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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

In memoriam, Robert Memin, des Groupes lourds

Robert Memin est décédé début juin, à Tours. Il était âgé de 91 ans. Lors de la Seconde Guerre mondiale, alors sergent, il avait participé aux raids sur l’Allemagne avec les Groupes lourds de bombardiers français de la RAF, plus précisément le 347 Squadron, le Tunisie. Il était mitrailleur, dans la tourelle supérieure du Halifax codé L8-L.

Robert Memin, comme trois autres membres de l’équipage du capitaine Brachet – le sergent Rigade (radio), le lieutenant Habez (bombardier) et l’adjudant Humbert (mécanicien) – avait survécu à une aventure dont il a fait le récit dans un courrier au squadron leader Wilson, récit repris dans le numéro de la revue Icare consacré aux Groupes lourds (n°187, 2003/4) ainsi que dans le livre de Louis Bourgain, Nuits de feu sur l’Allemagne (l’Épopée des Groupes Guyenne et Tunisie en Grande-Bretagne 1943-1945).

Des Halifax des Groupes lourds

Des Halifax du Squadron 346, après la guerre, au-dessus de Bordeaux. (Photo Joyau via Dan Gilberti)

Cette aventure, c’est celle qui hantait les esprits des aviateurs lancés dans ces raids de nuit sur l’Allemagne : la collision. « Dans la nuit du 13 janvier 1945, vers 20 h 30, à 6.000 pieds, nous étions sur le chemin du retour après avoir bombardé Sarrebruck, notre vingt-cinquième mission », écrivit-il au squadron leader Wilson (51 Squadron). « La nuit était obscure et la visibilité réduite ; le sol de France disparaissait sous la neige. De temps en temps je tournais ma tourelle. Je venais d’apercevoir, non loin de notre avion, un flare rouge, utilisé par les Allemands pour baliser les streams. Alors que je surveillais la partie arrière, je vis, surgissant de la nuit, vos deux moteurs droits, et aussitôt, un grand choc […] Notre appareil complètement déséquilibré était devenu incontrôlable. » L’avion du squadron leader Wilson a arraché tout l’arrière du Halifax français. Après bien des difficultés, Robert Memin, aidé par le mécanicien, l’adjudant Humbert, réussit à atteindre la porte arrière pour sauter. « C’est alors que je me rendis compte que nous étions très bas, et presque aussitôt je vis le Halifax exploser au sol. »

Cela se passait à Guerny, près de Gisors, dans l’Eure.

L’adjudant Jouzier (pilote), le capitaine Brachet (navigateur et commandant de bord) et le sergent-chef Malterre (mitrailleur arrière) ont trouvé la mort dans l’appareil. Les deux premiers en restant aux commandes pour permettre à l’équipage de sauter ; le troisième percuté de plein fouet par l’avion anglais. Celui-ci, le Halifax III n° MZ 465, est parvenu à regagner l’Angleterre. Tout l’avant de l’avion avait disparu, jusqu’au poste de pilotage, provoquant la mort du bombardier et du navigateur.

Robert Memin est resté dans l’armée de l’air, notamment à Tours (Raki radar), qu’il a quittée avec le grade de capitaine.

Ses obsèques ont eu lieu à Poitiers.

Didier Lecoq

> En savoir plus sur les Groupes lourds sur deux sites : halifax346et347.canalblog.com et groupeslourds.blog4ever.com

> Des photographies du Halifax du Squadron 51 après la collision sur ce site : aircrewremembrancesociety

 

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