Sites associés

Aéroforums

Aéroplane de Touraine est adhérent des Aéroforums, indispensable lieu d'échanges sur l'aviation.

31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

mai 2019
L M M J V S D
« Jan    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

De Tours à Bordeaux en planeur, en 1949

L’Aéro-Club de Touraine n’a pas attendu longtemps après la fin de la guerre pour obtenir le prêt d’un planeur. Un C-800 est arrivé le 21 décembre 1945. Sous l’impulsion d’Albert Carraz, la section vol à voile va rapidement se développer. Quelques années et quelques planeurs plus tard, un jeune du club illustre bien cette vitalité. Récit.

Guy Gagnière.

En août 1949, Guy Gagnière, qui demeure rue d’Entraigues, à Tours, est un jeune vélivole mais n’est pas un débutant. Il possède déjà ses brevets de pilote d’avion 1er degré (octobre 1947) et 2e degré (janvier 1948, quelques jours avant ses 18 ans). Côté vol à voile, il a déjà effectué une sortie à haute altitude, sur un Nord 2000, le 24 juillet, atteignant 3.156 m. Le mois suivant, il relie Tours à Bordeaux, toujours sur le Nord 2000 de l’Aéro-Club de Touraine. Il en a fait le récit dans la Nouvelle République du 5 septembre 1949 :

« Le 13 août, à 11 h 30, je décolle derrière le Morane 315 piloté par M. Carraz. Largué à 700 m , un peu avant Monnaie, je monte jusqu’à 1.000 mètres, base des nuages. Aussitôt, je mets le cap sur le Sud, je survole le terrain puis Tours sans perdre d’altitude. Peu après, la descente commence et c’est à 650 mètres que je me retrouve au-dessus du Ruchard, à la recherche d’un thermique qui me permettra de reprendre de l’altitude. Je repère un nuage qui me semble grossir à vue d’œil. Je me dirige vers lui et c’est jusqu’à 1.200 mètres que je monte.

« Je poursuis mon voyage avec des alternatives de montées et de descentes jusqu’à la droite de Poitiers où je me retrouve sans carte. Je dérivais nettement vers l’ouest et en dehors des limites de ma carte. Il est maintenant 13 h 45 et j’ai effectué les 100 km qui séparent Tours de Poitiers à 80 km/h de moyenne.

« C’est ensuite un voyage sans histoire jusqu’à Angoulême et Rochefort et c’est dans un beau ciel tout bleu que je cherche le thermique qui me permettra de reprendre de l’altitude, afin de continuer mon vol. Un peu à ma gauche, j’aperçois un Émouchet qui spirale et semble prendre de la hauteur. Je mets le cap dans sa direction, et c’est la montée brutale en l’espace de quelques secondes, jusqu’à 1.650 m, point culminant de mon vol. Je me situe au sud–sud-est de Rochefort.

« J’atteins bientôt la Gironde et suis bien embarrassé car, à cet endroit, elle a 10 à 12 km de large et si je m’aventure au-dessus, c’est la lessive assurée.

« Après réflexion, je longe la Gironde jusqu’au confluent de la Dordogne, étant obligé pour cela de naviguer en dents de scie. C’est au Bec d’Ambez que je la franchis et aperçois au loin Bordeaux et un peu à droite, environ 10 kilomètres, le terrain de Mérignac. Il est alors 16 h 30 et je suis à 800 mètres d’altitude lorsque j’atteins le terrain.

« Je retrouve alors un thermique qui, tout en spiralant, me dérive sur les Landes où je me retrouve à 1.200 mètres qui pourraient me permettre d’atteindre Cazaux. Mais le manque de terrain d’atterrissage dans les Landes en cas de lessivage m’incite à retourner sur Mérignac où je me pose à 16 h 55 entre un DC-4 de la compagnie des Transports Aériens Intercontinentaux qui embarque ses passagers, et la tour de contrôle.

« J’ai effectué ce vol de 300 km en 5 h 30. Une jeep me permet de rentrer l’appareil au hangar et je n’ai qu’à me féliciter de l’accueil reçu au terme de mon voyage. »

 

Entraide

Si vous avez des photographies ou des informations sur le vol à voile en Touraine, n’hésitez pas. Merci d’avance pour votre aide. Didier Lecoq

 

Une réponse à to “De Tours à Bordeaux en planeur, en 1949”

  • Annie TOMAL:

    Bonjour,

    C’est vraiment par hasard, il y a maintenant plusieurs mois, que je suis allée sur votre site, recherchant sur Internet d’éventuelles informations concernant l’un de mes oncles maternels dont je savais qu’il avait été un passionné de l’aviation et qu’il avait jadis piloté dans notre beau ciel de Touraine.

    Quelle surprise alors, de voir que mon oncle, Guy Gagnière, avait fait l’objet d’un article de presse intitulé : « De Tours à Bordeaux en planeur, en 1949 ».

    J’ai connu mon oncle, mais il est malheureusement décédé très jeune, d’une leucémie en 1959, à l’âge de 29 ans. Je n’avais alors que 3 ans mais au travers des récits familiaux et des photos que nous regardions avec ma maman très régulièrement, il a toujours été présent, et encore maintenant, dans mes souvenirs.

    J’ai des photographies de mon oncle, dont deux pourraient éventuellement vous intéresser si vous le souhaitez puisque sur l’une d’elle il est photographié en pieds avec dans l’une de ses mains la maquette d’un planeur. La seconde photographie le représente en gros plan avec son casque et lunettes de pilote sur la tête.

    D’autre part, ayant pour passion la généalogie, j’ai ce matin constaté sur le site Généanet, la publication d’un article datant du 23 mars 1919 dont le titre est : « Les débuts de l’aviation civile : Paris-Bordeaux en 4 heures ».

    Bien-sûr, cet article n’a rien à voir avec mon oncle Guy Gagnière, mais n’est-ce pas incroyable cette corrélation entre ces deux articles de presse, écrits à 30 ans d’intervalle. J’y ai vu un petit signe de mon tonton Guy et mes suis dit que je devais vous adresser ce message.

    Dites-moi si les photos ci-dessus décrites vous intéressent, je vous les ferais parvenir par mail. De plus, j’ai mon cousin, fils adoptif de mon oncle, qui a en sa possession les brevets de pilote de Guy. Si cela vous intéresse aussi pour alimenter éventuellement votre site, je pourrais lui demander de m’en faire des copies et vous les adresser également.

    En vous remerciant de m’avoir fait replonger dans de doux souvenirs. Cordialement.

    Mme Annie Tomal.

Laisser un commentaire