Alpha Jet Solo Display : the end
L’information a été donnée sur le (très beau) site d’Alpha Jet Solo Display. Elle a été diffusée par Damien Defever sur le forum de Delta reflex. « Compte tenu des contraintes rencontrées (…) et de la nécessité de maitriser l’activité de formation du personnel navigant, (…) l’armée de l’air a décidé l’arrêt de la présentation technique de l’Alphajet ».
L’Alphajet sera encore présent, mais en statique. Après la « dématérialisation » d’Alpha 705, c’est une autre fenêtre sur l’armée de l’air à Tours qui se ferme.
Le coq de Georges Boutin à Pierre Souvent
« Après l’armistice, des considérations d’ordre général, firent supprimer entièrement les anciens numéros des escadrilles françaises et de leurs groupes. Adieu la célèbre escadrille 3 ! Adieu l’escadrille 71… Où sont leurs fanions aujourd’hui », regrettait amèrement le commandant Marcel Jauneaud en 1923 (1). A l’heure où les traditions (de l’air) se perdent presque aussi vite qu’en 1919, petit coup de projecteur sur un insigne que je trouve – personnellement – très réussi…
Si d’autres ont choisi une cigogne, un hérisson, un pélican, une croix de Lorraine, un fer à cheval, etc., l’escadrille N 62 – puis Spa 62 – a opté pour un coq. Pas n’importe lequel : celui des pièces de monnaie, un coq chantant, de profil tel qu’on peut encore en voir au sommet des clochers. C’est un dessinateur de l’escadrille, le sergent Georges Boutin qui a « relooké » l’insigne, pour lui donner un aspect beaucoup plus combatif (2). C’est ce coq que l’escadrille a conservé. Georges Boutin est né à Tours, le 1er février 1879. Il a effectué son service militaire au début du 20e siècle, dans le régiment chéri des Tourangeaux : le Six-Six (66e RI). Mais c’est au 70e régiment d’infanterie territorial qu’il a été mobilisé, avant de rejoindre cette escadrille en septembre 1916. Georges Boutin était architecte de profession, à Paris.

Le coq de la N 62, dessiné en novembre 1916, par Georges Boutin pour Pierre Souvent. (collection Jacqueline Charron) (3)
Le dessin, daté de novembre 1916, a été dédicacé à un autre Tourangeau – né aux Montils, en Loir-et-Cher– Pierre Souvent. Mitrailleur à l’escadrille Spa 62, Pierre Souvent était négociant en grains à Tours – « la graineterie des gares » était tenue par sa mère – 26, rue de Bordeaux. Il est devenu pilote en 1918, dans la chasse d’abord – à la Spa 84 – puis dans le bombardement, au GB 3 : Br 126 en juin-juillet 1918 puis Br 128 jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Après la guerre, Pierre Souvent a fait partie des anciens aviateurs tourangeaux de la Grande Guerre qui ont fondé l’Aviation-Club de Touraine dont il a été président en 1925. L’ACT a formé en 1935 Air Touraine, avec l’Aéro-Club de Touraine et les Ailes de Touraine, après bien des vicissitudes. Pierre Souvent a été codirecteur de la Société d’alimentation animale de Touraine. Il est décédé en 1969.
L’escadrille Spa 62 existe toujours. Elle appartient à l’escadron de chasse 1.3 Navarre qui se trouve sur la base aérienne de Nancy-Ochey. Elle vole sur Mirange 2000 D. Le coq ainsi dessiné par Georges Boutin est multicolore. Sur les avions, il a été peint en noir. Un clin d’œil bien avant l’heure à la « Dame noir », la géline de Touraine.
Didier Lecoq
(1) Marcel Jauneaud, dans « L’Aviation militaire et la Guerre aérienne », éditions Flammarion. Marcel Jauneaud a commandé le 31e RAO et la base de Tours.
(2) La fiche de Georges Boutin sur Mémoire des hommes. Lire
(3) Merci aux membres de cette famille et notamment à la fille de Jacqueline Charron et aux enfants de Jacques Charron pour me l’avoir communiqué. D.L.
(4) La fiche de Pierre Souvent sur Mémoire des hommes. Lire

De gauche à droite : Paul Colin, Pierre Souvent, Robert Dangoise, Jean Anthonioz et Maurice Bodin devant le Luciole F-ALRE. (Archives Aéro-Club de Touraine)
Liens
A voir également, la page consacrée à la Spa62 sur le site d’Albin Denis. Lire
Le voyage à Prague du général et du député
En 1928, l’aviation tchèque invite le général Pujo à Prague. Celui-ci désigne le 31e régiment de Tours pour l’accompagner. C’est la 14e escadrille (C 56) qui est retenue.
Le 18 juin 1928, six Potez 25 quittent Tours, sous les ordres de Paul Canonne, commandant le groupe d’observation n°4 auquel la 14e escadrille appartient. Ce voyage n’a rien d’un exploit sportif. Il s’agit de répondre à l’invitation amicale adressée par les aviateurs tchèques au général Pujo, directeur de l’aéronautique militaire et ancien commandant de la 9e brigade de Tours.
Un voyage sans histoires si ce n’est quelques bourrasques de pluie qui contraignent les Potez 25 à une escale non prévue, à Nuremberg (Allemagne), où les aviateurs français ont pu remarquer « la belle ordonnance des hangars, l’autorité du starter, l’uniforme brillant des policiers et même… la propreté des mécaniciens » !
Les avions qui ont un Tourangeau pour nom de baptême (2)
C’est surtout après la Seconde Guerre mondiale que des avions ont reçu des noms de baptême. Il s’agissait d’honorer des membres de l’Aéro-Club qui ont trouvé la mort pendant le guerre. Cela concerne au moins quatre avions, de modèles différents. Et quatre pilotes : Paul Colin, Jean Tulasne, Paul Chocheprat et sans doute Jean Boy.
Le premier volet était consacré au MS-315 « Paul Colin ». La page est à lire ici. Deuxième volet, Jean Tulasne, le commandant de l’escadrille Normandie en Russie, après avoir dirigé l’Alsace.
Didier Lecoq
Piper J3 C65 Cub F-BDTO « Commandant Jean-Louis Tulasne »
Après la promotion 1944 de pilotes, à Châteauroux, le commandant Tulasne a donné son nom à un Piper Cub, le F-BDTO, n°12.223. Contrairement à ce qui est écrit sur le capot moteur de l’avion, le commandant Tulasne ne se prénommait pas Jean-Louis mais Jean, seulement, Louis étant son second prénom.
Le F-BDTO est actuellement en Suisse où il est immatriculé HB-OXY. Selon le registre des immatriculations suisses, il appartient à Frédéric Chapuis, près de Lausanne. Une photo, qui a bientôt trente ans, le montre sous les couleurs helvétiques. Le F-BDTO sur Air Britain
La Semaine de Touraine 1910
L’article sur la Semaine de Touraine en 1910, a été mis à jour. Ont été rajoutés :
– le programme du meeting
– l’affiche de Leduc
– de nombreuses photos sur la Semaine éditées par ND Phot ont été ajoutées à la liste
Radiographie de la base aérienne de Tours en 1939
Été 1939, la guerre approche. Pour beaucoup, c’est une certitude. Les accords de Munich, l’année précédente, ont été un coup de semonce. L’armée française a pris conscience de son retard, notamment l’armée de l’air. Pour la base aérienne de Tours, manœuvres et inspections se succèdent. Les rapports de ceux qui sont chargés de prendre son pouls montrent ce qu’était la base à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. État des lieux.
De Tours à Bordeaux en planeur, en 1949
L’Aéro-Club de Touraine n’a pas attendu longtemps après la fin de la guerre pour obtenir le prêt d’un planeur. Un C-800 est arrivé le 21 décembre 1945. Sous l’impulsion d’Albert Carraz, la section vol à voile va rapidement se développer. Quelques années et quelques planeurs plus tard, un jeune du club illustre bien cette vitalité. Récit.
En août 1949, Guy Gagnière, qui demeure rue d’Entraigues, à Tours, est un jeune vélivole mais n’est pas un débutant. Il possède déjà ses brevets de pilote d’avion 1er degré (octobre 1947) et 2e degré (janvier 1948, quelques jours avant ses 18 ans). Côté vol à voile, il a déjà effectué une sortie à haute altitude, sur un Nord 2000, le 24 juillet, atteignant 3.156 m. Le mois suivant, il relie Tours à Bordeaux, toujours sur le Nord 2000 de l’Aéro-Club de Touraine. Il en a fait le récit dans la Nouvelle République du 5 septembre 1949 :
Un nouveau commandant à la base aérienne de Tours
Le 1er septembre, le colonel Bernard Lebrun a succédé au colonel Pascal Delerce à la tête de la base aérienne 705. C’est l’occasion de passer en revue les commandants de base qui se sont succédé à Tours. Une tentative qui n’est pas exhaustive tant les périodes avant et après-guerre sont peu documentées.
La base aérienne de Tours a été créée le 1er janvier 1934, au moment de la transformation des deux régiments présents à Tours – 2e de chasse et 31e d’observation – en escadres. A cette date, le lieutenant-colonel de Castel, commandant le 31e par intérim, est nommé à la tête de la nouvelle 31e demi-brigade qui chapeaute les 2e et 31e escadres et la base aérienne 131.
La base aérienne change de nom le 1er juillet 1936 pour devenir «base aérienne 109 » (décision ministérielle du 14 mai 1936). Pas pour longtemps car elle change rétroactivement d’appellation le 15 octobre 1936 pour prendre officiellement le nom de « base aérienne de Tours » (décision ministérielle du 22 octobre 1936), nom qu’elle conservera officiellement jusqu’à l’occupation allemande.
Rodolphe Soreau, un scientifique au service de l’aviation
Il y a ceux qui ont construit des avions. Il y a ceux, plus nombreux, qui les ont fait voler. Et il y a ceux, beaucoup plus rares, dont les études ont permis à d’autres de voler. Rodolphe Soreau est de ceux-là. Comme scientifique mais aussi comme dirigeant, il a contribué à l’essor de l’aviation.

A Chartres, en 1914, Rodolphe Soreau (à droite) examine le Paul-Schmitt. (Photo Meurisse, BNF Gallica)
Rodophe Soreau est né à deux pas d’Amboise, à Nazelles, le 4 février 1865. Polytechnicien, ingénieur libéral, il s’est fait connaître grâce à ses travaux qui seront publiés en 1901 puis approfondis en 1921 sous le titre « Nomographie ou traité des abaques ». Les abaques sont des représentations graphiques qui permettaient de faire des calculs. Ils ont été longtemps utilisés par les ingénieurs.
Rodolphe Soreau a multiplié études et articles sur les ballons, les dirigeables puis les avions, devenant l’expert scientifique des pionniers. Comme dirigeant, il a fait partie, dans le sillage de son ami, Henry Deutsch de la Meurthe, des fondateurs de l’Aéro-Club de France en 1898. Vice-président de l’AeCF, Rodolphe Soreau a présidé la commission scientifique, la commission d’aérostation puis la commission d’aviation. Président d’honneur de l’AeCF, il a également reçu la Grande Médaille d’or de l’Aéro-club.
Rodolphe Soreau a enseigné à l’école nationale de l’aéronautique. Il a également tenu la chaire de navigation aérienne au CNAM (Arts et manufactures). Il est décédé le 4 mai 1935.
Le roi Ago dévoile une MV Agusta « 50 ans à Tours »
MV Agusta, la marque italienne de motos a renouvelé l’expérience de la série limitée avec la F4 aux couleurs de l’escadrille de voltige italienne, « Frecce Tricolori ». Cette fois, c’est une F4 aux couleurs des 50 ans de l’école de chasse à Tours que le tout aussi légendaire Giacomo Agostini – quinze fois champion du monde de vitesse – a présenté à la base aérienne de Tours. La moto est décorée comme l’a été un Alphajet, spécialement pour cet anniversaire. Un moment exceptionnel pour ceux qui aiment la moto et « Ago ».

La MV Agusta F4 aux couleurs des 50 ans de l'école d'aviation de chasse à Tours (Photo Raphaël Chambriard)
Lire l’article de Raphaël Chambriard et voir le diaporama sur le site de la Nouvelle République
Pour voir la MV Agusta F4 aux couleurs des Frecce Tricolori
L’Ecole de chasse s’expose à l’hôtel de ville de Tours
Une exposition, créée par le Centre de recherche de l’armée de l’air (CREA) et les archives municipales de Tours, retrace l’histoire de cette école qui fête ses cinquante ans de présence en Touraine. Cette exposition se tient dans le péristyle de l’hôtel de ville de Tours jusqu’au 24 juin.






