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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

Quand le quartier Tulasne et le terrain faisaient base à part

Créé par les Américains en 1918, le camp situé à l’ouest de la route de Paris, a été reconstruit en dur dans les années 30. En 1984 seulement, il a été réuni au reste du terrain.

Partira, partira pas ? La guerre terminée et les Américains repartis, propriétaires des terrains et conseils municipaux comptaient bien récupérer les terres agricoles. Un avis que ne partageait pas l’agent voyer cantonal, qui écrit en 1919, que « cette ville nouvelle édifiée, représente un capital fort élevé. Nous estimons que les frais de remise en l’état primitif, dépasserait de beaucoup la valeur des terrains occupés. » Et de conclure : « Dans ces conditions, nous estimons qu’il y a tout intérêt, pour l’État Français, à conserver cette installation comme école d’aviation. »

Malgré le retour des escadrilles françaises à partir du printemps 1919, les élus du département vont régulièrement souffler le chaud et le froid sur le 31e régiment d’aviation.

Fin 1918, les premiers baraquements américains poussent à gauche de la Nationale 10. On distingue encore les dix grands hangars Veauvy de l'École française.

Partira pas. C’est le ministère de la Guerre qui l’annonce, dans un courrier adressé à la préfecture d’Indre-et-Loire, le 9 juillet 1926 : « Le déplacement du 31e régiment d’aviation a été envisagé. Mais pour différentes raisons […] il est à présumer que le régiment sera maintenu dans sa garnison actuelle. Mieux – ou pire selon les opinions – « il est nécessaire, malgré les inconvénients signalés par les populations voisines, de prévoir son agrandissement. »

Dans la foulée, les premiers jugements d’expropriation sont pris par le tribunal de première instance de Tours, le 28 juillet 1927. Ils touchent les communes de Saint-Symphorien et Parçay-Meslay. En octobre commence la construction du bâtiment pour loger les sous-officiers célibataires. Le 21 octobre, adjudication de deux autres bâtiments pour le mess des sous-officiers et pour loger deux groupes d’aéronautique.

En septembre 1930, le général Barès inspecte le 31e régiment d’aviation. « Il a terminé sa tournée d’inspection par la visite des nouveaux casernements qui sont actuellement à peu près terminés », commente la presse locale qui avait déjà parlé, en mai, des profondes mutations que connaît le camp d’aviation : « Pendant longtemps, les Tourangeaux passant sur la grand’route de Paris, n’aperçurent à côté des vastes hangars abritant les oiseaux aux ailes tricolores, que de modestes baraques en bois servant à loger le régiment. Depuis, tout cela s’est transformé. Des constructions en pierre se sont élevées et continuent de s’édifier. »

En octobre 1931, le quartier Tulasne est bien avancé. Tout y est à l’exception du futur bâtiment de la 31e escadre, des pavillons d’entrée et des locaux pénitentiaires. En février 1932, le général Goubeau, commandant la 9e région, et le général Denain, commandant la 3e division aérienne dont le siège est à Tours, visitent les nouveaux casernements. « L’inspection se porte particulièrement sur l’infirmerie tout à fait moderne de ce régiment, chauffage central, distribution d’eau et clarté des pièces font de cet imposant bâtiment une infirmerie modèle […] La caserne se présente actuellement presque terminée : les murs d’entourage sont finis, ainsi que la pose de la grande grille d’entrée portant l’inscription, Quartier Tulasne en mémoire de notre compatriote. »

La base aérienne lors du meeting de mai 1930

En mai 1930, le quartier Tulasne, à gauche de la Nationale 10, est pratiquement terminé.(Collection Didier Lecoq)

La dernière tranche du quartier Tulasne (bâtiment de la 31e escadre, locaux pénitentiaires et les deux pavillons d’entrée) est achevée en 1933, ainsi que l’agrandissement du mess des officiers, au Grand-Colombier, que vient visiter Pierre Cot. Le quartier Tulasne qui doit son nom au lieutenant-colonel Jauneaud, après l’accident du père de Jean – a beaucoup souffert pendant la guerre mais la plupart des bâtiments ont été relevés. Certains ont même changé de destination, l’infirmerie de 1930 accueillant désormais le commandement de la base.

Le quartier Tulasne est longtemps resté séparé du terrain par la route nationale 10. Ce n’est qu’en décembre 1986 qu’est créée une déviation qui permet de faire du camp François Tulasne et du camp Jean Tulasne – le père et le fils – un seul et même terrain.

Didier Lecoq

Aéroplane de Touraine 2006

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