Sites associés

Aéroforums

Aéroplane de Touraine est adhérent des Aéroforums, indispensable lieu d'échanges sur l'aviation.

31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

Articles avec le tag ‘14-18’

Jacques Goüin, fidèle jusque dans la mort

Jacques Goüin

Dans le martyrologe de Saint-Grégoire.

Jacques Goüin appartenait à une célèbre dynastie de banquiers qui a donné son nom à un des plus beaux hôtels particuliers de Tours : il abrite la Société archéologique de Touraine. Jacques Goüin, comme son frère Pierre, mort également à la guerre, a fait ses études au collège Saint-Grégoire, de 1890 à 1900. Comme deux autres familles – Hay de Slade et La Tullaye – les Goüin se partageaient entre la région nantaise et la Touraine.

Après des débuts dans la cavalerie, Jacques est devenu observateur au sein de l’escadrille N 23, une des meilleures escadrilles de chasse qui vit tomber de grands pilotes : Marcel Brindejonc des Moulinais, Marcel Garet, le Tourangeau Maxime Lenoir, le capitaine Louis de Beauchamp puis Jean Baumont. Pour Jacques Goüin, c’était le 24 avril 1917. Il avait choisi d’être inhumé auprès du capitaine de Beauchamp. Celui-ci a été ramené à Saint-Julien-l’Ars (Vienne), près des siens (dont sa mère victime de l’incendie du bazar de la Charité). Jacques Goüin est resté à Verdun, dans la nécropole nationale du Faubourg-Pavé. Dans le n° 28 du 24 mai 1917 de la Guerre aérienne illustrée, Jean Daçay écrivait un long article sur Jacques Goüin.

Didier Lecoq

Lire la suite de cette entrée »

André Tulasne, un lien entre Tours et Shanghai

Le second des trois frères, a été pilote pendant la Grande Guerre, au camp retranché de Paris et dans une escadrille côtière (Let 484). Architecte, il a également été conseiller municipal de la concession française de Shanghai… puis de Tours.

André Tulasne, de passage au Menneton, le 23 avril 1915. (Collection François Tulasne)

Dans la famille Tulasne aviateurs, je demande l’oncle André. Ce n’est pas l’aviateur le plus connu de la famille. Ni le premier. Le pionnier, c’est Joseph, l’oncle aîné, breveté pilote dès 1912, futur général (1). Le troisième, c’est François, décédé dans un accident d’avion en 1929. La base aérienne de Tours porte son nom ainsi que celui de son fils, Jean, le plus connu de la famille, compagnon de la Libération, disparu en URSS en 1943 à la tête de l’escadrille Normandie-Niemen (2).

Lire la suite de cette entrée »

Le peintre Yvangot a jeté l’ancre à Amboise

Pilote de dirigeable de la Marine avec le numéro 18 pendant la Grande Guerre, Yves Angot avait déjà connu le cap Horn et la marine marchande. Il a posé son sac à 32 ans pour se consacrer à la peinture, entre Paris et Amboise où il est décédé en 1973.

Yves Angot (Archives Ardhan)

Il y a, dans les réserves du Musée de l’air et de l’espace, au Bourget, une nacelle en cours de rénovation. Cette nacelle était exposée lorsque le musée se trouvait encore à Meudon. Elle provient d’un dirigeable à armature souple, un SSZ (1). Soixante dix-sept exemplaires ont été construits. Deux ont été vendus aux États-Unis (les n° 23 et 24). La France en a possédé deux – les 21 et 22, fabriqués à Wormwood Scrubs, à l’ouest de Londres – utilisés par la Marine nationale pour repérer les sous-marins allemands dans la Manche. En 1971, le colonel Jacques Rougevin-Baville (2), conservateur du musée, cherchait des tableaux de dirigeables de la Marine. Un de ses amis, Bourdariat (3), avait ainsi contacté un de ses proches, Yves Angot (4), peintre et marin (5), ancré depuis près de quarante ans sur les bords de Loire, à Amboise. Ce que Yves Angot ignorait, c’est qu’il avait rendez-vous avec son passé. Il avait été pilote du même dirigeable, le SSZ 22 (6).

Lire la suite de cette entrée »

Henri de Geyer d’Orth privé d’ailes

Henri de Geyer d’Orth, dont le père était régisseur du château d’Amboise, a fait partie des premiers pilotes militaires, dès 1911. Mais des problèmes de santé l’ont détourné du vol.

Sous l'uniforme du 144e RI

Lorsqu’il se porte candidat pour rejoindre l’aviation, Henri de Geyer d’Orth (1) n’est plus tout à fait un jeune homme. Il a 33 ans. Fin mars 1910, le général Dalstein, gouverneur militaire de Paris, écrit au ministre de la Guerre pour l’informer que le lieutenant de Geyer, du 144e régiment d’infanterie, demande à « être désigné comme pilote d’appareil d’aviation ». Il souhaite aussi, écrit le général, « être compris parmi les officiers qui doivent recevoir l’instruction spéciale de pilote de ballon dirigeable ». Le général souligne un atout… de poids : le lieutenant de Geyer ne pèse que 58 kilos. Qui plus est, il est célibataire (2). Quelques mois plus tard, son vœu était exaucé.

Lire la suite de cette entrée »

Née sous X et abandonnée à l’âge de 2 ans

5 novembre 1915 – 1er novembre 1917, l’école militaire de Parçay-Meslay a promené ses cocardes dans le ciel de la Touraine. Elle a ensuite passé le relais à l’US Air Service (l’aviation américaine). Peu d’informations ont filtré. En Touraine, la censure veillait.

Une lettre de l'école de Tours datée des débuts : 27 novembre 1915. La signature est celle du capitaine Münch, commandant de l'école. (Didier Lecoq)

« J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’une école d’aviation militaire va être créée incessamment à Tours. » Ainsi commence ce qui peut être considéré comme un acte de naissance. Ce courrier que le sous-secrétariat d’état de l’Aéronautique envoie au général commandant en chef (aéronautique), est daté du 17 octobre 1915. Ce document qui se trouve au Service historique de la Défense – section Air (1), fixe en quelques lignes l’organisation administrative de l’école et donne, au passage, la date du coup d’envoi : 5 novembre 1915.

Lire la suite de cette entrée »

Trois aviateurs américains nous font découvrir leur école

Trois témoignages : Jack Morris Wright (USAS), Joe C. Cline (Navy), Alfred A. Cunningham (USMC). Trois aviateurs américains qui ont connu le camp d’aviation dans la période de son transfert à l’armée américaine, dans les derniers mois de 1917. Avant que le manque de pièces de rechange ne soit à deux doigts de stopper son activité.

Faut-il y voir un signe. Le navire qui transportait Jack Morris Wright vers l’Europe, en mai 1917,  se nommait La Touraine. C’est sur cet ancien paquebot de la Compagnie Générale Transatlantique qu’il a écrit les premières lignes de son journal.

La garde américaine à l'entrée du camp. (LB)

Lire la suite de cette entrée »

Donation Lamprou : de la Transylvanie à l’hôpital de Tours

La rencontre de Donatien Lamprou avec la Touraine a été brève. Il est venu après son accident d’avion, le 7 septembre 1918, pour réparer une jambe cassée. Il n’en est plus reparti. Victime de la grippe espagnole, il y est décédé le 18 octobre 1918. Il est inhumé au cimetière La Salle, à Tours. Donatien Lamprou est né dans les Deux-Sèvres, à Echiré. Il était mécanicien de formation. La Vie Aérienne, n°118, du 13 février 1919, lui a consacré un article.

Lire la suite de cette entrée »

Le commissaire Delgay nous ouvre les portes du camp

Plus vraiment français mais pas encore américain. Le camp d’aviation de Parçay-Meslay va faire sa mue. Mais en cette fin septembre 1917, c’est la sécurité qui inquiète. Notamment le commissaire spécial Delgay, de la Sûreté générale, qui en dresse le portrait : un véritable moulin. Son rapport a le mérite de mieux nous le faire connaître.

La note est du 24 septembre 1917 (1).  Le camp d’aviation change petit à petit de nationalité. Si l’encadrement et les rampants sont toujours Français, les élèves-pilotes sont Américains. La situation du terrain de Parçay-Meslay, ouvert aux quatre vents, inquiète. Des enfants s’y promènent, peut-être par goût de l’aviation, peut-être aussi pour glaner quelque souvenir des soldats américains. L’officier chargé de l’administration s’est déjà plaint de leur présence. Comme s’est plaint, côté français, le capitaine Olivier de Villepin, commandant du camp, de voir « les femmes soumises » venir racoler les aviateurs. Presque à la descente de l’avion. Des militaires ont été victimes de vols (2). Lire la suite de cette entrée »

Les 2es Réserves de Saint-Cyr sur les bords du Cher

Parçay-Meslay n’est pas le premier « aérodrome » militaire installé en Touraine. Plus d’un an avant son ouverture, les 2es Réserves de Ravitaillement de l’Aviation avaient planté leurs Bessonneau sur les prairies de Saint-Avertin. Jusqu’à la victoire de la Marne.


Vu d'un avion, un aérodrome installé sur un hippodrome. Comme à Saint-Avertin. (Didier Lecoq)

Date d’arrivée : fin août, début septembre 1914. Date de départ : 9 octobre de la même année. La première expérience tourangelle en matière de camp d’aviation militaire a duré un mois, peut-être deux, en comptant le temps nécessaire à faire les bagages.

En ce début de septembre 1914, la guerre a pris une mauvaise tournure. Devant la poussée des armées allemandes qui se dirigent sur Paris, le gouvernement a choisi de prendre de la distance en se repliant… à Bordeaux. Quant à l’aéronautique, elle a entrepris une manœuvre qu’elle renouvellera au format XXL en 1940 : le repli sur la Touraine.

En 1914, il n ‘est pas question de tout délocaliser. Seules les 2es Réserves de Ravitaillement de l’Aviation de Saint-Cyr, en région parisienne, doivent déménager. Le rôle de ces 2es Réserves est d’alimenter en matériel les unités du front.  Elles préfigurent ce que fera le RGAé (Réserve générale de l’aviation) jusqu’à la fin de la guerre.

Lire la suite de cette entrée »

Henri Lemaître, une vie consacrée à l’aviation… et à Breguet

Breveté en 1912, le Tourangeau a définitivement replié ses ailes en 1931. Vingt années seulement mais plusieurs vies : as du bombardement crédité de deux victoires, précurseur de l’Aéropostale, pilote-essayeur, recordman du monde de distance en ligne droite, conseiller technique en Bolivie…

Henri Lemaître, à la fin de la guerre.

En ce 15 février 1913, ils se sont mis sur leur trente-et-un pour poser, en famille, devant les photographes. Ils sont aux côtés de leur fiston de pilote, au pied du Maurice-Farman. Ce samedi, sur le champ de manœuvres du Menneton, la famille Lemaître a de quoi être fière. Henri, le premier pilote breveté de l’Aéro-Club de Touraine, n° 1168 du 6 décembre 1912 (18 ans depuis le 6 juillet), est à Tours pour passer la seconde épreuve de son brevet militaire : Étampes – Tours et retour.

Lire la suite de cette entrée »

Maxime Lenoir, un as porté disparu…

Le premier Tourangeau à boucler la boucle, le premier as de Touraine et celui qui a remporté le plus grand nombre de victoires : onze, au moment de sa disparition, le 25 octobre 1916, près de Douaumont. La Touraine lui a tourné le dos.

Maxime Lenoir

Maxime Lenoir et son Blériot XI “Back Jumper”, harnaché pour boucler la boucle.

« Avant les médailles et les grades, une chose m’a toujours tenu à cœur, c’est de venger mon frère aîné. C’est sa mémoire qui me fait agir au moment de mes combats, c’est sa pensée qui me réconforte dans mes coups durs. Il peut avoir confiance. Mes deux frères, plus jeunes, mon beau-frère et moi, tous au front, revaudrons au centuple aux Boches la douleur qu’ils nous ont causée. »

Ces quelques lignes sont extraites d’une longue lettre adressée par Maxime Lenoir à Jacques Mortane, quelques jours avant de disparaître, lettre que le journaliste et historien de l’aviation a publiée dans son livre « Chasseurs de Boches » (1).

Des quatre frères Lenoir, Maxime fut le second à disparaître et Denis – appelé Marceau dans la famille –, lui aussi pilote, le seul à revenir. Steven Spielberg aurait pu en faire une belle histoire… A Chargé, il ne reste de Maxime Lenoir, qui fut le premier « looper » et le premier as de Touraine, qu’une ligne sur le monument aux morts. Son frère Daniel n’est pas loin, avec les victimes de 1917. Samuel, l’aîné, est sur celui de Montlouis (2). Point final.

Lire la suite de cette entrée »

Tous ceux qui ont des ailes ne sont pas des anges

L’aviation a fait rêver. Certains en ont profité. En se faisant passer pour l’aviateur qu’ils n’étaient pas ou en s’attribuant des résultats qu’ils ne méritaient pas. Regard sur les petites escroqueries en Touraine. Lire la suite de cette entrée »