’atterrir dans une vigne. Sans se décourager, il reprend son vol, mais presque aussitôt, écrasé par un remous qui l’empêche de s’élever, il ne peut éviter la queue de son appareil de toucher un arbre, l’aéroplane capote et vient se briser sur le sol. Heureusement, M. Janoir n’avait aucun mal. On frémit en songeant aux conséquences que pouvait entraîner la ténacité de ce jeune homme, brave et audacieux. »

De l’avion à l’hydravion

Louis Janoir a repris le fil de sa carrière à Orléans (2). Un petit bout de chemin avec Bonnet-Labranche. Il y dispute, jusqu’à la fin octobre, le prix des Escales, finalement remporté par Chavez.

Il rejoint un autre élève des Arts et Métiers, Louis Béchereau, le concepteur des avions Deperdussin.

Pour cette firme, il participe à des courses. A commencer par la Coupe Pommery, en 1912 (battu par Bathiat). Même chose en 1913 où, lors d’une tentative en partant de Biarritz, il est victime d’un accident près de Poitiers, à Sanxay, nécessitant son hospitalisation à Lusignan. Deperdussin l’engage également dans les courses d’hydravions, avec Prévost : Paris – Deauville le 24 août 1913 ; il arrive hors délais. Puis au Concours d’avions marins, toujours à Deauville, fin août ; mais il abandonne le 30 (rupture des jambes de train).

Il est plus heureux en août de la même année, avec un joli raid Paris – Berlin – Saint-Pétersbourg.

Mais Louis Janoir est sans doute davantage ingénieur que pilote. Sa collaboration avec Louis Béchereau va se poursuivre chez Spad. Puis il fondera, fin 1916, la société Janoir Aviation. Installée à Saint-Ouen, au nord de Paris, son usine réparera les chasseurs Spad de la Première Guerre mondiale puis en construira. En 1920, il s’associera aux Chantiers de Provence pour créer CAMS (les Chantiers Aéromaritimes de la Seine), célèbre constructeur d’hydravions dont il sera un temps le principal actionnaire avant de laisser la place.

Il étudiera également les motos ainsi que l’automobile, signant notamment une carrosserie pour Delahaye.

Didier Lecoq

> Aéroplane de Touraine 2004-2009

Louis Janoir et la moto : http://www.moto-histo.com/Janoir/Janoir.htm

Louis Janoir et les hydravions : http://www.hydroretro.net/etudegh/donnetl.pdf

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