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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

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L’envol difficile des planeurs tourangeaux

C’est en 1930 que l’Aviation-club de Touraine décide d’ouvrir une section vol à voile. Pas simple dans une région sans reliefs.

Gaston Durand

Gaston Durand à l’atterrissage sur l’Avia XI-A vers 1933. (Photo Jean Rideau)

C’est pendant le pont du 15 août, en 1930, que Pierre Souvent, André Pichard, Jean Maillocheau et Alfred Moreau, de l’Aviation-Club de Touraine, vont à Sens pour étudier la création d’une section de vol à voile.

Si Pierre Souvent et André Pichard sont d’anciens pilotes de la Grande Guerre, Jean Maillocheau, libraire rue Nationale à Tours et Alfred Moreau, entrepreneur en maçonnerie, également à Tours, sont plutôt des passionnés. Lors de ce voyage, seul André Pichard en profite d’ailleurs pour effectuer un vol sur le planeur de l’Aéro-Club Sénonais.

Au moment de ce voyage, on est en pleine guerre picrocholine entre les aéro-clubs de d’Indre-et-Loire. Sous la pression de l’armée et de la chambre de commerce, l’Aviation-Club devait fusionner avec l’Aéro-Club de Touraine. Et au lieu de cela, un troisième club voit le jour sous l’impulsion des aérostiers de l’Aéro-Club : les Ailes de Touraine qui vont se consacrer à l’aviation de tourisme. Le combat a pris fin en 1935, faute de moyens car la chambre de commerce et l’armée ont contraint l’AéCT historique et les Ailes de Touraine à renter dans le rang. Ainsi naquit Air Touraine. Mais c’est une autre histoire.

Revenons à la naissance du vol à voile en Touraine. Quelques mois après la visite des dirigeants de l’Aviation-Club de Touraine à Sens, la section de vol à voile est sur pied. Pierre Souvent en est l’instructeur. Né aux Montils, en Loir-et-Cher, Pierre Souvent est négociant en grains à Tours. La Graineterie des gares, rue de Bordeaux, a longtemps été tenue par sa mère. Mitrailleur lors de la Première Guerre, il est devenu pilote en 1918, dans la chasse d’abord – à la Spa 84 – puis dans le bombardement, au GB 3 : Br 126 en juin-juillet 1918 puis Br 128 jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Il a fondé l’Aviation-club de Touraine avec notamment André Pichard, tourangeau et également pilote, négociant en vêtement de cuir. Abattu en juillet 1916 par la DCA, évadé à Noël, André Pichard a été moniteur à l’école d’aviation de Tours où il a formé les pilotes américains. Le président de la section est Jean Maillocheau. Dépositaire des Messageries Hachette, rue Nationale à Tours, Jean Maillocheau est libraire avec son frère Camille. Il est originaire de Vendée. Le trésorier est Robert Noël.

Les passionnés de l’Aviation-Club. On reconnait à gauche, Gaston Durand, son frère Lucien sous l’aile de l’Avia XI-A; Maurice Bodin (3e en partant de la gauche avec le béret), Jean Rideau, allongé dans l’herbe; Gustave Réchard (en gabardine), Raymond Ropion (assis, avec le béret), Paul Colin, assis aux pieds de Lucien Durand), Jean Maillocheau (deuxième en partant de la droite). (Photo Jean Rideau)

Le premier planeur de la section de vol sans moteur est un Avia XI-A. Ce modèle date de 1930. Il a été construit par les Ateliers vosgiens d’Industrie aéronautique de Saint-Dié. C’est un planeur-école.

La première séance sur l’Avia XI-A a lieu le lundi 20 janvier 1931. Il ne devait pas faire très chaud sur ce planeur très rudimentaire. Il n’était pas encore question de remorquage : pour lancer un planeur, il fallait le faire… à la main. Ou plutôt à la force des jambes. C’était la technique du sandow, un câble de caoutchouc dans une gaine de tissu. « On le dispose en forme de V ; le planeur, retenu par la queue est accroché par son avant à la pointe du V. Deux équipes de 7 à 8 hommes tirent sur les extrémités de chacune des branches. Lorsque la tension est forte, on libère le planeur qui s’envole », a décrit Maurice Bodin président de la section, dans la revue Air-Touraine en 1932. « Ce mode de lancement, qui convient parfaitement en terrain accidenté lorsqu’il s’agit de décoller un planeur du sommet d’une crête, s’est révélé assez médiocre sur un terrain plat comme notre camp d’aviation de Parçay. Car si l’on veut obtenir un vol de quelques secondes, dû uniquement à sa propulsion, il faut le tendre de telle façon que le départ de l’appareil est excessivement brutal et désoriente souvent l’élève. De plus, sa manœuvre exige dans ce cas une équipe nombreuse… » Résultats : des sauts de puce pour les anciens pilotes de la Grande Guerre lors de la première séance : 100 à 150 m à une altitude de 8 à 10 m. Pour les novices, 1 à 2 mètres, pas plus haut.

Aux commandes de l’Eole, Paul Colin, le premier brevet de planeur en Touraine. (Origine Didier Lecoq)

Un second planeur « de demi-performance » est déjà commandé. Il est livré le 22 mars. Il s’agit d’un Eole, conçu par Jean-René Lagasse, le directeur de la SFVAV (Société Française de Vol à Voile) qui l’amène de Toulouse. Pas par les airs, bien sûr. Il faut croire que planer est bon pour la santé car les mécènes en sont les docteurs Jacques Métadier, professeur à l’école de pharmacie de Tours, et Raymond Petit, médecin à Chinon.

Avec deux planeurs, la section prend forme. Pierre Souvent et Charles De Munck en sont les moniteurs. Charles de Munck est belge. Né en 1894 à Bruxelles – il y est décédé en 1952 – il était le petit-fils d’Emile de Munck, archéologue. Il avait le brevet de pilote n°2315 de la Fédération internationale d’aéronautique. Il vivait au château de la Remberge, à Autrèche. Sa fille y est née en 1926 et c’est son épouse, Colette Carels, dont la famille possédait le château depuis 1912, qui l’a conservé après leur divorce en 1935.

Parmi les plus assidus de la section on trouve Paul Colin et Jean Boy, tous deux pilotes militaires, récemment libérés de leurs obligations.

Après avoir envisagé d’installer un terrain à Cormery, un peu loin, la section pense avoir trouvé son bonheur à Mettray, sur un terrain de la colonie. Pour se déplacer, la solution a été trouvée par Louis Simonin, mécanicien automobile, qui a construit une remorque. Mais finalement la section restera sur le terrain d’aviation de l’armée.

Paul Colin est le premier à passer son brevet A, à Mettray. Bientôt suivi, à la mi-septembre, par Jean Boy, sur le planeur Eole, qui obtient son brevet en prenant la seconde place du concours de Vauville dans la catégorie planeurs-écoles.

C’est en 1932 que la section cesse de jouer à l’élastique. Un garagiste, Théophile Jeannin,  concessionnaire Renault rue Origet, à Tours, donne un coup de main au club en mettant à sa disposition une Renault 18 HP sur laquelle une roue a été remplacée par un treuil. Et l’élastique par un câble de 600 mètres de long. Premiers lancés en février pour Jean Rideau et Paul Colin. « L’altitude atteinte, près de 100 m, paraissait formidable et le planeur semblait ne plus vouloir atterrir. » Plus tard, la section sera dotée d’un side-car et, en 1937, d’une Talbot-Hotchkiss avec un nouveau treuil. Et un câble de 1.200 m.

C’est aussi en 1932, sous l’impulsion de Maurice Bodin, que la section décolle vraiment : Jean Rideau passe son brevet A le 19 juin. D’autres pilotes de tourisme viennent goûter au vol sans moteur : Jacques Métadier et Raymond Petit, bien sûr, Henri Bodin, Robert Dangoise, etc. Mais aussi , et c’est nouveau, Edmond Viel (seizième brevet de la section le 18 septembre 1932), les frères Durand (Gaston et Lucien), Bichet, Louis Avrilleaud (le fils du docteur de Montsoreau), viennent au planeur sans passer par la case avion. D’autres suivront : Legoff (18 mai 1933), Faure, Doussaint, Vallée, Daniaud, Lafond, Platel, Samuel, Laforêt, Bourquin, Habert, Gustave Rechard (29 mars 1936), Chevallier (19 avril 1936), Turbot (19 avril 1936), Lardon, Frébot, etc.

Les brevets de planeur de Gaston Durand

D’autres, à l’image de Michel Nadaud, vont mener de front les deux disciplines, breveté de planeur le 14 mai 1933, brevet de tourisme le 9 octobre de la même année.

La dispersion des énergies

A l’été 1933, Maurice Bodin part au Maroc. Il laisse la direction à Jean Rideau. Celui-ci a l’âme d’un constructeur. Mécanicien avion pendant son service militaire, notamment à Tours sur Potez XV, il a repris l’entreprise familiale de construction de stores en bois, rue Jean-Jacques Rousseau. Le bois, ça le connaît. Depuis juin il construit, toujours avec l’aide des frères Durand, un planeur de demi-performance. Le 7 mai, ce planeur fait ses essais avec Edmond Viel, promu moniteur, aux commandes. Nous ignorons le dessin de ce planeur. Il semble que cette aile, réalisée dans  l’entreprise de Jean Rideau, soit celle de ce planeur. Reste à savoir si Jean Rideau s’est inspiré d’un planeur existant (Sulky, Avia 152-E) ou non.

Le club achète également un Avia XX-A, un biplace en tandem avec double-commande, un outil indispensable pour les débutants. Henri Ruamps, ancien chef-pilote de la SFVAV vient en Touraine le 4 septembre, pour le livrer. Mais l‘aile touche le sol et le planeur se renverse. Ruamps est indemne mais le planeur doit être renvoyé chez Bordeaux-Aviation pour être réparé. Il reviendra le 18 décembre. Mais ce n’est qu’au début de l’année 1933 que le XX-A sera au point, grâce à Gaston Durand et Edmond Viel, toujours eux.

Malgré le retour de Maurice Bodin à la tête de la section en 1935, les énergies vont se faire plus rares. Le club achète un nouvel Avia XI-A. Même Jean Rideau va faire des infidélités. Car 1935, c’est surtout une année à poux. A Pou-du-ciel. Plusieurs HM14 sont en construction en Indre-et-Loire, dont celui de Jean Rideau, à moteur Ava. Et celui de Bodin à moteur Poinsard. Jean Boy, devenu chef-pilote adjoint de l’Aéro-club, va également en posséder un.

Et le combat cessa faute de combattants… Après l’été 1936, la section hiverne. Il y a bien du vol à voile mais uniquement à la sous-section de l’aviation populaire, dévoreuse d’énergies. Ceux qui sont accros au vol à voile ont été contraints d’aller voir où les nuages sont plus beaux. Au cours des années d’avant-guerre, plusieurs Tourangeaux ont brillé sous d’autres cieux :

  • Albert Carraz est engagé comme moniteur à La Banne d’Ordanche. Il y obtient le brevet D (il a le C depuis le 8 mars 1937).
  • Gabriel Chollet est à La Banne d’Ordanche pour son brevet C.
  • (Gérard ?) Denis est en stage à Pont-Saint-Vincent où il passe ses brevets B et C.
  • Jean Rideau est en stage à La Banne d’Ordanche où il réussit l’examen technique de moniteur.
  • Bourquin est en stage à Pont-Saint-Vincent.
  • Gustave Réchard devait aller à La Banne d’Ordanche mais les tensions avec l’Allemagne l’ont contraint à rester à Tours en 1938 car il est aviateur militaire.

C’est d’ailleurs à La Banne d’Ordanche, le 13 août 1938, qu’Albert Carraz réussit un vol de 5 heures 10 minutes 1 seconde sur l’Avia 40P n°30.

Puis vint l’aviation populaire

Arrivés au pouvoir, la gauche et Pierre Cot veulent donner le sens de l’air aux jeunes. Le but est de démocratiser l’accès à l’aviation. Ainsi est née l’aviation populaire. Air Touraine, issu de la fusion des aéro-clubs tourangeaux, fait partie des premiers à ouvrir une section. Le vol à voile devient une étape vers le brevet de pilote de tourisme. Le ministère dote la Section d’Aviation Populaire de deux planeurs XI-A et XV-A, en plus des planeurs d’Air Touraine. Le XI A doit permettre de maîtriser l’appareil et de faire des lignes droites (brevet A). Le XV A sert au brevet B.

Le moniteur en chef de la section de vol à voile de la SAP Air Touraine est Jean Anthonioz, ancien pilote militaire, pilote d’avion de tourisme et titulaire des brevets A et B de planeur. C’est un proche de Paul Colin, avec qui il travaille aux Docks du Centre, et de Jean Rideau.

Anthonioz et Durand

En 1934, dans le hangar de l’ACT : Jean Anthonioz et Gaston Durand devant le Caudron Luciole F-ALRE « Tourbillon » du club. (Photo Jean Rideau)

En mai 1937, la SAP a deux sections dédiées au vol à voile. Dans la section E (préparation au brevet A), on trouve une petite trentaine de jeunes. Parmi eux, le futur constructeur d’avions, René Fournier qui se souvient de sa formation sur le XI-A. « On était seul à bord. On recevait les consignes. Et à mesure qu’on progressait, on nous montait plus haut. On allait tout droit puis on amorçait un 180° pour se poser pas très loin d’où on partait. Une fois, je n’ai pas pu virer. Je me suis inquiété lorsque j’ai vu tous ceux qui étaient au treuil se sauver dans toutes les directions. J’ai eu peur de l’emboutir. Je me suis posé à quelques mètres seulement. Une autre fois, j’ai perdu de l’altitude dans un virage. Je voyais le sol qui montait. J’ai redressé et pris tellement de vitesse que j’ai filé jusqu’à ce que je sois arrêté par une haie d’aubépine. »

Dans la section D (préparation au brevet B), on trouve Jean Claveau qui rejoindra les Français libres en partant de Tunis. Il finira la guerre avec le groupe de chasse Ardennes avant une carrière militaire dont le point d’orgue a sans doute été la Patrouille d’Etampes.

On y trouve également Gaston Prouin. Comme bon nombre de jeunes de l’aviation populaire à Tours, Gaston Prouin vient du monde du chemin de fer. Lorsque l’accord parental a été nécessaire pour s’inscrire au 2e degré du brevet de pilote, porte d’entrée vers le brevet miliaire, Jacques Prouin est revenu sur terre. Pas d’autorisation et fin du rêve. Gaston Prouin a conservé ses cours et ses brevets de l’aviation populaire où il se rendait avec ses copains, Breu et Persillon notamment.

Vers le lancement remorqué

Jean Rideau va se lancer à son tour dans la fabrication du planeur, un Minéo M-5, dessiné par Michel Minéo. Ce Minéo sera renforcé et mis en vente début 1939 pour permettre l’achat d’un planeur de performance.

Sous la directeur d’André Malaud, devenu président de la section, et de Jean Rideau, vice-président, le vol à voile tourangeau va retrouver des ailes malgré le drame qui le touche avec le décès d’un jeune du club, le 18 septembre 1938, Maurice Pellerin. Le câble ne s’est pas décroché. Ou il ne l’a pas décroché. Maurice Pellerin avait 19 ans.

Quelques semaines auparavant, Maurice Bodin a séjourné à Etampes-Mondésir sur le terrain du COB, le club de Renault. Il y a effectué son premier lancement remorqué par un avion, un Caudron Luciole. Pour lui, c’est la formule idéale pour les clubs de plaine. L’avenir du vol à voile est là. Une souscription est lancée pour acheter un planeur pour vol remorqué. 13.000 francs sont déjà réunis pour un montant total de 28.000. Mais nous étions en juillet 1939. L’avenir sera pour plus tard. Pour après la guerre. Mais c’est une autre histoire.

Didier Lecoq

Un grand merci à Jean-Michel Rideau qui m’a envoyé les photos de son père et à Gaston Prouin pour son carnet de vol.

Bio express

Paul Colin. Né à Tours en 1909. Moniteur à la section de vol à voile puis à la section d’aviation. Réserviste, il a été mobilisé au GAO 509 de Tours. Sur Breguet 27 au début de la guerre, il a ensuite été transformé sur Potez 63.11. Il a trouvé la mort le 5 juin 1940 en à Campneuseville avec son équipage, abattu par les chasseurs allemands. Il travaillait aux Docks du Centre.

Jean Boy a pris la deuxième place de sa catégorie avec l’Eole, au concours de Vauville. (Collection Aéro-Club de Touraine)

Jean Boy. Né à Tours en 1897. Après avoir été chef-pilote adjoint, il a été exclu d’Air Touraine pour avoir voulu concurrencer le club en proposant des brevets moins chers dans une structure commerciale. Il est ensuite devenu chef pilote de la section d’avion populaire de Reims. Mobilisé en 1939 comme moniteur à l’Ecole élémentaire de pilotage de Poitiers. Entré dans le réseau belge d’évasion de pilotes, Comète, il a été arrêté par la Gestapo et envoyé en camp de concentration de Büchenwald. Il est décédé quelques jours avant la libération du camp de Stanfurt, le 6 avril 1945.

Jean Anthonioz. Né à Montbazon en 1904. Pilote de réserve comme Colin et Boy après un passage par la guerre du Rif. Il a volé sur Breguet 27 en 1939, a été transformé sur bimoteur (Potez 540) en 1940 mais n’a pas eu l’occasion d’effectuer des missions de guerre après son retour au GAO 509 qui ne comptait plus que deux Potez 63.11 et deux équipages, deux étant perdus le 5 juin. Il travaillait aux Docks du Centre. Il est décédé à 101 ans. Il était le père du professeur de médecine tourangeau, Philippe Anthonioz.

Albert Carraz. Il n’arrive en Touraine qu’au début des années 30. Venu tardivement à l’aviation, il s’est intéressé à l’aviation de tourisme, au planeur et a passé son brevet de transport public. C’est la grande figure du vol à voile en Touraine avant et après la guerre. En débordant sur le Loir-et-Cher où il a également été moniteur. Mobilisé à l’École élémentaire de pilotage de Blois-Pezay, il est rentré rapidement dans la Résistance. Embauché comme interprète à la base aérienne, il a fourni les plans de défense de la base à Londres

Jean Rideau. Né à Tours en 1906. Mobilisé au sein GAO 509 avec Colin et Anthonioz. A la libération, il restaure le Caudron C.230 « Le Rescapé », dissimulé à Montlouis chez Nicolas Bouisson. En 1946, la Fédération aéronautique internationale lui attribue l’insigne d’argent de pilote vol à voile (D) avec le n°108. Plus tard, il construit un Bébé Jodel en Afrique du Nord. Il est à Cannes en 1958. René Fournier vient chercher un lieu pour construire son RF-01, à Cannes justement. Il vient de trouver son menuisier. Une autre aventure commence pour les deux Tourangeaux. Décédé le 19 octobre 1975 à Tours, à 69 ans.

Gustave Réchard alias Tatave. Aviateur militaire, il a notamment formé les jeunes de l’aviation populaire au vol à voile lorsque la SAP est devenue la Section d’aviation prémilitaire. Breveté pilote de tourisme à Air Touraine. Il a longtemps œuvré, après avoir quitté l’armée, à l’Aéro-Club de Loudun. Personnage incontournable du club, toujours présent, passionné jusqu’au bout puisqu’il décolle une dernière fois avec un moniteur en décembre 1999. Il reçoit la couronne d’argent, insigne reconnu au niveau international et est décoré de la médaille aéronautique par René Monory. Il est décédé à 102 ans.

Gaston Durand. Né en 1913 au Grand Carroi, à La Riche, où son père était maraicher. Décédé en 2008 à Joué-lès-Tours. Omniprésent à l’Aviation-club de Touraine à partir de 1932, avec son frère Lucien. Officier mécanicien dans l’armée de l’air.

Lucien Durand. Le frère de Gaston. Né en 1915 au Grand Carroi, à La Riche. Employé à la SNCF. Décédé à La Riche en 1989.

Maurice Bodin. Né en 1893 à Villandry où son père était négociant en fruits. Commerçant comme lui. Cheville ouvrière du club, avec Jean Rideau, Paul Colin et Jean Anthonioz.

L’Avia XV-A d’Air Touraine. Avec le béret, Marcel Bodin. Derrière lui la haute silhouette d’Albert Carraz. (Photo Jean Rideau)

Edmond Viel. Né après 1912, il était notamment spécialiste des… moteurs. Brevet A de planeur le 18 septembre 1932. Juste avant la guerre il demeurait avenue du Canal, à Saint-Pierre-des-Corps. Je recherche des renseignements sur lui.

Michel Nadaud. Né à Tours, rue de Paris, en 1915. Son père travaillait aux chemins de fer. Il passe les épreuves du brevet de tourisme à Tours le 1er octobre 1933 (brevet n°2 152), juste après son brevet A de planeur, le 14 mai 1933. Titulaire d’une bourse de pilotage, il rejoint l’école Sardier, à Aulnat (63) le 12 mars 1934. Il obtient son brevet militaire (n°24254) le 17 juillet de la même année puis poursuit son entraînement sur Potez 25 jusqu’en décembre. En janvier, il est nommé à l’escadrille 5 de la 31e escadre où il débute… sur Potez 25. Il quitte Tours pour Marrakech et la 3e escadre du sud-Marocain en 1936 (devenue 63e escadre). Il revient à Tours juste avant la guerre, en juin 1939. Il participe à la guerre en France sur Bloch 200 puis à celle en Syrie sur LéO 45. A la fin de la guerre il est à Kasba Tadla. Pilote réceptionneur au Centre d’essais en vol de Brétigny.

En savoir plus

Sur l’Avia XI-A

Sur le SFVàV Eole

Sur l’Avia XV-A

Sur l’Avia XX-A

Sur le Minéo

A lire

> Le vol de Guy Gagnière en 1949, de Tours à Bordeaux. Lire

> Histoire du vol à voile français par Réginald et Anne Jouhaud, éd. Delton Aviation (1992)

> Les planeurs de l’Avia par Christian Ravel, Bleu Cien éditions (2006).

 

Un nouveau commandant à la base aérienne 705

Sébastien Vallette et Sébastien Mazoyer : passation de pouvoirs. (Photo Luc Bernard / Armée de l’air)

Le colonel Sébastien Vallette a pris le commandement de la base aérienne 705. Il prend la suite du colonel Sébastien Mazoyer qui, après deux ans en Touraine – c’est la durée de vie d’un tel commandement –, rejoint la direction des ressources humaines à Balard, à Paris.

Pilote de chasse – il a notamment commandé l’escadron 1/12 Cambrésis, à Cambrai justement –, il succède à deux colonels issus de la reconnaissance, Cyrille Duvivier (2013 à 2015) et Sébastien Mazoyer (2015 à 2017). Le colonel Duvivier était d’ailleurs présent à la prise de commandement, tout comme le général Pascal Delerce, commandant de la BA 705 de juin 2009 à août 2011.

Issu de la promotion 1993 « Général-Capillon » de L’École de l’air, il aura 45 ans cette année.

Quatre Alpha-Jet ont survolé le défilé alors que Jim, qui fait les présentations d’Alphajet Solo display avec Filou, a effectué son programme en fin de défilé.

Voir le diaporama de Julien Pruvost, sur le site de La Nouvelle République.

La page Facebook de la base aérienne 705

La page Facebook d’Alphajet Solo display

 

 

Le RF-8 inauguré à Angers

François Tulasne nous a quittés

Dans la Nouvelle République du 15 juillet 1950.

Tous ceux qui se sont intéressés au Normandie-Niemen ont un jour croisé sa route et celle de ses archives. Mais pas seulement. Fils de Jean Tulasne (MPF), petit-fils de François Tulasne (MSAC), petit neveu du général Joseph Tulasne, François n’avait pas fait son service militaire dans l’armée de l’air, expliquant qu’avec un nom comme le sien cela n’aurait pas fait sérieux. Curieux de tout, plein d’humour, parfait camarade, François était toujours prêt à nous aider dans nos recherches, et le premier à se réjouir de ce qu’on avait écrit. Il était admiratif du culte que les Russes portaient au pilote du Normandie-Niemen en général, à son père en particulier et s’efforçait d’entretenir l’amitié entre les deux pays. François Tulasne est décédé samedi. Ses obsèques religieuses seront célébrées vendredi 18 août en l’église Sainte-Thérèse, à Nantes (10 h) où il demeurait.

Didier Lecoq

 

Eugene James Bullard, brevet n°6.259, à Tours

Eugene Bullard

Eugene Bullard lorsqu’il était au 170e régiment d’infanterie, après s’être engagé dans la Légion.

Après deux années à combattre avec l’infanterie française, Eugene Bullard a rejoint l’aviation. C’est à Tours qu’il a obtenu son macaron de pilote.

Le 14 Juillet a été l’occasion de commémorer le centenaire de l’entrée en guerre des États-Unis. La fête nationale a également été l’occasion de se souvenir du premier pilote noir américain, Eugene James Bullard. C’était sur Caudron G3, le 5 mai 1917, et c’était à Tours. Ils n’étaient que deux à obtenir leur brevet de pilote militaire ce jour-là : lui et Jacques Thabaud-Deshoulières, né dans l’usine familiale de la Grande Bretèche, en bas de la Tranchée. Le capitaine Jean Mortureux (de Faudouas) avait dirigé l’école jusqu’en avril. Son successeur, le capitaine Olivier de Villepin n’était pas encore arrivé. Le chef pilote était sans doute le lieutenant Georges Gayral.

D’origine antillaise par son grand-père qui était esclave, il avait fuit les États-Unis et la ségrégation alors qu’il n’était qu’adolescent, multipliant les petits boulots – garçon d’écurie, jockey – pour espérer se rapprocher du pays qui ne le jugerait pas en raison de la couleur de sa peau, la France. C’est comme boxeur qu’il a fini pour rejoindre sa terre promise. A 19 ans, il veut participer à la guerre dans l’armée française. Il s’engage, comme tout étranger, dans la Légion.

Après deux blessures et deux citations, inapte pour l’infanterie, il demande à passer dans l’aviation. Après un stage de mitrailleur à Cazaux, il est accepté comme élève-pilote. Passage à Dijon en décembre 1916 pour la formation théorique, puis Tours pour sa formation de pilote sur Caudron G3. S’ensuit le circuit habituel après son brevet, Châteauroux puis Avord.  Après un passage au GDE, il est affecté à l’escadrille N93 où il arrive le 27 août 1917. Moins d’un mois plus tard, il est à la N85, le 13 septembre 1917. Qu’il quittera le 16 novembre 1917, finissant la guerre en retrouvant le 170e régiment d’infanterie.

A Tours, le portrait d’Eugene Bullard figure sur la dérive de l’Alpha-Jet aux couleurs de la Spa 85 à laquelle il a appartenu. Un juste retour des choses. (Photo Armée de l’Air)

Après la guerre, il s’est consacré au music-hall, en France. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s’est de nouveau engagé sous les couleurs françaises. Blessé en 1940 au Blanc, dans l’Indre, il est évacué, d’abord vers l’Espagne puis les États-Unis. Il devient alors un ardent propagandiste de la France Libre. La France n’a pas oublié Eugene Bullard. Il est invité pour ranimer la Flamme sous l’Arc de triomphe puis est fait chevalier de la Légion d’honneur, deux ans avant sa mort en 1961 à New York.

Le 5 mai 1917, Eugene Bullard a donc obtenu son macaron de pilote. Quelques semaines plus tard débarquaient les premiers élèves américains, des élèves pilotes de l’US Navy dont le quartier-maître Thomas W. Barrett qui sera le premier marin US à trouver la mort lors de cette guerre, le 28 juin 1917. Le 28 septembre, un autre Américain y obtient son macaron de pilote, Edward V. Rickenbaker qui sera l’as américain de la guerre avec 26 victoires. Début novembre, l’école d’aviation de Tours devenait américaine.

En 1944, les élèves français ont fait le chemin inverse. Ils sont allés aux États-Unis pour y être formés. Mais les rares élèves noirs n’ont pas eu droit aux mêmes écoles que les élèves blancs.

Eugene Bullard

La fiche d’Eugene Bullard du le site Mémoire des Hommes. Il avait alors triché sur son âge, déclarant être né au 1894 au lieu de 1895.

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En savoir plus sur Wikipedia

Quand, en 1915, un pilote vend son avion à l’armée

Maxime Lenoir et son Back Jumper, lors d’un meeting en 1914. (coll. didier Lecoq)

Certes, le titre donne un peu dans le sensationnel. Mais il ne devait pas être courant, en 1915, qu’un pilote vende un avion à l’armée. Les réquisitions ont été beaucoup plus fréquentes en 1939 avec de nombreux avions d’aéro-clubs ou de particuliers qui ont été enrôlés, pour les écoles de pilotage ou pour devenir des avions de liaison. Avec tous les aléas que cela comportait : difficultés de maintenance mais aussi, pour les moniteurs, il fallait s’adapter à des avions civils beaucoup moins puissants que les avions militaires.

En 1915, le pilote de l’escadrille C 18 qui cède, pour 12.000 F (1) son Blériot « en état d’usage », n’est autre que Maxime Lenoir. Il s’agit du Back Jumper qu’il avait acheté fin 1913, son brevet en poche, et avec lequel il avait participé à des meetings, donc celui d’Amboise avant le début de la guerre. L’avion est alors destiné à l’école de Pau où sont formés les pilotes, école qui se spécialisera, sous houlette de René Simon (2), dans l’acrobatie et la formation des chasseurs. Ce document, entre l’armée et Maxime Lenoir, vient du Centre des archives économiques et financières (le CAEF) qui dépend du ministère de l’Économie et des Finances.

Le CAEF a mis en ligne la liste des contrats à cette adresse : les marchés publics en 14-18

Le document concernant Maxime Lenoir y figure sous la cote B-0029772.

M-LENOIR
Notes

(1) 12.000 francs 1915 donneraient 32.000 euros en 2015.

(2) René Simon, ancien compagnon de Roland Garros dans le Cirque Moisant aux États-Unis, sur Blériot XI, avant la guerre, est venu à Tours après la guerre où il s’est d’ailleurs marié en 1921. Pilote oublié créateur du Top Gun bien avant l’heure.

Le Presse, du 20 février 1914. (Source Gallica)

Les planeurs de l’Aéro-club de Touraine sur cicilc.fr

Ce petit film de Maurice Auclair, le quincaillier du haut de la Tranchée, qui a consacré beaucoup de temps et de pellicule à l’aviation, est un peu déroutant. Il semble nous emmener vers Château-Renault pour l’aérodrome de Blois-Vendôme. En fait, il n’en est rien. Dès le premier avion, on voit bien qu’on est sur le terrain de la base aérienne de Tours, au temps de la 30e escadre, en 1960. On y voit notamment un MS.472 Vanneau de l’unité de réservistes CER 311 (avec l’insigne qu’on peut mieux voir sur le site Traditions Air d’Henri Guyot), des Dassault Flamant, un Meteor NF.11 en vol. Mais ce film est surtout consacré aux planeurs de l’Aéro-Club de Touraine. On ne peut pas manquer la grande silhouette d’Albert Carraz.
Encore une pépite de ciclic.fr.

     

Louis Geoffroy a eu 100 ans

Louis Geoffroy est sans doute l’un des plus anciens pilotes de tourisme brevetés. Il est né le 4 mai 1917, à Lizant dans la Vienne. Il a donc fêté ses 100 ans, début mai, à Sainte-Gemmes-sur-loire, en Anjou, où il réside.

Louis Geoffroy

Brevet n°12.770.

Louis Geoffroy a obtenu son brevet de pilote de tourisme le 25 octobre 1938, à Tours (n°12.770). Il vivait alors à Saint-Cyr-sur-Loire. Issu du monde agricole – domestique de ferme –, c’est l’aviation populaire qui lui a permis de vivre son rêve. Le journal Ouest France, sous la plume de Benoît Robert, lui a consacré un article dans son édition du vendredi 12 mai (lire l’article). Louis Geoffroy a fait partie des premiers élèves de la Section d’aviation populaire de Tours à obtenir leur brevet. Ils étaient plusieurs de la SAP Air-Touraine, à voir leur 1er degré homologué ce 25 octobre 1938 : Eugène Bois (12.765) et Pierre Moreau (12.766). Louis Geoffroy aurait pu faire comme Albert Bouguereau (sur Albert Bouguereau), breveté l’année précédente, qui s’est engagé, a passé son brevet militaire puis a terminé sa formation juste à temps pour combattre au sein de la 51e escadre de Tours.

Louis Geoffroy a plutôt choisi l’option courte, est devenu mitrailleur, comme Jean Desneux (breveté le 28 octobre 1937). Tous les deux se sont retrouvés à la 31e escadre de Tours et ont participé ensemble aux bombardements sur LéO 451 contre les colonnes blindées allemandes en mai 1940, du côté de Montcornet ou Roye. Derrière leur canon HS-404 et son tambour de 60 obus… Abattu, Jean Desneux y a laissé sa santé et sa vie puisqu’il est décédé en 1946 à Tours des suites de ses blessures. D’autres de la SAP Air-Touraine, arrivés plus tard, sont arrivés trop tard pour la bataille de France. Jean Claveau (breveté le 15 novembre 1938) a rejoint les Forces aériennes françaises libres en 1942 pour combattre en 1944 au sein du groupe de chasse 3/3 Ardennes ; Louis Mangeant a été formé aux États-Unis, lui aussi a combattu en 1944-1945, avec le GC 2/6 Roussillon. Jean Besse et Ellis Boutin, brevetés militaires mais démobilisés en 1940, ont combattu bien plus tard, lors de la guerre d’Algérie.

 

Du terrain d’aviation de Chargé au fil d’Ariane

Créé pour desservir les services du ministère de l’Air en 1939, le terrain de Chargé a servi à l’école des moniteurs de Tours après la guerre avant d’accueillir une des stations Decca chargées de guider les avions de ligne (1953). L’ancêtre du GPS.

Dès le début de l’aviation, les aviateurs ont eu un faible pour les châteaux. La panne de château a longtemps fait partie de leur imaginaire. Pas sans raison. Venir se poser près d’un château était l’assurance de trouver une bonne pelouse pour l’aéroplane, des hôtes pour le gîte et le couvert, et un téléphone pour demander aux mécaniciens de venir (pas trop vite). Sans oublier l’admiration et l’envie de toute la maisonnée au moment de l’envol. Lors des années 30, la panne de château n’étant plus qu’un lointain souvenir, ce sont les bruits de botte qui ont rapproché les aviateurs et les châteaux de Touraine.

L’ancien terrain se situe en lisière du bois, au-dessus de la Girardière, jusqu’à la Boitardière. Amboise est à droite de la carte postale. La Loire est derrière le photographe.

En octobre 1938, le général commandant les forces aériennes en Touraine, reçoit de l’état-major de l’armée de l’air un document estampillé « Secret » relatif aux immeubles réquisitionnés en cas de déclaration de guerre. Y figurent le château de Fontenailles (1), destiné à l’inspection technique, et le château d’Amboise, notamment pour le service historique de l’armée de l’air. Dès avril 1939, l’administration centrale sait que l’Indre-et-Loire accueillera un échelon gouvernemental lourd : ELOGA. Cela restera le nom de guerre du dispositif amboisien.

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Aéroplane de Touraine vous souhaite une

2017_bonne_anneeDidier Lecoq

Chargé a rendu hommage à Maxime Lenoir

Si on devait ne retenir que deux temps forts de la magnifique journée d’hommages à Maxime Lenoir, enfant de la commune, à l’occasion des cérémonies du 11 Novembre, ce serait d’abord la joie des enfants qui ont chanté la Marseillaise au monument aux morts puis sur le perron de la mairie face à leur école qui depuis quelques minutes portait le nom d’un de ses anciens élèves, Maxime Lenoir. C’était l’aboutissement, pour eux, d’un long travail pédagogique illustré par l’exposition salle Julia Daudet, sous la direction de leur institutrice.

C’est ensuite les applaudissements spontanés après le passage des trois Alpha-Jet de l’école de chasse de Tours (ils sont passés deux fois), symboles d’un investissement précieux de la base aérienne et de l’armée de l’air pour fêter l’un des siens disparu voici 100 ans à Verdun. Présence lors de la cérémonie au monument aux morts avec un piquet d’honneur, présence d’aviateurs en uniforme devant la grille de l’école, présence d’une cabine de Jaguar dans laquelle les enfants ont pu grimper, jusqu’à la conférence-débat du lieutenant-colonel Romain Béthoux, commandant de l’école de chasse de Tours et ancien leader de la Patrouille de France. Et ils étaient nombreux, les anciens de l’armée de l’air, présents autour de la famille dans la salle Mangeant pour la conférence sur Maxime Lenoir.

Didier Lecoq

 

En savoir plus

100 villes, 100 héros, 100 drapeaux, en 2014 Maxime lenoir choisi pour la Touraine pour la commémoration de 1914

A lire

La Guerre aérienne illustrée, sur Gallica. A partir du numéro du 29 mars jusqu’à celui du 3 mai 1917, Jacques Mortane rend hommage à Maxime Lenoir.

Christophe Cony a publié une longue biographie de Maxime Lenoir sur les numéros de septembre-octobre et novembre-décembre de la La revue Avions.

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Le sacrifice du GAO 509, de Tours à Alger

Le GAO 509 a perpétué le lien fort entre Tours et l’observation. Créé en 1938, il a compté dans ses rangs plusieurs réservistes de l’Aéro-Club de Touraine : Marcel Lévy, Jean Anthonioz, Jean Rideau et Paul Colin, abattu en juin 1940 par la chasse allemande.

Tours a longtemps compté quatre escadrilles d’observation et deux de reconnaissance au sein du 31e régiment d’aviation. Entre 1930 et 1933, il y avait même huit escadrilles (quatre d’observation, quatre de reconnaissance) après le départ des forces françaises de la partie allemande occupée. Ce régiment travaillait au profit des 9e (Tours), 10e et 11e corps d’armée et, plus particulièrement, pour l’école d’infanterie de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), l’école d’artillerie de Poitiers (Vienne) et l’école de cavalerie de Saumur (Maine-et-Loire).

Les éuquipages du GAO 508

Au moment du départ de la Lorraine vers la Somme, le 31 mai 1940. Debout, de gauche à droite : Giron (pilote), Desprez (mitrailleurs), Berthet (observateur), Tronyo (commandant du GAO), Colin (pil.), Demesmay (mit.), Rideau (mécanicien), Boudinier (obs.); accroupis, Corneille (pil.), Guillerme (obs.), O’Kelly (pil. commandant l’escadrille), Blanchet (mit.)

Changement de donne avant la guerre. Les huit escadrilles de Tours sont devenues des escadrilles de bombardement. Si dans l’armée de l’air, la reconnaissance (dans la profondeur) est restée l’apanage d’unités spécialisées, l’observation, au plus près des lignes et des unités, a été confiée à des unités dites de collaboration avec les unités terrestres.

Ainsi sont nés, dans la continuité des centres aériens régionaux chargés d’entraîner les réservistes, les groupes aériens régionaux (GAR). Lire la suite de cette entrée »