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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

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Souvenir d’un élève marin en 1970 à Tours

Souvenirs d’un élève-pilote à l’école de chasse, à Tours, en 1970, signé d’un pseudo JLDownUnder, au temps où la Marine formait également ses pilotes à la BA 705.

Et hop, un petit tour bien sympathique en T-33 au-dessus de la Touraine. C’était avant les GoPro. Et pourtant.

Comme en 1956

2016

(Collection Didier Lecoq)

Cette carte de vœux a été envoyée voici soixante ans par le lieutenant Édouard Delozanne de l’escadron 1/30 Loire de la 30e escadre de chasse de nuit, à Tours. Son père, le commandant Eugène Delozanne, commandait le GB II/31 à Tours. Il avait trouvé la mort dès le début de la guerre, le 9 septembre 1939. C’est son épouse qui a reçu sa Croix de guerre, en novembre 1950, sur la base de Tours.

En savoir plus

Sur Édouard Delozanne, sur le site des Vieilles Tiges Lire

Sur Eugène Delozanne, sur Équipages dans la tourmente, le site de Vincent Lemaire consacré à la 31e escadre de bombardement Lire

Le grand cirque de Pinder

Willy Spiessert est décédé le 27 décembre. Il était le fils de Charles Spiessert, le directeur du cirque Pinder, ancien maire de Chanceaux-sur-Choisille. Il avait succédé à son père à la tête du cirque.

Le rapport avec l’aviation ? La famille Spiessert s’est toujours intéressée à l’aviation. Charles a d’ailleurs acheté un Morane-Saulnier XXX AI à Maurice Finat, appareil basé à Marignane. Il a été membre et dirigeant de l’Aéro-Club de Touraine après la guerre. Il avait eu l’idée d’utiliser l’avion pour faire la publicité de son cirque : lancement de tracts, avions aux couleurs du cirque Pinder ou des artistes de renom comme Luis Mariano ou Gloria Lasso.

Charles Spiessert avait également embauché un chasseur pour piloter le Piper Cub, à partir de 1949 : Georges Berland (1). Adjudant-chef,  « Jojo » avait remporté quatre victoires en 39-40 avec le groupe de chasse II/2, comme un autre chasseur qui s’est installé en Touraine après-guerre, Raoul Bricart.

Piper de Berland

La belle américaine, la caravane de la direction, le Piper : Pinder était le plus grand cirque français.

Lire l’article de la Nouvelle République

Notes

(1) Georges Berland est né le 7 décembre 1907 à Saint-Léger-sur-Dheune (Saône-et-Loire). A Tours, il demeurait rue du docteur Émile Roux, à Tours-Nord.

Maxime Lenoir, un as (presque) retrouvé

Le 25 octobre 1916, Maxime Lenoir est parti reconnaître le terrain au nord de Douaumont, à l’Herbebois, deux jours après que les troupes françaises ont repris le fort. Maxime Lenoir n’est jamais rentré. Il a été porté disparu. A Chargé et ailleurs, beaucoup se sont accrochés à un fol espoir : et s’il était prisonnier en Allemagne ? La Croix-Rouge a prévenu sa famille qu’il ne figurait pas sur les listes de prisonniers. Une enquête, à Berlin, a conclu dès 1917 qu’il était mort en ce 25 octobre 1916 sur la commune d’Azannes. Que les Allemands l’y ont inhumé.

Rien n’y a fait. Et s’il était resté en Allemagne ? Sa famille s’est posé la question. La Ville de Chargé également. Au point que la commune, près d’Amboise, a mollement entretenu son souvenir, des fois que…

La preuve de son décès ne pouvait venir que d’Allemagne. Michael Ritz, à la tête d’un cabinet d’avocats à Berlin, collectionneur, a récemment mis au jour la photographie d’une tombe, celle d’un aviateur français, celle de Maxime Lenoir. Il nous l’a envoyée. Avec l’autorisation d’utiliser la photographie « à toutes fins que vous jugez appropriées. » Il pensait d’abord à la famille de Maxime Lenoir qui s’était réunie en nombre lors de la commémoration « Cent villes, cent héros, un héros ».  « Peut-être a-t-il même des parents qui seraient heureux de savoir qu’il a été enterré au moins dans une vraie tombe avec une croix chrétienne », a précisé Michael Ritz. Qu’il en soit remercié.

Voilà, Maxime Lenoir est bien mort le 25 octobre 1916 – cela fera bientôt 100 ans – au nord de Douaumont, entre l’Herbebois et Azannes. Cette annonce marque la fin de plusieurs années de recherches.

Cette photographie permettra peut-être de retrouver l’endroit où il a été enterré. Elle pourra peut-être dire quel avion il pilotait : a priori son Spad VII. Il reste à savoir ce qu’est devenue sa tombe (1). Maxime Lenoir a-t-il été transféré ? Y est-il encore ? Les recherches continuent (2).

Didier Lecoq

Hier ruht der frz. Maxime Lenoir gefallen am 25.10.1916 Ici repose l'aviateur français Maxime Lenoir, tombé le 25 octobre 1916. (Collection Michael Ritz)

« Hier ruht der frz. Maxime Lenoir gefallen am 25.10.1916 ». Ici repose l’aviateur français Maxime Lenoir, tombé le 25 octobre 1916. (Collection Michael Ritz)

Lire également

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux

Maxime Lenoir, un as porté disparu…

La fiche de la Croix-Rouge de Maxime Lenoir

(1) Une fiche de Henri Beaubois, au Musée de l’air et de l’espace du Bourget, mentionnait même Mosnes comme lieu de sépulture. Sans écho du côté de la famille.

(2) Quelle est la femme qui le tient par le bras lors du meeting de Montélimar ?

Un monument pour Jean Tulasne… en Russie

Même si ce n’est pas surprenant de leur part tant les Russes cultivent la mémoire de ceux qui sont morts pour elle, c’est une jolie surprise qu’ils ont faite en juillet, à l’occasion de l’anniversaire de la mort du commandant Tulasne. Ils ont inauguré un monument érigé à la mémoire du commandant Jean Tulasne, où il a trouvé la mort. Chapeau bas.

Les photos de la cérémonie :

http://orel-region.ru/index.php?head=1&unit=5780

Une jolie vidéo sur la cérémonie :

https://yadi.sk/i/j4IeHXbBjP5sF

La bénédiction du monument.

La bénédiction du monument.

André Boillot, de Peugeot à la Touraine

Pilote de chasse et pilote de course comme son frère Georges, André Boillot est décédé à la suite d’un accident avant une course de côte, dans l’Indre. C’est au cimetière de Tours qu’il repose. Après une dernière bagarre.

Robert Poirier et André Boillot

Robert Poirier et André Boillot au volant de sa Peugeot 172R (1) (Archives famille Poirier)

Pour André Boillot, l’aviation est une affaire de famille. Ce n’est pas la seule d’ailleurs. Avant l’aviation, il y a eu l’automobile.

Difficile d’y échapper quand on est originaire de Valentigney, dans le Doubs. Valentigney, c’est le berceau de la famille Peugeot. Le père des deux pilotes, Georges et André, y était directeur d’usine. Et c’est donc tout naturellement que les deux frères sont venus à l’auto, ou plutôt à Peugeot, un diplôme d’ingénieur en poche.
Georges, né en 1884, a été un des sportifs les plus connus de la France d’avant-guerre, sur deux puis quatre roues. Il a participé, pour Peugeot bien sûr, aux 500 Miles d’Indianapolis et a remporté, plus près de chez nous, la course de côte de Saint-Symphorien (dans la Tranchée) en 1913.

Lorsque la guerre a éclaté, il est devenu chauffeur, notamment du général Joffre, puis pilote de chasse. Titulaire de deux victoires homologuées et quatre probables, il est mort en combat aérien en mai 1916, près de Verdun.

A l’escadrille des sportifs

André était de sept ans son cadet. Et s’il a travaillé pour Peugeot, c’est seulement après la guerre qu’il s’est consacré aux courses automobiles. Mobilisé dans le génie puis le train, André est devenu pilote de chasse peu de temps avant la mort de son frère, au sein de l’escadrille N77 surnommée « l’escadrille des sportifs » car y figuraient des champions comme Maurice Boyau, le capitaine de l’équipe de France de rugby. Il y a obtenu une victoire homologuée, une blessure et cinq citations.
Après la guerre, André Boillot s’est consacré aux courses automobiles. C’est lui qui a créé l’écurie Peugeot. Il a remporté la Targa Florio, participé aux 500 Miles d’Indianapolis, aux 24 Heures du Mans et à celles de Spa. Le 5 juin 1932, lors d’un entraînement pour la course de côte d’Ars, à Montgivray (Indre), il est victime d’une sortie de route. Coincé sous la voiture, rapidement secouru, il a été transporté à l’hôpital de Châteauroux. Trépané le 6 et malgré quelques nouvelles encourageantes, André Boillot est décédé, dans cet hôpital, le 8 juin peu après 23 h.

Une Piaf tourangelle

La Touraine l’a adopté après sa mort. Le 25 septembre 1926, André Boillot avait épousé une Tourangelle, Yvonne Hérissé (2). Ils séjournaient souvent ensemble à Saint-Cyr-sur-Loire (3). Il a été inhumé, provisoirement pensait-elle, au Père Lachaise, à Paris, avec son frère Georges. Sa veuve avait accepté la demande de Peugeot qui voulait des grandes funérailles, en présence notamment de Jean-Pierre Peugeot. Mais quand Yvonne Boillot-Hérissé elle a voulu le ramener en Touraine, s’en est suivi un conflit avec la famille. Commencé en 1932, le feuilleton a pris fin en 1935. La veuve a fini par l’emporter devant les tribunaux parisiens. La cour d’appel de Paris a dit qu’en l’absence de volonté du défunt, son épouse, avec qui il partageait sa vie, était la mieux placée pour exprimer les souhaits du défunt.

André Boillot repose désormais – et discrètement – dans le caveau de la famille Hérissé, au cimetière La Salle de Tours. Avec notamment sa belle-sœur Julia (4). Celle-ci avait eu son heure de gloire, sous le nom de Gaby Montbreuse, une « divette » qui avait brûlé les planches dès 1913, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Connue pour sa gouaille toute parisienne, la belle-sœur d’André a laissé une inoubliable chanson : « Tu m’as possédée par surprise ». Toute une époque.

Didier Lecoq

En 1935, les sœurs Hérissé ont été victimes d’un cambriolage à Saint-Cyr-sur-Loire. Près de 20.000 Francs ont été volés, en argent et en bijoux. la gendarmerie de La Membrolle a permis d’appréhender le voleur.

 

Les obsèques d'André Boillot, au Père-Lachaise, le 11 juin 1932. Le début d'un feuilleton judiciaire. (Origine Gallica)

Les obsèques d’André Boillot, au Père-Lachaise, le 11 juin 1932. Le début d’un feuilleton judiciaire.

(1) Sur Robert Poirier, pilote automobile et aviateur tourangeau. Robert Poirier

(2) Née le 12 juin 1890 à Saint-Michel-sur-Loire, son premier prénom est Maria. Son père était alors tuilier. Tout comme sa mère, Alphonsine Mercier. « Yvonne » est décédée le 9 août 1960 à Savonnières.

(3) Saint-Cyr-sur-Loire n’a pas oublié André Boillot puisqu’une allée porte son nom.

(4) Julia Léontine Hérissé est née le 18 janvier 1895 à Langeais. Profession de son père, Julien, charretier. La famille Hérissé était originaire de Langeais, plus précisément de La Rouchouze où se trouvaient de nombreuses tuileries. Julia-Gaby a épousé Jean-Joseph Dupuich, à Paris, le 18 mars 1924. Elle est décédée à Tours le 28 juin 1943.

L’aviation militaire en Indre-et-Loire

103392Voici quelques années, Claude Fillet de Jean-Pierre Bezard avaient publié « Cent ans d’aviation civile en Indre-et-Loire ». Suite logique, vient de sortir « L’Aviation militaire en Indre-et-Loire », chez Geste éditions. Ils ont reçu le renfort d’Yves Audren, spécialiste de la détection aérienne… et de moi-même. Il seront présents ce week-end pour le meeting du Centenaire.

Le synopsis de Geste éditions :

Voici la rétrospective de l’aviation militaire en Indre-et-Loire de ses débuts à nos jours. 4 spécialistes de la question, reviennent sur l’histoire de la base aérienne 705 à Tours, créée en 1915 par l’Armée de l’Air, mais aussi sur celle d’unités aériennes moins connues de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre ou encore de la Gendarmerie. L’histoire des lieux, les événements marquants, les personnages importants (connus ou moins connus)… Vous saurez tout de l’aéronautique militaire en Indre-et-Loire.

  • Réf. : LUP1662
  • Année d’édition : 2015
  • Edition : Brochée
  • Format : 21 x 29,7
  • Isbn : 978-2-36746-338-4
  • Nombre de pages : 288

Prix : € 29,90

Le bon de commande est téléchargeable sur le site de Geste éditions

Meeting du centenaire le 7 juin

L'affiche du meeting

L’affiche du meeting

La base aérienne 705 fête

Alpha Jet E173

L’Alpha Jet E173 avec sa livrée spéciale pour les 100 ans de la base

ses 100 ans (avec un peu d’avance car l’école a été ouverte en novembre 1915) avec un meeting dont le programme est sur Le site du meeting.

 

Des vidéos de Tours quand l’école était américaine (2)

De plus en plus de vidéos avec la chute d’un Sopwith 1A de l’école, connu sous son nom britannique de Sopwith 1/2 Strutter :

Cette autre vidéo démarre avec un G.4 au roulage, des entraînements pour les radios avec des messages du sol vers les avions sous forme de draps étendus, et semble-t-il la chute de deux avions en feu qui se sont peut-être télescopés :

Sur cette vidéo, on aperçoit des DH.4 et des Breguet 14 aux couleurs américaines. On remarque très bien la cabine sur le hangar n°4 et les échelons sur le toit pour s’y rendre. Suit un très beau plan du terrain depuis cet ancêtre de la tour de contrôle, notamment sur le bureau du commandement devant lequel se trouve le mât et la place Capitaine-Münch. Le dernier plan permet de découvrir les nombreuses constructions des Américains, à l’ouest de la route nationale 10, qui seront remplacés le camp Tulasne au début des années 30 :

Si vous voulez mieux situez les vidéos, cette page offre des vues d’ensemble du terrain d’aviation : Lire

 

Des vidéos de Tours quand l’école était américaine

Plusieurs vidéos de Critical Past consacrées au 2nd Aviation Instruction Center – l’école d’aviation de Tours lorsqu’elle était américaine -, tournées en 1918, sont en ligne sur YouTube.

Sur celle-ci, on peut voir des Caudron G.3 se poser alors que deux autres (dont le n°32) ont effectué un cheval de bois.

On peut voir un autre G.3 atterrir, le C837 codé 10 ainsi qu’un G.4 bimoteur. On aperçoit très bien les quatre grands hangars les plus au nord (n° 1 à 4).

Autre film intéressant :

Ce film se présente en deux parties. La première montre des Caudron G.3, des Nieuport, des Breguet 14 ainsi que des DH.4 de l’école d’observateurs US, avec de grands numéros. A mi-film, les images des Sopwith 1A2 sont connues, sous forme de reportage photographique, avec les n° 74 ou 88. Ces Sopwith sont aux couleurs françaises et américaines. On y voit très bien les hangars 9 et 10. Ils ont été filmés depuis le toit d’un hangar. Des DH.4 – dont le n°40 – sont ensuite filmés, devant les hangars 1 à 4, ce dernier accueillant une guérite au-dessus de son toit, pour faire tour de contrôle. Le film se termine par une démonstration de la maniabilité d’un Caudron G.3… au sol.

Le journal de guerre de William Hostein (chapitre 9)

Le 25 juillet 1914, William Hostein passe au-dessus de Nomain (Nord) lorsque son Deperdussin (numéro D 50) de l’escadrille D 6, tombe en panne. Il atterrit dans la propriété  de vacances de la famille Ferez, qui vit dans les Deux-Sèvres. Coup de foudre pour la fille de la maison, Suzanne. C’est à partir de cette rencontre que William Hostein commence à remplir son journal qui va rapidement devenir son journal de guerre (1).

Chapitre 9 – Les Deperdussin partent à la fin de l’hiver

WH_terrainsD6Le jeudi 1er  octobre, William Hostein part avec le lieutenant de Marliave, vers 7 heures, en reconnaissance pour l’artillerie du 18e corps : « Laon, Sissonne, Craonne et atterrissage à Maizy. Nous fîmes une bonne reconnaissance à 2.100 mètres. Tout se passa très bien sauf la rencontre de plusieurs appareils allemands. »

Il ne vole pas le 2 octobre, à cause du brouillard. Et le 3, pendant que Brocard et Busson volent, il profite de l’auto du capitaine pour aller voir son frère à Maizy. .

Dimanche 4 octobre : le temps peu propice aux reconnaissances aériennes. « Nous nous reposons. J’écrivis une lettre à ma chérie puis m’occupai de la réparation de mon réservoir et du moteur. » Les jours qui suivent sont identiques. Il faut attendre le 7 octobre pour une nouvelle mission, toujours avec le lieutenant de Marliave. « Nous nous rendons à Maizy. Tout est calme. A de rares intervalles un obus éclate sur Baurieux. » Avant de rentrer à Ville-en-Tardenois, il font une reconnaissance pour régler le tir de canons français.

Retour du mauvais temps les 8, 9 et 10 octobre. William Hostein décide de fabriquer un porte-cartes pour son avion. « Nous jouons toute la journée à divers jeux très amusants, ce fut tout. »

Il effectue quelques reconnaissances d’artillerie le 11, le 22, toujours avec le lieutenant de Marliave et toujours sur son Deperdussin D-81. Et le 25 avec un mécanicien, Jules Lécuyot.

Les 26 et 27, l’escadrille change de nid. Elle quitte Fère-en-Tardenois pour se rendre à Merval. « Je suis logé chez de braves paysans qui m’offrent un bon lit, le plus confortable qu’ils possèdent. Tous les sous-officiers mangent en commun, à cet effet nous avons la maison de l’instituteur, Un soldat fait notre cuisine. Nous ne sommes pas trop mal servis. »

William Hostein

William Hostein avec sa Médaille miliaire.

Mais le grand moment du mois, pour William Hostein, a lieu le 31 octobre. « A 10 heures, mon colonel arrive en auto. Après avoir rassemblé les officiers devant ma tente il me place face à eux et me remet la Médaille militaire au nom du président de la République. Cette journée comptera au nombre de mes jours ensoleillés, Reçu un télégramme et une lettre de mon aimée. »

Retour à la guerre le lendemain. William Hostein est à deux doigts d’y passer : « Vers 9 heures je pars en reconnaissance avec le lieutenant de Marliave du côté de Craonne. Nous faisons un réglage pour l’artillerie. A cet effet mon passager lança une fusée qui lui éclata dans les mains. L’explosion fit éclater les cinq autres fusées que j’avais dans mon appareil. Brusquement je fus environné de flammes et de fumée en même temps qu’une forte odeur de soufre me prenait à la gorge. Craignant l’incendie, je coupais l’allumage, fermant l’essence et piquant très fort pour me dégager de la fumée. J’étais alors à 1.000 mètres au-dessus de l’artillerie quand, au-dessus de mon appareil, je vis mon passager la figure toute noire et les mains brûlées. Dans mon appareil tout était noir de poudre, mes lunettes également. Néanmoins je pus regagner le terrain et éteindre l’incendie qui s’était déclaré à bord. Moi, j’avais les moustaches brûlées. » Plus de peur que de mal pour l’équipage et l’avion.

Puis l’hiver s’est installé. Avec lui, la neige. Pas question de voler. Son activité principale, c’est le courrier. Son moral évolue en fonction du courrier qu’il reçoit – ou non – de sa fiancée.

« Je m’ennuie », écrit-il le 7 janvier. Il vole le 10. « Ce matin par temps nuageux j’ai fait une reconnaissance avec le lieutenant Robo (21) à 1800 mètres. Il faisait très froid. Le thermomètre accusait moins 12°C. J’ai évolué pendant une heure. Les nuages m’ont gêné et c’est difficilement que nous avons pu faire un relevé des tranchées allemandes. » Le capitaine Degorge quitte l’escadrille à la mi-janvier pour Saint-Cyr, en région parisienne. Son Deperdussin est à bout de souffle. Il demande à en changer. Premier refus.

Le 18, William Hostein part à 10 h avec le lieutenant Barbieux. « Je me dirige du côté de Soissons pour prendre de la hauteur. 45 minutes de vol, je suis à 2.000 mètres. Il fait très froid, le thermomètre marque moins 15°C. Je traverse plusieurs couches nuageuses tout en me dirigeant sur les lignes ennemies. J’étais au-dessus du fort de Condé quand un choc se produisit, ébranlant fortement mon appareil. Je coupais immédiatement tout en faisant demi-tour, aussitôt je me rendis compte de ce que c’était – probablement une bielle qui venait de casser – un beau terrain s’annonce sous moi ; je dirige mon appareil pour y atterrir. » Le Deperdussin est vraiment à bout de souffle.

Malgré le peu d’activités, la mort rôde toujours. Le 21, «  j’ai appris avec peine la mort d’un de mes amis qui s’est tué avec un appareil Voisin nouveau modèle: l’appareil canon. C’était un excellent pilote et un bon camarade. Je le regrette. »

Une attaque allemande, à partir du 27 janvier, sur Craonne et Vailly, va modifier ce rythme. William Hostein vole : le 27 avec le lieutenant Robo pour régler l’artillerie sur les lignes allemandes, le 29 avec le lieutenant de Marliave puis le lieutenant Barbieux, le 30 avec de nouveau Marliave, puis le 31.

A la date du 30 janvier, William Hostein note : « Thaw est parti ». William Thaw est un volontaire américain issu d’une grande famille industrielle, ancien de l’université de Yale, pilote civil avant-guerre et qui s’est engagé dans la Légion étrangère pour combattre au côté de la France. Versé dans l’infanterie, il a rejoint l’escadrille D6 à pied, après avoir appris son existence. Breveté pilote militaire, il a été pilote à l’escadrille C42 avant de devenir un des piliers de l’escadrille N124, l’escadrille Lafayette.

En février, William Hostein renouvelle sa demande de changer d’avion, cette fois au profit d’un Caudron ou d’un Morane. Ce que refuse le lieutenant Zapelli qui assure l’intérim du capitaine Degorge. Le 12, il alterne entre le cafard de la colère : « Ce soir je me sens las, la guerre fatigue mon moral. J’en ai assez de cette vie, loin de ma bien-aimée. Ce soir je dois faire une ronde, corvée stupide autant qu’injuste. J’ai grande envie de me coucher sans faire cette ronde – et pourtant …. Je ne sais pas … J’hésite. Je suis écœuré de la façon d’agir de certains chefs. Oh ! les rosses ! Je les hais ! »

Le moral remonte le lendemain. « Aujourd’hui il y a du changement dans l’escadrille. Ce midi le lieutenant Zappeli a rassemblé les pilotes pour leur faire part d’une circulaire nous invitant à changer d’appareils et que l’escadrille D 6 serait remplacée par la C 6 sous le commandement de notre ancien chef d’escadrille : le capitaine Degorge. Ce changement me plaît pour plusieurs raisons ; d’abord je vais probablement aller à Paris chercher un appareil ; ensuite, j’aime mieux le capitaine puis l’appareil Caudron monte très vite et vole bien et sans danger. »

Mais en attendant, il va falloir poursuivre avec le Deperdussin. Quelques réglages seulement. Notamment le 17 avec un nouveau venu à l’escadrille. « Fait une reconnaissance avec lieutenant Chambe. Cet officier est inconscient !… Il m’a mené au-dessus des lignes à 1400 mètres malgré les obus qui éclataient de toutes parts … Ces Boches ne me plaisent guère. »

La première partie du journal de guerre de William Hostein s’arrête là. Il ne le reprendra qu’en mai. Les informations qui suivent viennent de ses carnets de vol.

Caudron G.3

Le C-181 de William Hostein abrité sous un Bessonneau.

Le 2 mars enfin, l’adjudant William Hostein quitte Merval pour Saint-Cyr, en région parisienne, où se trouvent les 2es Réserves. Il vient échanger son Deperdussin D-81 contre le Caudron G3 C-181. Après s’être entraîné, il quitte Saint-Cyr le 16, pour Merval, avec son G3, accompagné de son mécanicien Lécuyot. Après une halte à Rebais, à cause du brouillard, les deux aviateurs se posent à Merval le 17. A peine quelques essais effectués, les premiers réglages avec le C-181 ont lieu les 20 et 22 mars.

A suivre…

Cliquer sur le lien pour lire les chapitres 1, 2, 3, 4, 5, 6,7 et 8

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Un AAB 1 sur le ventre dans le nord de la Touraine

ciclic.fr – Mémoire en région Centre – propose un nouveau film amateur qui a l’aviation pour objet. Ce film, tourné par Bernard Loison, date de 1946, après l’atterrissage forcé, juste à la limite des Hermites et du département, d’un AAB 1 (un Ju-88 construit en France). Nous devons l’identification à Pierre Dumollard, auteur de « Ju-88 et Ju-188 français » chez Avia-Éditions.

L’AAB 1 n°35 s’est posé sur le ventre aux Hayes (Loir-et-Cher), le 15 mai 1946. L’avion appartenait à la Section de sondage météorologique et était basé à Brétigny, sous les ordres du capitaine Israël. Au cours d’une mission de sondage météo, l’avion piloté par le sous-lieutenant Delmares a été victime d’une perte de puissance des moteurs à cause du froid. L’accompagnaient le lieutenant Maubert et un civil, M. Veber.

 Merci à Pierre Dumollard pour cette identification

Le site Mémoires en région Centre