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31e escadre de bombardement

Équipages dans la tourmente

Le site de Vincent Lemaire sur la 31e escadre, de 1937 à 1942.

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Les commandants de l’École de chasse

Petit inventaire des commandants de l’École de l’aviation de chasse. Sur les tableaux qui se trouvent dans les locaux de l’École, à Tours, la liste commence à Meknès. Peut-être y a-t-il eu un autre commandant en 1943, à Marrakech, avant Saint-Albin. Dans cette liste manque le lieutenant-colonel Tomy Papin, fin 1944. Et un ou deux noms écorchés.

La carte de vœux 1959 de l’École de chasse. Il manque un « L » à Martel. (Didier Lecoq)

En avril 1943 est créée à Marrakech, au Maroc, une section « chasse » constituée d’une seule escadrille sur Curtiss H-75 A, déjà vétérans de la guerre. En juillet une seconde escadrille voit le jour avec les Dewoitine D.520 du groupe de chasse 3/6 qui a été rééquipé en matériel américain. Une troisième escadrille suit, toujours à Marrakech, sur A.24 Dauntless. A la fin de l’année, ce qui n’est pas encore l’École de chasse est transférée à Meknès, le terrain de Marrakech étant surchargé. Le 10 janvier 1944, les trois escadrilles mais aussi tout un inventaire d’avions militaires déménage à Meknès avec le lieutenant-colonel de Saint-Albin à sa tête. Bios express des commandants de l’École de chasse. Sans s’étendre sur ceux dont la carrière est encore en cours.

Didier Lecoq

A Meknès (1944-1961)

Lieutenant-colonel Gaston Raguenet de Saint-Albin (1944-1944). Né en 1901 à Saint-Cyr-en-Val (Loiret) où sa famille – des raffineurs de sucre – possédait le château de Reyville. 107e Promotion de Saint-Cyr 1920-1922. 3e régiment de chasse de Châteauroux. 8e escadre de chasse en 1936. Commandant du GC 1/4 de la mi-mai à la mi-juin 1940. Décédé en 2002, à Saint-Cyr-en-Val.

Tomy Papin

Tomy Papin
(Dessin Charles Bossu)

Colonel Tomy Papin Labazordière Ruillier Beaufond (1944-1944). Tomy Papin était d’abord un technicien. Ingénieur des Arts et manufactures, il a ensuite été diplômé de l’École supérieure de l’aéronautique, promotion 1930. Profitant de la préparation militaire spéciale (PMS), il s’est engagé puis est devenu pilote. Dans la reconnaissance notamment, chef de la 2e escadrille du GR I/33 ; puis dans la chasse, à la tête de la 3e escadrille du GC II/7. Sur MS.406 puis sur Dewoitine D.520, il obtient 7 victoires homologuées et 2 probables. Après le débarquement en Afrique du Nord, il reprend le combat à la tête du GC 2/7 puis de la 1re escadre de chasse qu’il commande. Il quitte son commandement après une algarade avec un général américain à propos des attaques anti-navires au large des côtes italiennes qu’il jugeait inutiles et dangereuses, selon Marguette Bouvier (1), de la revue L’Air qui l’a rencontré à Friedrichshafen en octobre 1945. Il est affecté au Centre instruction chasse (CIC) de Meknès le 11 juin 1944 mais ne doit pas y arriver avant juillet. En novembre, après la mort de Monraisse, il reprend le commandement de l’escadre de chasse n°1 qu’il retrouve à Luxeuil à la fin de l’année. Le lieutenant-colonel Tomy Papin a trouvé la mort , le 1er février 1946. Il a percuté la mer aux commandes de son Spitfire lors de l’attaque d’une jonque sur la côte Est de la Cochinchine.

L’article sur le lieutenant-colonel Papin dans L’Air du 5 novembre 1945 > Lire

Second article sur le lieutenant-colonel Papin dans L’Air du 5 septembre 1946 > Lire

Commandant Raymond Destaillac (1944-1945). Né en 1905. École militaire de l’air 1928. Il a participé au meeting de Zürich en 1937 à la tête de neuf Dewoitine D.501. De quoi impressionner au moment où était présenté le Messerschmitt Bf109. Adjoint au commandant du GC 2/5 en 1939.  2 victoires sûres et 2 probables . En 1942, il a pris le commandement du GC 3/6. Dans les années 60, devenu général de brigade, il a commandé la zone de défense aérienne en Algérie. Décédé en 1972.

Lieutenant-colonel Yves Ezanno (1945-1948). C’est une des grandes figures françaises de l’aviation de la Seconde Guerre mondiale. Né en 1915, Yves Ezanno a d’abord fait du droit avec un doctorat et une carrière d’avocat qui s’ouvrait devant lui. Mais à l’issue de la préparation militaire spéciale (PMS), il choisit de s’engager. Il fait partie de la promotion 1939 de l’École militaire de l’air. Il a été le parrain de la promotion 1996, année de son décès. Breveté pilote en 1939, il est à l’école de pilotage 101 comme instructeur au début de la guerre. Déplacée à Royan, c’est de là qu’il s’envole sur Caudron Simoun avec plusieurs de ses camarades de l’école, le 17 juin 1940, pour l’Angleterre. Il sera fait Compagnon de la Libération. Dans le bombardement (GMC 1, Lorraine) comme dans la chasse (Alsace), il accumule des missions en Afrique. En Angleterre, il commande même le 198 Squadron de la RAF sur Hawker Typhoon Ib, en 1944. Abattu et blessé au-dessus de la Belgique en novembre, il lui faut plusieurs mois pour récupérer. En juin 1945, il est nommé à la tête de l’École de chasse de Meknès avant de devenir inspecteur de la chasse en 1949. Il occupera de nombreux postes ensuite. Général de corps aérien en 1962, il devient commandant de la Défense aérienne, à Taverny, deux ans plus tard. Il quitte l’armée de l’air en 1967 avec 5.200 heures de vol et 412 missions de guerre. Il décède le 20 octobre 1996 à Nice.

Le portrait d’Yves Ezanno sur le site des compagnons de la Libération. > Lire

Yves Ezanno, en 1941, devant un Caudron Simoun des FAFL.
(Origine François Tulasne)

Lieutenant-colonel Henri Hoarau de la Source (1948-1949). Né en 1910 au Quesnoy (Nord). Commandant de la 5e escadrille du GC 2/7 en 1943-1944 puis du groupe. Sur la tableau des commandants, à l’École de chasse, il manque le O de Hoarau.

Commandant Gabriel Gauthier (1949-1950). Il était avec Hoarau de la Source au GC 2/7. Né en 1916, il était de la promotion de l’École de l’air 1926 « Capitaine Astier de Villate ». Grièvement blessé en décembre 1939 lors de la deuxième de ses neuf victoires. Commandant la 4e escadrille du GC 2/7, sur Spitfire. Après la guerre, il commande notamment la 2e escadre de chasse à Dijon et l’École de l’air. Chef d’état-major de l’armée de l’air en décembre 1968.

Sur le site de Henri Guyot, Traditions Air. > Lire

Sur Aérostories. > Lire

Yves Rupied

Yves Rupied.
(Dessin Charles Bossu)

Commandant Yves Rupied (1950-1951). Tout pilote de chasse est censé le connaître. C’est le Brigadier dans « Chasseurs, mes frères » de Marc Lissy (Marcelin Labas). Il commandait alors la 1re escadrille du GC 3/6 (Spa 89, le Masque africain). Né en 1917, son père était général de cavalerie.  Promotion 1937 (Commandant Mézergues) de l’École de l’air. Abattu le 12 mai 1940 alors qu’il était détaché au GC 3/2 il saute en parachute pour la deuxième fois (il a déjà été abattu le 31 mars). Si on y ajoute un atterrissage forcé le 15 juin 1940, le sous-lieutenant Rupied a eu de la chance de s’en sortir… Il a terminé sa carrière général de brigade.

Commandant Victor Tanguy (1951-1953). Né le 6 juillet 1915 à Plougastel-Daoulas (Finistère), Victor Tanguy a fait partie de la promotion 1939 de l’École militaire de l’air (avec Yves Ezanno). Il est le parrain de la promotion 2001 de l’EMA. Il a obtenu deux victoires sur Bloch 152 au sein du GC 1/8 (escadrille 3C2, le Trident ailé). Après un passage en Afrique du Nord, il rejoint l’Angleterre avec le groupe 1/2 Cigognes. En décembre 1944 il commande l’escadrille Strasbourg du Squadron 341 Alsace. Le 14 novembre 1951 à Meknès, il est aux commandes du T-33 A (c/n 50433) immatriculé TR433 avec le major américain Barrett. Première sortie, premier atterrissage sur un T-33 et premier accident. Il est gravement blessé six ans plus tard (le 7 novembre 1957), dans les Aurès, dans l’accident d’un MH-152 Broussard de l’ELO 03.045. Il est général de brigade au moment de la retraite. Il est décédé en 1997.

Commandant Jean-Marie Vauchy (1953-1955). École de l’air 1938. Engagé dans la Résistance au sein du maquis du Haut-Jura puis en Haute-Garonne. Commandant en second du groupe de chasse 1/5 Vendée en Indochine. Il a écrit un article dans la revue Icare (n°153), « Aviateurs dans la Résistance » sur son expérience au sein des maquis du Haut-Jura et de Haute-Garonne. Décédé en 2006.

Commandant Maurice Avon (1955-1957). Il venait de passer deux années à la tête de la 7e escadre lorsqu’il est venu à Tours. Il a également commandé la base de Metz-Frescaty (1960-1962).

Commandant Georges Rivory (1957-1959). École de l’air 1938. Pilote à la 6e escadrille du GC 3/6 (le Masque de comédie). Prisonnier au Levant le 9 juin 1941 après une collision avec un Hurricane britannique et récupéré en mer par le destroyer HMS Kandahar. Il reprendra le combat au sein du 2/6 Travail. Puis au 3/6 Roussillon. Lui aussi figure dans « Chasseurs, mes frères ». C’est Jojo. Commandant de l’EC 2/5 Ile-de-France de 1947 à 1949. Il est décédé en 2014 à Nancy (98 ans).

Commandant Roger Rombi (1959-1961)

L’auteur des caricatures est le général de brigade aérienne Charles Bossu, mécanicien, notamment à la 7e escadre. En 1968, l’Association des pilotes de chasse a publié un recueil de ses dessins sous le titre « Et vive la chasse, b….l! »

A Tours (1961-20..)

Commandant Roger Rombi (1959-1961). C’est sous son commandement que l’École quitte Meknès pour Tours. Formé aux États-Unis, il est breveté le 8 février 1944, terminant son parcours le 21 juillet 1944 sur P.47. Il rejoint, fin septembre, la 1re escadrille du GC 3/3 Ardennes alors que cette unité est à Salon-de-Provence. Le 2 décembre, parti d’Ambérieu pour une mission de bombardement à quatre P.47, en Alsace, il est abattu par la Flak. Caché par la population alsacienne, il est de retour en unité le 29 janvier et effectue son premier vol le 8 février, selon le Journal de marche.

La Nouvelle République du 28 mai 1962.

Commandant Georges Labaye (1961-1964). Promotion 1945 de l’École de l’air. En 1951 il a commandé l’escadrille Spa 3, à Dijon. Georges Labaye a été le leader de la Patrouille de France en 1954, baptisée ainsi l’année précédente. La PAF volait pour la première fois sur un avion français, l’Ouragan, qui était l’un des deux avions de l’École lors de son arrivée à Tours. La PAF n’alignait alors que quatre avions. Il a également été commandant de l’École des pupille de l’air, à Grenoble en 1970. Deux de ses enfants ont été pilotes de chasse. Laurent (EA 1973) a été général de corps aérien et a terminé sa carrière comme directeur de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (IHEDN), en 2009. Le colonel Georges Labaye est décédé en 2008, à 86 ans.

L’Ouragan du capitaine Labaye, leader de la Patrouille de France en 1954, sur le site Traditions Air > Voir

Commandant Eric Questiau (1964-1965). Promotion de l’École de l’air 1946. Général de brigade aérienne.

Commandant Michel Marchand (1965-1966). Promotion de l’École militaire de l’air 1949. Général de brigade. Décédé en 1983.

Commandant Édouard de Cressac de Soleuvre (1966-1967). Promotion de l’École de l’air 1950. Breveté en 1953, il a été affecté à la 12e escadre de Cambrai où il a commandé la 2e escadrille. Il est resté deux ans en Afrique du Nord, à la tête de l’EALA 15/72. Il a commandé l’escadron 2/3 Champagne avant de venir à Tours. Décédé en 1987.

Commandant André Vautier (1967-1968). École de l’air 1951. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jacques Dedieu (1968-1970). École de l’air 1952.

Lieutenant-colonel Pierre Guillermin (1970-1971). École de l’air 1953. A sa sortie de l’École de chasse, à Meknès, il est affecté à l’escadre de chasse tout-temps Normandie-Niemen, à Tours. Après deux séjours en Algérie, il prend le commandement du Normandie-Niemen, à Orange. Il a terminé sa carrière au grade de général.

Lieutenant-colonel Pierre Aimard (1971-1972). École de l’air 1954. Après un séjour en Algérie et à la 5e escadre de chasse, il prend le commandement de l’escadron 2/12 Cornouaille à Cambrai, sur Super-Mystère B2. Puis il est affecté à Taverny avant de venir à Tours. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jacques Beaugrand (1973-1974). École de l’air 1955. Commandant de la base aérienne d’Aulnat de 1981 à 1983. Général de brigade aérienne.

Commandant Jean-Pierre Boucher (1974-1976). École de l’air 1956.

Lieutenant-colonel Pierre Aluce (1976-1977). Prytanée militaire de La Flèche, de 1954 à 1957. École de l’air 1957. Commandant de l’EC 1/5 Vendée, sur Mirage III C.

Lieutenant-colonel Jean-Marie « Susu » Sudriez (1977-1978). École de l’air 1958. Commandant de l’EC 2/2 Côte-d’Or sur Mirage III C en 1973-1974.

Lieutenant-colonel Michel Gaillard (1978-1981). École de l’air 1961.

Lieutenant-colonel Jacques Ratié (1981-1982). École de l’air 1962. En 1991 il entre au Centre national d’études spatiales (CNES) comme manager des astronautes. En mars 1999, le général Jacques Ratié prend la direction du bureau des astronautes en remplacement du général Jean Loup Chrétien.

Lieutenant-colonel François Sido (1982-1984). École militaire de l’air 1963. Directeur des équipes de présentation de l’armée de l’air (EPAA) en 1985-1986. Décédé en 2005.

Lieutenant-colonel Didier L’Eleu de la Simone (1984-1985). École de l’air 1964. Commandant de l’EC 2/13 Alpes de 1978 à 1980, sur Mirage 5F. Sur le tableau, L’Eleu est en un seul mot.

Lieutenant-colonel Joël Agaisse (1985-1986). École de l’air 1966. Commandant la base aérienne de Dijon en 1990-1992.Commandant les forces françaises stationnées à Djibouti en 1996. Général de division aérienne.

Lieutenant-colonel François Bouchard (1986-1987). École de l’air 1968. Commandant du 1/8 Saintonge en 1982. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jean-Claude Derrien (1987-1988). École de l’air 1969. Général de brigade.

Lieutenant-colonel Edgard Veau (1988-1989). École de l’air 1971. Passé à Cambrai à l’EC 1/12.

Lieutenant-colonel Guy Maertens (1989-1991). École de l’air 1971. Passe par Cambrai où il effectue son dernier vol sur Mirage F1 et juin 1982. Général de brigade en 2001. Sous-directeur du personnel officier jusqu’en 2001.

Lieutenant-colonel Eric Moncany de Saint-Aignan (1991-1992). École de l’air 1971. Décédé en 2011.

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Ollivier (1992-1993). École de l’air 1975.

Lieutenant-colonel Didier Ros (1993-1994). École de l’air 1976.

Lieutenant-colonel Henri Switzer (1994-1995). Il a passé son brevet alors qu’il n’était que sergent. École militaire de l’air 1978. Capitaine, il a commandé l’escadrille Spa 124 sur Mirage F1C. Commandant de la base aérienne 112 de Reims de 2000 à 2002. Il a également occupé les fonctions de chef de cellule de crise « Yougoslavie » à l’état-major des armées et d’’attaché de Défense à l’ambassade de France à New Delhi et à la Haye. Chef du Service de communication et des relations publiques de l’armée de l’air, directeur de la publication Air Actualités. Porte-parole du chef d’état-major de l’armée de l’air. Il a quitté le service actif depuis mai 2007 comme général de division aérienne, totalisant plus de 4.500 heures de vol, une cinquantaine de missions de guerre en opérations extérieures (Tchad, Centre Afrique).

Le général Gratien Maire.
(Photo O. Ravenel, Armée de l’Air)

Lieutenant-colonel Gratien Maire (1995-1996). École de l’air 1978. Commandant du régiment de chasse Normandie-Niemen, de l’école de l’aviation de chasse à Tours, il a également dirigé l’École de l’air à Salon-de-Provence. Comme pilote de chasse – nom de guerre « Ricco » – il a cumulé 3.117 heures de vol et 89 missions de guerre. Adjoint du chef de cabinet militaire du Premier ministre à Matignon, attaché de défense à l’ambassade de France à Washington, directeur adjoint à l’inspection des armées et sous-chef « relations internationales » de l’EMA. Il a terminé sa carrière militaire comme major général des armées, adjoint du chef d’état-major, et responsable de la transformation des armées.

Lieutenant-colonel Jean-Pierre Hestin (1996-1997). École de l’air 1979. Pilote de chasse à l’escadron de chasse 3/12 Cornouaille de 1983 à 1988, il participe à l’opération « Épervier » au Tchad, puis commande l’escadrille de la SPA 162 de 1988 à 1990. Commandant en second de l’EC 1/5 Vendée de 1990 à 1992, il participe à l’opération « Daguet » Après l’École de l’aviation de chasse, à Tours, il intègre la 5e promotion du collège interarmées de défense de 1997 à 1998. Commandant en second de la BA 701 de 2000 à 2002. Il occupe ensuite les postes de directeur adjoint de la direction de la circulation aérienne militaire de 2002 à 2004 puis chef d’état-major de l’inspecteur de l’armée de l’air de 2004 à 2006. En 2009, il devient commandant supérieur des forces armées en Guyane.

Lieutenant-colonel Philippe Aubignat (1997-1999). École militaire de l’air 1981. Commandant de l’escadron de chasse 2/2 Côte d’or 1994-1995, à Dijon. En septembre 2010 il est chargé de mission auprès du commandant des forces aériennes après avoir été commandant de la brigade aérienne de l’aviation de chasse.

Lieutenant-colonel Philippe Poireault (1999-2000). Promotion de l’École militaire de l’air 1983. Pilote au 3/12 Cornouaille lors de sa fermeture. Il a commandé le dispositif français lors du premier exercice Red Flag aux États-Unis auquel ont participé les Rafale, en 2008.

Lieutenant-colonel Étienne Patry (2000-2002). École de l’air 1983. Il a commandé la base de Cognac de 2008 à 2010. Général de brigade.

Lieutenant-colonel Frédéric Terrasson (2002-2003). École de l’air 1985.

Lieutenant-colonel Vincent de Gournay (2003-2006). Plus de 3.000 heures de vol sur Jaguar.

Lieutenant-colonel Franck Berring (2005-2006). École de l’air 1987.

Lieutenant-colonel Jean-Marc Blanckaert (2006-2007). École militaire de l’air 1989.

Lieutenant-colonel Thierry Coupeau (2007-2008). École de l’air 1990.

Lieutenant-colonel Xavier Harispe (2008-2009). École de l’air 1991.

Lieutenant-colonel Gilles Revel (2009-2010). École de l’air 1989.

Lieutenant-colonel Fabien Deynès (2010-2011). École de l’air 1993.

Lieutenant-colonel Pierre Quéant (2011-2012). École de l’air 1993.

Lieutenant-colonel Julien Moreau. 2012-2014. École de l’air 1995.

Lieutenant-colonel Xavier Hirschauer (2014-2015). Officier sous contrat. 17e promotion de l’École de guerre.

Lieutenant-colonel Matthieu Nicolas-Guerrero (2015-2016). École de l’air 1998.

Lieutenant-colonel Romain Béthoux (2016-2018). École de l’air 1999. Commandant de l’escadrille 2/33 Savoie 2009-2011. Leader de la Patrouille de France en 2015.

Lieutenant-colonel David Bocquier (2018-…). École de l’air 2000.

Les marins à Tours

On les oublie mais 645 pilotes de chasse de la Marine ont été breveté à tours  du 5 février 1962 au 28 octobre 1993. Ils ont dirigé la section Marine :

Capitaine de corvette de Corail 1962-1965

Capitaine de corvette Hamel de Montchenault. 1965-1968

Capitaine de corvette Imbert. 1968-1970

Capitaine de corvette Montigneaux. 1970-1972

Capitaine de corvette Wallet. 1972-1973

Capitaine de corvette Bonnissent. 1973-1976

Capitaine de corvette Boiteau. 1976-1978

Capitaine de corvette Bourgeois. 1978-1980

Capitaine de corvette Thominé-Desmazures. 1980-1983

Capitaine de corvette Baillot 1983-1986

Capitaine de corvette de Basquiat. 1986-1989

Capitaine de corvette Calais. 1989-1990

Capitaine de corvette Lebas. 1990-1992

Capitaine de corvette Didier. 1992-1993.

Notes

La biographie de Marguette Bouvier, skieuse, patineuse, pilote, journaliste, centenaire, etc. > Lire

Le brevet de tourisme de Marguerite Bouvier (Marguette) (Source DGAC)

Le bref passage à Tours de Roger Saussol

Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondialeCrédité de cinq victoires en mai 1940, Roger Saussol était venu en Touraine avec l’escadrille des Chimères en 1934.

Ce n’est qu’un petit paragraphe dans la carrière de Roger Saussol. Quelques lignes qui témoignent de la présence des escadrilles des Cigognes, à Tours, au milieu des années 30. Roger Saussol était à la 5e escadrille du 2e régiment d’aviation de chasse – la Spa 65, l’escadrille des Chimères –  lorsqu’il a quitté Strasbourg pour la Touraine. Il a repris son envol avant celui de la 2e escadre fin 1936. En janvier 1935, il a rejoint Bizerte et le 4e GAA (escadrille Spa 93) où il a retrouvé les Ni-D.622 avant d’y découvrir le Dewoitine D.510.

Son fils, Alain Saussol a publié un livre qui dépasse très largement le cadre familial : « Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondiale – Mes combats, ma captivité » (1), aux éditions L’Harmattan (collection Graveurs de Mémoire). Il y retrace la carrière de son père, originaire de Salmiech, dans l’Aveyron, ses débuts dans l’aviation comme mécanicien, au 3e régiment de chasse de Châteauroux, son passage à Tours puis à Bizerte, en Tunisie.

Le récit de Roger Saussol commence en 1939 avec les premiers signes de la guerre. Il a participé à la campagne de France, toujours avec la Spa 93 au sein du groupe de chasse III/1, sur Morane-Saulnier MS.406. Il a obtenu cinq victoires. Il y a côtoyé deux futurs pilotes du Normandie-Niemen, Albert Durand et Pierre Dechanet, bien d’autres encore. Roger Saussol a été abattu le 26 mai 1940, sévèrement brûlé (2) et fait prisonnier. S’ensuivit la captivité, jusqu’en 1941 où il est libéré pour raisons sanitaires. Mis en congé d’armistice il a participé à la libération de Millau au sein de la Résistance avant de reprendre sa place dans l’armée de l’air.

Tout au long de sa carrière, Roger Saussol a pris des photos. De nombreuses sont dans le livre. Merci à son fils de nous en avoir envoyé quelques-unes. Elles ont permis de faire le lien avec d’autres photos, trouvées sur Internet, sans nom d’auteur mais bien légendées au dos, et de mettre un nom : Faublée. Mais pas encore un prénom.

Didier Lecoq

Les documents de Roger Saussol
Les documents de René (?) Faublée
Profil de Patrice Gaubert.

Profil de Patrice Gaubert (3)

Lire également

Quand les Cigognes faisaient leur NiD en Touraine > Lire

Le site de Patrice Gaubert, rurique Profils > Patrice Gaubert

Des photos de la Spa 65 sur le site Traditions-Air, de Henri Guyot > Voir

Notes

(1) Roger Saussol, Un pilote de chasse dans la Seconde Guerre mondiale, aux Éditions L’Harmattan, 20 € en version brochée, 14,99 € en PDF compatible avec toutes les liseuses.

(2) En 1942 il est à l’hôpital de Montpellier avec d’autres grands brûlés dont Abel Verna, originaire de Balesmes, dans le sud de l’Indre-et-Loire, et pilote au GB 1/31 capturé et fusillé par les supplétifs de l’armée allemande avec le maquis le l’Ain.

(3) Ce profil a été publié dans le livre sur l’histoire de la BA 705 (Jean-Pierre Bézard, Michel Fillet, Yves Audren et Didier Lecoq). Lien

 

De l’Aéro-Club de Touraine à l’École de chasse de Tours

Maracaronage à Tours

Brevet sur la poche, direction Cazaux. (Photo Didier Lecoq)

Ces occasions sont assez rares. Ce n’est pas dans toutes les promotions qu’un jeune pilote qui a commencé dans un aéroclub tourangeau peut décrocher son macaron de pilote de chasse à deux coups d’ailes de chez lui.

Paul G. a depuis toujours eu envie de voler, au point d’en faire son métier. Originaire de Sainte-Maure-de-Touraine, il lui suffisait de lever les yeux pour voir passer des Alpha-Jet. Mais d’abord, direction l’Aéro-Club de Touraine. Sur Robin, c’est déjà ça.

Il aurait pu s’arrêter là. Après son baccalauréat à Joué-lès-Tours, Paul G. a choisi de prendre un peu de temps pour s’assurer un avenir en passant un DUT de génie mécanique. Avant de tenter d’entrer dans l’armée de l’air.

Il y a deux voies pour devenir pilote dans l’armée : l’École de l’air pour les forts en thème, les futurs cadres, ou devenir officier sous contrat. Là, c’est moins difficile d’y entrer, mais on sait déjà quand on en sort – si tout va bien – puisque l’engagement porte sur deux contrats de dix ans, pas plus. Après, direction la sortie.

C’est le chemin qu’a emprunté Paul G. : un an à Salon-de-Provence, un an à Cognac puis l’École de chasse de Tours. Un parcours semé d’embûches, tout sauf un long fleuve tranquille où la passion est mise à rude épreuve. Il n’y a pas que dans un avion de chasse qu’il y a un siège éjectable.

Jeudi 1er février, c’était le grand jour pour Paul G., quatre autres aspirants et les six officiers koweïtiens en formation. Celui de la remise du macaron et, pour les Français, du poignard d’officier. Sous les yeux de la famille, des amis, de la famille des amis. Et touche de couleur inattendue, des familles koweïtiennes venues avec des colliers de fleurs et des bouquets. Le tout sous les yeux de l’ambassadeur du Koweït en France, du chef d’état-major de l’armée de l’air koweïtienne et de l’inspecteur général de l’armée de l’air, le général Adam.

Pour ces élèves, l’aventure n’est pas terminée. Direction Cazaux pour découvrir le combat et le tir notamment. C’est à Cazaux que se trouve le poste d’aiguillage, en fonction des résultats. Rafale ou Mirage 2000. Chaque modèle était présent pour cette cérémonie de remise des macarons. Devant lequel ont-ils tous choisi de poser ?

 

L’envol difficile des planeurs tourangeaux

C’est en 1930 que l’Aviation-club de Touraine décide d’ouvrir une section vol à voile. Pas simple dans une région sans reliefs.

Gaston Durand

Gaston Durand à l’atterrissage sur l’Avia XI-A vers 1933. (Photo Jean Rideau)

C’est pendant le pont du 15 août, en 1930, que Pierre Souvent, André Pichard, Jean Maillocheau et Alfred Moreau, de l’Aviation-Club de Touraine, vont à Sens pour étudier la création d’une section de vol à voile.

Si Pierre Souvent et André Pichard sont d’anciens pilotes de la Grande Guerre, Jean Maillocheau, libraire rue Nationale à Tours et Alfred Moreau, entrepreneur en maçonnerie, également à Tours, sont plutôt des passionnés. Lors de ce voyage, seul André Pichard en profite d’ailleurs pour effectuer un vol sur le planeur de l’Aéro-Club Sénonais.

Au moment de ce voyage, on est en pleine guerre picrocholine entre les aéro-clubs de d’Indre-et-Loire. Sous la pression de l’armée et de la chambre de commerce, l’Aviation-Club devait fusionner avec l’Aéro-Club de Touraine. Et au lieu de cela, un troisième club voit le jour sous l’impulsion des aérostiers de l’Aéro-Club : les Ailes de Touraine qui vont se consacrer à l’aviation de tourisme. Le combat a pris fin en 1935, faute de moyens car la chambre de commerce et l’armée ont contraint l’AéCT historique et les Ailes de Touraine à renter dans le rang. Ainsi naquit Air Touraine. Mais c’est une autre histoire.

Revenons à la naissance du vol à voile en Touraine. Quelques mois après la visite des dirigeants de l’Aviation-Club de Touraine à Sens, la section de vol à voile est sur pied. Pierre Souvent en est l’instructeur. Né aux Montils, en Loir-et-Cher, Pierre Souvent est négociant en grains à Tours. La Graineterie des gares, rue de Bordeaux, a longtemps été tenue par sa mère. Mitrailleur lors de la Première Guerre, il est devenu pilote en 1918, dans la chasse d’abord – à la Spa 84 – puis dans le bombardement, au GB 3 : Br 126 en juin-juillet 1918 puis Br 128 jusqu’à sa démobilisation en mars 1919. Il a fondé l’Aviation-club de Touraine avec notamment André Pichard, tourangeau et également pilote, négociant en vêtement de cuir. Abattu en juillet 1916 par la DCA, évadé à Noël, André Pichard a été moniteur à l’école d’aviation de Tours où il a formé les pilotes américains. Le président de la section est Jean Maillocheau. Dépositaire des Messageries Hachette, rue Nationale à Tours, Jean Maillocheau est libraire avec son frère Camille. Il est originaire de Vendée. Le trésorier est Robert Noël.

Les passionnés de l’Aviation-Club. On reconnait à gauche, Gaston Durand, son frère Lucien sous l’aile de l’Avia XI-A; Maurice Bodin (3e en partant de la gauche avec le béret), Jean Rideau, allongé dans l’herbe; Gustave Réchard (en gabardine), Raymond Ropion (assis, avec le béret), Paul Colin, assis aux pieds de Lucien Durand), Jean Maillocheau (deuxième en partant de la droite). (Photo Jean Rideau)

Le premier planeur de la section de vol sans moteur est un Avia XI-A. Ce modèle date de 1930. Il a été construit par les Ateliers vosgiens d’Industrie aéronautique de Saint-Dié. C’est un planeur-école.

La première séance sur l’Avia XI-A a lieu le lundi 20 janvier 1931. Il ne devait pas faire très chaud sur ce planeur très rudimentaire. Il n’était pas encore question de remorquage : pour lancer un planeur, il fallait le faire… à la main. Ou plutôt à la force des jambes. C’était la technique du sandow, un câble de caoutchouc dans une gaine de tissu. « On le dispose en forme de V ; le planeur, retenu par la queue est accroché par son avant à la pointe du V. Deux équipes de 7 à 8 hommes tirent sur les extrémités de chacune des branches. Lorsque la tension est forte, on libère le planeur qui s’envole », a décrit Maurice Bodin président de la section, dans la revue Air-Touraine en 1932. « Ce mode de lancement, qui convient parfaitement en terrain accidenté lorsqu’il s’agit de décoller un planeur du sommet d’une crête, s’est révélé assez médiocre sur un terrain plat comme notre camp d’aviation de Parçay. Car si l’on veut obtenir un vol de quelques secondes, dû uniquement à sa propulsion, il faut le tendre de telle façon que le départ de l’appareil est excessivement brutal et désoriente souvent l’élève. De plus, sa manœuvre exige dans ce cas une équipe nombreuse… » Résultats : des sauts de puce pour les anciens pilotes de la Grande Guerre lors de la première séance : 100 à 150 m à une altitude de 8 à 10 m. Pour les novices, 1 à 2 mètres, pas plus haut.

Aux commandes de l’Eole, Paul Colin, le premier brevet de planeur en Touraine. (Origine Didier Lecoq)

Un second planeur « de demi-performance » est déjà commandé. Il est livré le 22 mars. Il s’agit d’un Eole, conçu par Jean-René Lagasse, le directeur de la SFVAV (Société Française de Vol à Voile) qui l’amène de Toulouse. Pas par les airs, bien sûr. Il faut croire que planer est bon pour la santé car les mécènes en sont les docteurs Jacques Métadier, professeur à l’école de pharmacie de Tours, et Raymond Petit, médecin à Chinon.

Avec deux planeurs, la section prend forme. Pierre Souvent et Charles De Munck en sont les moniteurs. Charles de Munck est belge. Né en 1894 à Bruxelles – il y est décédé en 1952 – il était le petit-fils d’Emile de Munck, archéologue. Il avait le brevet de pilote n°2315 de la Fédération internationale d’aéronautique. Il vivait au château de la Remberge, à Autrèche. Sa fille y est née en 1926 et c’est son épouse, Colette Carels, dont la famille possédait le château depuis 1912, qui l’a conservé après leur divorce en 1935.

Parmi les plus assidus de la section on trouve Paul Colin et Jean Boy, tous deux pilotes militaires, récemment libérés de leurs obligations.

Après avoir envisagé d’installer un terrain à Cormery, un peu loin, la section pense avoir trouvé son bonheur à Mettray, sur un terrain de la colonie. Pour se déplacer, la solution a été trouvée par Louis Simonin, mécanicien automobile, qui a construit une remorque. Mais finalement la section restera sur le terrain d’aviation de l’armée.

Paul Colin est le premier à passer son brevet A, à Mettray. Bientôt suivi, à la mi-septembre, par Jean Boy, sur le planeur Eole, qui obtient son brevet en prenant la seconde place du concours de Vauville dans la catégorie planeurs-écoles.

C’est en 1932 que la section cesse de jouer à l’élastique. Un garagiste, Théophile Jeannin,  concessionnaire Renault rue Origet, à Tours, donne un coup de main au club en mettant à sa disposition une Renault 18 HP sur laquelle une roue a été remplacée par un treuil. Et l’élastique par un câble de 600 mètres de long. Premiers lancés en février pour Jean Rideau et Paul Colin. « L’altitude atteinte, près de 100 m, paraissait formidable et le planeur semblait ne plus vouloir atterrir. » Plus tard, la section sera dotée d’un side-car et, en 1937, d’une Talbot-Hotchkiss avec un nouveau treuil. Et un câble de 1.200 m.

C’est aussi en 1932, sous l’impulsion de Maurice Bodin, que la section décolle vraiment : Jean Rideau passe son brevet A le 19 juin. D’autres pilotes de tourisme viennent goûter au vol sans moteur : Jacques Métadier et Raymond Petit, bien sûr, Henri Bodin, Robert Dangoise, etc. Mais aussi , et c’est nouveau, Edmond Viel (seizième brevet de la section le 18 septembre 1932), les frères Durand (Gaston et Lucien), Bichet, Louis Avrilleaud (le fils du docteur de Montsoreau), viennent au planeur sans passer par la case avion. D’autres suivront : Legoff (18 mai 1933), Faure, Doussaint, Vallée, Daniaud, Lafond, Platel, Samuel, Laforêt, Bourquin, Habert, Gustave Rechard (29 mars 1936), Chevallier (19 avril 1936), Turbot (19 avril 1936), Lardon, Frébot, etc.

Les brevets de planeur de Gaston Durand

D’autres, à l’image de Michel Nadaud, vont mener de front les deux disciplines, breveté de planeur le 14 mai 1933, brevet de tourisme le 9 octobre de la même année.

La dispersion des énergies

A l’été 1933, Maurice Bodin part au Maroc. Il laisse la direction à Jean Rideau. Celui-ci a l’âme d’un constructeur. Mécanicien avion pendant son service militaire, notamment à Tours sur Potez XV, il a repris l’entreprise familiale de construction de stores en bois, rue Jean-Jacques Rousseau. Le bois, ça le connaît. Depuis juin il construit, toujours avec l’aide des frères Durand, un planeur de demi-performance. Le 7 mai, ce planeur fait ses essais avec Edmond Viel, promu moniteur, aux commandes. Nous ignorons le dessin de ce planeur. Il semble que cette aile, réalisée dans  l’entreprise de Jean Rideau, soit celle de ce planeur. Reste à savoir si Jean Rideau s’est inspiré d’un planeur existant (Sulky, Avia 152-E) ou non.

Le club achète également un Avia XX-A, un biplace en tandem avec double-commande, un outil indispensable pour les débutants. Henri Ruamps, ancien chef-pilote de la SFVAV vient en Touraine le 4 septembre, pour le livrer. Mais l‘aile touche le sol et le planeur se renverse. Ruamps est indemne mais le planeur doit être renvoyé chez Bordeaux-Aviation pour être réparé. Il reviendra le 18 décembre. Mais ce n’est qu’au début de l’année 1933 que le XX-A sera au point, grâce à Gaston Durand et Edmond Viel, toujours eux.

Malgré le retour de Maurice Bodin à la tête de la section en 1935, les énergies vont se faire plus rares. Le club achète un nouvel Avia XI-A. Même Jean Rideau va faire des infidélités. Car 1935, c’est surtout une année à poux. A Pou-du-ciel. Plusieurs HM14 sont en construction en Indre-et-Loire, dont celui de Jean Rideau, à moteur Ava. Et celui de Bodin à moteur Poinsard. Jean Boy, devenu chef-pilote adjoint de l’Aéro-club, va également en posséder un.

Et le combat cessa faute de combattants… Après l’été 1936, la section hiverne. Il y a bien du vol à voile mais uniquement à la sous-section de l’aviation populaire, dévoreuse d’énergies. Ceux qui sont accros au vol à voile ont été contraints d’aller voir où les nuages sont plus beaux. Au cours des années d’avant-guerre, plusieurs Tourangeaux ont brillé sous d’autres cieux :

  • Albert Carraz est engagé comme moniteur à La Banne d’Ordanche. Il y obtient le brevet D (il a le C depuis le 8 mars 1937).
  • Gabriel Chollet est à La Banne d’Ordanche pour son brevet C.
  • (Gérard ?) Denis est en stage à Pont-Saint-Vincent où il passe ses brevets B et C.
  • Jean Rideau est en stage à La Banne d’Ordanche où il réussit l’examen technique de moniteur.
  • Bourquin est en stage à Pont-Saint-Vincent.
  • Gustave Réchard devait aller à La Banne d’Ordanche mais les tensions avec l’Allemagne l’ont contraint à rester à Tours en 1938 car il est aviateur militaire.

C’est d’ailleurs à La Banne d’Ordanche, le 13 août 1938, qu’Albert Carraz réussit un vol de 5 heures 10 minutes 1 seconde sur l’Avia 40P n°30.

Puis vint l’aviation populaire

Arrivés au pouvoir, la gauche et Pierre Cot veulent donner le sens de l’air aux jeunes. Le but est de démocratiser l’accès à l’aviation. Ainsi est née l’aviation populaire. Air Touraine, issu de la fusion des aéro-clubs tourangeaux, fait partie des premiers à ouvrir une section. Le vol à voile devient une étape vers le brevet de pilote de tourisme. Le ministère dote la Section d’Aviation Populaire de deux planeurs XI-A et XV-A, en plus des planeurs d’Air Touraine. Le XI A doit permettre de maîtriser l’appareil et de faire des lignes droites (brevet A). Le XV A sert au brevet B.

Le moniteur en chef de la section de vol à voile de la SAP Air Touraine est Jean Anthonioz, ancien pilote militaire, pilote d’avion de tourisme et titulaire des brevets A et B de planeur. C’est un proche de Paul Colin, avec qui il travaille aux Docks du Centre, et de Jean Rideau.

Anthonioz et Durand

En 1934, dans le hangar de l’ACT : Jean Anthonioz et Gaston Durand devant le Caudron Luciole F-ALRE « Tourbillon » du club. (Photo Jean Rideau)

En mai 1937, la SAP a deux sections dédiées au vol à voile. Dans la section E (préparation au brevet A), on trouve une petite trentaine de jeunes. Parmi eux, le futur constructeur d’avions, René Fournier qui se souvient de sa formation sur le XI-A. « On était seul à bord. On recevait les consignes. Et à mesure qu’on progressait, on nous montait plus haut. On allait tout droit puis on amorçait un 180° pour se poser pas très loin d’où on partait. Une fois, je n’ai pas pu virer. Je me suis inquiété lorsque j’ai vu tous ceux qui étaient au treuil se sauver dans toutes les directions. J’ai eu peur de l’emboutir. Je me suis posé à quelques mètres seulement. Une autre fois, j’ai perdu de l’altitude dans un virage. Je voyais le sol qui montait. J’ai redressé et pris tellement de vitesse que j’ai filé jusqu’à ce que je sois arrêté par une haie d’aubépine. »

Dans la section D (préparation au brevet B), on trouve Jean Claveau qui rejoindra les Français libres en partant de Tunis. Il finira la guerre avec le groupe de chasse Ardennes avant une carrière militaire dont le point d’orgue a sans doute été la Patrouille d’Etampes.

On y trouve également Gaston Prouin. Comme bon nombre de jeunes de l’aviation populaire à Tours, Gaston Prouin vient du monde du chemin de fer. Lorsque l’accord parental a été nécessaire pour s’inscrire au 2e degré du brevet de pilote, porte d’entrée vers le brevet miliaire, Jacques Prouin est revenu sur terre. Pas d’autorisation et fin du rêve. Gaston Prouin a conservé ses cours et ses brevets de l’aviation populaire où il se rendait avec ses copains, Breu et Persillon notamment.

Vers le lancement remorqué

Jean Rideau va se lancer à son tour dans la fabrication du planeur, un Minéo M-5, dessiné par Michel Minéo. Ce Minéo sera renforcé et mis en vente début 1939 pour permettre l’achat d’un planeur de performance.

Sous la directeur d’André Malaud, devenu président de la section, et de Jean Rideau, vice-président, le vol à voile tourangeau va retrouver des ailes malgré le drame qui le touche avec le décès d’un jeune du club, le 18 septembre 1938, Maurice Pellerin. Le câble ne s’est pas décroché. Ou il ne l’a pas décroché. Maurice Pellerin avait 19 ans.

Quelques semaines auparavant, Maurice Bodin a séjourné à Etampes-Mondésir sur le terrain du COB, le club de Renault. Il y a effectué son premier lancement remorqué par un avion, un Caudron Luciole. Pour lui, c’est la formule idéale pour les clubs de plaine. L’avenir du vol à voile est là. Une souscription est lancée pour acheter un planeur pour vol remorqué. 13.000 francs sont déjà réunis pour un montant total de 28.000. Mais nous étions en juillet 1939. L’avenir sera pour plus tard. Pour après la guerre. Mais c’est une autre histoire.

Didier Lecoq

Un grand merci à Jean-Michel Rideau qui m’a envoyé les photos de son père et à Gaston Prouin pour son carnet de vol.

Bio express

Paul Colin. Né à Tours en 1909. Moniteur à la section de vol à voile puis à la section d’aviation. Réserviste, il a été mobilisé au GAO 509 de Tours. Sur Breguet 27 au début de la guerre, il a ensuite été transformé sur Potez 63.11. Il a trouvé la mort le 5 juin 1940 en à Campneuseville avec son équipage, abattu par les chasseurs allemands. Il travaillait aux Docks du Centre.

Jean Boy a pris la deuxième place de sa catégorie avec l’Eole, au concours de Vauville. (Collection Aéro-Club de Touraine)

Jean Boy. Né à Tours en 1897. Après avoir été chef-pilote adjoint, il a été exclu d’Air Touraine pour avoir voulu concurrencer le club en proposant des brevets moins chers dans une structure commerciale. Il est ensuite devenu chef pilote de la section d’avion populaire de Reims. Mobilisé en 1939 comme moniteur à l’Ecole élémentaire de pilotage de Poitiers. Entré dans le réseau belge d’évasion de pilotes, Comète, il a été arrêté par la Gestapo et envoyé en camp de concentration de Büchenwald. Il est décédé quelques jours avant la libération du camp de Stanfurt, le 6 avril 1945.

Jean Anthonioz. Né à Montbazon en 1904. Pilote de réserve comme Colin et Boy après un passage par la guerre du Rif. Il a volé sur Breguet 27 en 1939, a été transformé sur bimoteur (Potez 540) en 1940 mais n’a pas eu l’occasion d’effectuer des missions de guerre après son retour au GAO 509 qui ne comptait plus que deux Potez 63.11 et deux équipages, deux étant perdus le 5 juin. Il travaillait aux Docks du Centre. Il est décédé à 101 ans. Il était le père du professeur de médecine tourangeau, Philippe Anthonioz.

Albert Carraz. Il n’arrive en Touraine qu’au début des années 30. Venu tardivement à l’aviation, il s’est intéressé à l’aviation de tourisme, au planeur et a passé son brevet de transport public. C’est la grande figure du vol à voile en Touraine avant et après la guerre. En débordant sur le Loir-et-Cher où il a également été moniteur. Mobilisé à l’École élémentaire de pilotage de Blois-Pezay, il est rentré rapidement dans la Résistance. Embauché comme interprète à la base aérienne, il a fourni les plans de défense de la base à Londres

Jean Rideau. Né à Tours en 1906. Mobilisé au sein GAO 509 avec Colin et Anthonioz. A la libération, il restaure le Caudron C.230 « Le Rescapé », dissimulé à Montlouis chez Nicolas Bouisson. En 1946, la Fédération aéronautique internationale lui attribue l’insigne d’argent de pilote vol à voile (D) avec le n°108. Plus tard, il construit un Bébé Jodel en Afrique du Nord. Il est à Cannes en 1958. René Fournier vient chercher un lieu pour construire son RF-01, à Cannes justement. Il vient de trouver son menuisier. Une autre aventure commence pour les deux Tourangeaux. Décédé le 19 octobre 1975 à Tours, à 69 ans.

Gustave Réchard alias Tatave. Aviateur militaire, il a notamment formé les jeunes de l’aviation populaire au vol à voile lorsque la SAP est devenue la Section d’aviation prémilitaire. Breveté pilote de tourisme à Air Touraine. Il a longtemps œuvré, après avoir quitté l’armée, à l’Aéro-Club de Loudun. Personnage incontournable du club, toujours présent, passionné jusqu’au bout puisqu’il décolle une dernière fois avec un moniteur en décembre 1999. Il reçoit la couronne d’argent, insigne reconnu au niveau international et est décoré de la médaille aéronautique par René Monory. Il est décédé à 102 ans.

Gaston Durand. Né en 1913 au Grand Carroi, à La Riche, où son père était maraicher. Décédé en 2008 à Joué-lès-Tours. Omniprésent à l’Aviation-club de Touraine à partir de 1932, avec son frère Lucien. Officier mécanicien dans l’armée de l’air.

Lucien Durand. Le frère de Gaston. Né en 1915 au Grand Carroi, à La Riche. Employé à la SNCF. Décédé à La Riche en 1989.

Maurice Bodin. Né en 1893 à Villandry où son père était négociant en fruits. Commerçant comme lui. Cheville ouvrière du club, avec Jean Rideau, Paul Colin et Jean Anthonioz.

L’Avia XV-A d’Air Touraine. Avec le béret, Marcel Bodin. Derrière lui la haute silhouette d’Albert Carraz. (Photo Jean Rideau)

Edmond Viel. Né après 1912, il était notamment spécialiste des… moteurs. Brevet A de planeur le 18 septembre 1932. Juste avant la guerre il demeurait avenue du Canal, à Saint-Pierre-des-Corps. Je recherche des renseignements sur lui.

Michel Nadaud. Né à Tours, rue de Paris, en 1915. Son père travaillait aux chemins de fer. Il passe les épreuves du brevet de tourisme à Tours le 1er octobre 1933 (brevet n°2 152), juste après son brevet A de planeur, le 14 mai 1933. Titulaire d’une bourse de pilotage, il rejoint l’école Sardier, à Aulnat (63) le 12 mars 1934. Il obtient son brevet militaire (n°24254) le 17 juillet de la même année puis poursuit son entraînement sur Potez 25 jusqu’en décembre. En janvier, il est nommé à l’escadrille 5 de la 31e escadre où il débute… sur Potez 25. Il quitte Tours pour Marrakech et la 3e escadre du sud-Marocain en 1936 (devenue 63e escadre). Il revient à Tours juste avant la guerre, en juin 1939. Il participe à la guerre en France sur Bloch 200 puis à celle en Syrie sur LéO 45. A la fin de la guerre il est à Kasba Tadla. Pilote réceptionneur au Centre d’essais en vol de Brétigny.

En savoir plus

Sur l’Avia XI-A

Sur le SFVàV Eole

Sur l’Avia XV-A

Sur l’Avia XX-A

Sur le Minéo

A lire

> Le vol de Guy Gagnière en 1949, de Tours à Bordeaux. Lire

> Histoire du vol à voile français par Réginald et Anne Jouhaud, éd. Delton Aviation (1992)

> Les planeurs de l’Avia par Christian Ravel, Bleu Cien éditions (2006).

 

Un nouveau commandant à la base aérienne 705

Sébastien Vallette et Sébastien Mazoyer : passation de pouvoirs. (Photo Luc Bernard / Armée de l’air)

Le colonel Sébastien Vallette a pris le commandement de la base aérienne 705. Il prend la suite du colonel Sébastien Mazoyer qui, après deux ans en Touraine – c’est la durée de vie d’un tel commandement –, rejoint la direction des ressources humaines à Balard, à Paris.

Pilote de chasse – il a notamment commandé l’escadron 1/12 Cambrésis, à Cambrai justement –, il succède à deux colonels issus de la reconnaissance, Cyrille Duvivier (2013 à 2015) et Sébastien Mazoyer (2015 à 2017). Le colonel Duvivier était d’ailleurs présent à la prise de commandement, tout comme le général Pascal Delerce, commandant de la BA 705 de juin 2009 à août 2011.

Issu de la promotion 1993 « Général-Capillon » de L’École de l’air, il aura 45 ans cette année.

Quatre Alpha-Jet ont survolé le défilé alors que Jim, qui fait les présentations d’Alphajet Solo display avec Filou, a effectué son programme en fin de défilé.

Voir le diaporama de Julien Pruvost, sur le site de La Nouvelle République.

La page Facebook de la base aérienne 705

La page Facebook d’Alphajet Solo display

 

 

Le RF-8 inauguré à Angers

François Tulasne nous a quittés

Dans la Nouvelle République du 15 juillet 1950.

Tous ceux qui se sont intéressés au Normandie-Niemen ont un jour croisé sa route et celle de ses archives. Mais pas seulement. Fils de Jean Tulasne (MPF), petit-fils de François Tulasne (MSAC), petit neveu du général Joseph Tulasne, François n’avait pas fait son service militaire dans l’armée de l’air, expliquant qu’avec un nom comme le sien cela n’aurait pas fait sérieux. Curieux de tout, plein d’humour, parfait camarade, François était toujours prêt à nous aider dans nos recherches, et le premier à se réjouir de ce qu’on avait écrit. Il était admiratif du culte que les Russes portaient au pilote du Normandie-Niemen en général, à son père en particulier et s’efforçait d’entretenir l’amitié entre les deux pays. François Tulasne est décédé samedi. Ses obsèques religieuses seront célébrées vendredi 18 août en l’église Sainte-Thérèse, à Nantes (10 h) où il demeurait.

Didier Lecoq

 

Eugene James Bullard, brevet n°6.259, à Tours

Eugene Bullard

Eugene Bullard lorsqu’il était au 170e régiment d’infanterie, après s’être engagé dans la Légion.

Après deux années à combattre avec l’infanterie française, Eugene Bullard a rejoint l’aviation. C’est à Tours qu’il a obtenu son macaron de pilote.

Le 14 Juillet a été l’occasion de commémorer le centenaire de l’entrée en guerre des États-Unis. La fête nationale a également été l’occasion de se souvenir du premier pilote noir américain, Eugene James Bullard. C’était sur Caudron G3, le 5 mai 1917, et c’était à Tours. Ils n’étaient que deux à obtenir leur brevet de pilote militaire ce jour-là : lui et Jacques Thabaud-Deshoulières, né dans l’usine familiale de la Grande Bretèche, en bas de la Tranchée. Le capitaine Jean Mortureux (de Faudouas) avait dirigé l’école jusqu’en avril. Son successeur, le capitaine Olivier de Villepin n’était pas encore arrivé. Le chef pilote était sans doute le lieutenant Georges Gayral.

D’origine antillaise par son grand-père qui était esclave, il avait fuit les États-Unis et la ségrégation alors qu’il n’était qu’adolescent, multipliant les petits boulots – garçon d’écurie, jockey – pour espérer se rapprocher du pays qui ne le jugerait pas en raison de la couleur de sa peau, la France. C’est comme boxeur qu’il a fini pour rejoindre sa terre promise. A 19 ans, il veut participer à la guerre dans l’armée française. Il s’engage, comme tout étranger, dans la Légion.

Après deux blessures et deux citations, inapte pour l’infanterie, il demande à passer dans l’aviation. Après un stage de mitrailleur à Cazaux, il est accepté comme élève-pilote. Passage à Dijon en décembre 1916 pour la formation théorique, puis Tours pour sa formation de pilote sur Caudron G3. S’ensuit le circuit habituel après son brevet, Châteauroux puis Avord.  Après un passage au GDE, il est affecté à l’escadrille N93 où il arrive le 27 août 1917. Moins d’un mois plus tard, il est à la N85, le 13 septembre 1917. Qu’il quittera le 16 novembre 1917, finissant la guerre en retrouvant le 170e régiment d’infanterie.

A Tours, le portrait d’Eugene Bullard figure sur la dérive de l’Alpha-Jet aux couleurs de la Spa 85 à laquelle il a appartenu. Un juste retour des choses. (Photo Armée de l’Air)

Après la guerre, il s’est consacré au music-hall, en France. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il s’est de nouveau engagé sous les couleurs françaises. Blessé en 1940 au Blanc, dans l’Indre, il est évacué, d’abord vers l’Espagne puis les États-Unis. Il devient alors un ardent propagandiste de la France Libre. La France n’a pas oublié Eugene Bullard. Il est invité pour ranimer la Flamme sous l’Arc de triomphe puis est fait chevalier de la Légion d’honneur, deux ans avant sa mort en 1961 à New York.

Le 5 mai 1917, Eugene Bullard a donc obtenu son macaron de pilote. Quelques semaines plus tard débarquaient les premiers élèves américains, des élèves pilotes de l’US Navy dont le quartier-maître Thomas W. Barrett qui sera le premier marin US à trouver la mort lors de cette guerre, le 28 juin 1917. Le 28 septembre, un autre Américain y obtient son macaron de pilote, Edward V. Rickenbaker qui sera l’as américain de la guerre avec 26 victoires. Début novembre, l’école d’aviation de Tours devenait américaine.

En 1944, les élèves français ont fait le chemin inverse. Ils sont allés aux États-Unis pour y être formés. Mais les rares élèves noirs n’ont pas eu droit aux mêmes écoles que les élèves blancs.

Eugene Bullard

La fiche d’Eugene Bullard du le site Mémoire des Hommes. Il avait alors triché sur son âge, déclarant être né au 1894 au lieu de 1895.

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En savoir plus sur Wikipedia

Quand, en 1915, un pilote vend son avion à l’armée

Maxime Lenoir et son Back Jumper, lors d’un meeting en 1914. (coll. didier Lecoq)

Certes, le titre donne un peu dans le sensationnel. Mais il ne devait pas être courant, en 1915, qu’un pilote vende un avion à l’armée. Les réquisitions ont été beaucoup plus fréquentes en 1939 avec de nombreux avions d’aéro-clubs ou de particuliers qui ont été enrôlés, pour les écoles de pilotage ou pour devenir des avions de liaison. Avec tous les aléas que cela comportait : difficultés de maintenance mais aussi, pour les moniteurs, il fallait s’adapter à des avions civils beaucoup moins puissants que les avions militaires.

En 1915, le pilote de l’escadrille C 18 qui cède, pour 12.000 F (1) son Blériot « en état d’usage », n’est autre que Maxime Lenoir. Il s’agit du Back Jumper qu’il avait acheté fin 1913, son brevet en poche, et avec lequel il avait participé à des meetings, donc celui d’Amboise avant le début de la guerre. L’avion est alors destiné à l’école de Pau où sont formés les pilotes, école qui se spécialisera, sous houlette de René Simon (2), dans l’acrobatie et la formation des chasseurs. Ce document, entre l’armée et Maxime Lenoir, vient du Centre des archives économiques et financières (le CAEF) qui dépend du ministère de l’Économie et des Finances.

Le CAEF a mis en ligne la liste des contrats à cette adresse : les marchés publics en 14-18

Le document concernant Maxime Lenoir y figure sous la cote B-0029772.

M-LENOIR
Notes

(1) 12.000 francs 1915 donneraient 32.000 euros en 2015.

(2) René Simon, ancien compagnon de Roland Garros dans le Cirque Moisant aux États-Unis, sur Blériot XI, avant la guerre, est venu à Tours après la guerre où il s’est d’ailleurs marié en 1921. Pilote oublié créateur du Top Gun bien avant l’heure.

Le Presse, du 20 février 1914. (Source Gallica)

Les planeurs de l’Aéro-club de Touraine sur cicilc.fr

Ce petit film de Maurice Auclair, le quincaillier du haut de la Tranchée, qui a consacré beaucoup de temps et de pellicule à l’aviation, est un peu déroutant. Il semble nous emmener vers Château-Renault pour l’aérodrome de Blois-Vendôme. En fait, il n’en est rien. Dès le premier avion, on voit bien qu’on est sur le terrain de la base aérienne de Tours, au temps de la 30e escadre, en 1960. On y voit notamment un MS.472 Vanneau de l’unité de réservistes CER 311 (avec l’insigne qu’on peut mieux voir sur le site Traditions Air d’Henri Guyot), des Dassault Flamant, un Meteor NF.11 en vol. Mais ce film est surtout consacré aux planeurs de l’Aéro-Club de Touraine. On ne peut pas manquer la grande silhouette d’Albert Carraz.
Encore une pépite de ciclic.fr.

     

Louis Geoffroy a eu 100 ans

Louis Geoffroy est sans doute l’un des plus anciens pilotes de tourisme brevetés. Il est né le 4 mai 1917, à Lizant dans la Vienne. Il a donc fêté ses 100 ans, début mai, à Sainte-Gemmes-sur-loire, en Anjou, où il réside.

Louis Geoffroy

Brevet n°12.770.

Louis Geoffroy a obtenu son brevet de pilote de tourisme le 25 octobre 1938, à Tours (n°12.770). Il vivait alors à Saint-Cyr-sur-Loire. Issu du monde agricole – domestique de ferme –, c’est l’aviation populaire qui lui a permis de vivre son rêve. Le journal Ouest France, sous la plume de Benoît Robert, lui a consacré un article dans son édition du vendredi 12 mai (lire l’article). Louis Geoffroy a fait partie des premiers élèves de la Section d’aviation populaire de Tours à obtenir leur brevet. Ils étaient plusieurs de la SAP Air-Touraine, à voir leur 1er degré homologué ce 25 octobre 1938 : Eugène Bois (12.765) et Pierre Moreau (12.766). Louis Geoffroy aurait pu faire comme Albert Bouguereau (sur Albert Bouguereau), breveté l’année précédente, qui s’est engagé, a passé son brevet militaire puis a terminé sa formation juste à temps pour combattre au sein de la 51e escadre de Tours.

Louis Geoffroy a plutôt choisi l’option courte, est devenu mitrailleur, comme Jean Desneux (breveté le 28 octobre 1937). Tous les deux se sont retrouvés à la 31e escadre de Tours et ont participé ensemble aux bombardements sur LéO 451 contre les colonnes blindées allemandes en mai 1940, du côté de Montcornet ou Roye. Derrière leur canon HS-404 et son tambour de 60 obus… Abattu, Jean Desneux y a laissé sa santé et sa vie puisqu’il est décédé en 1946 à Tours des suites de ses blessures. D’autres de la SAP Air-Touraine, arrivés plus tard, sont arrivés trop tard pour la bataille de France. Jean Claveau (breveté le 15 novembre 1938) a rejoint les Forces aériennes françaises libres en 1942 pour combattre en 1944 au sein du groupe de chasse 3/3 Ardennes ; Louis Mangeant a été formé aux États-Unis, lui aussi a combattu en 1944-1945, avec le GC 2/6 Roussillon. Jean Besse et Ellis Boutin, brevetés militaires mais démobilisés en 1940, ont combattu bien plus tard, lors de la guerre d’Algérie.

 

Du terrain d’aviation de Chargé au fil d’Ariane

Créé pour desservir les services du ministère de l’Air en 1939, le terrain de Chargé a servi à l’école des moniteurs de Tours après la guerre avant d’accueillir une des stations Decca chargées de guider les avions de ligne (1953). L’ancêtre du GPS.

Dès le début de l’aviation, les aviateurs ont eu un faible pour les châteaux. La panne de château a longtemps fait partie de leur imaginaire. Pas sans raison. Venir se poser près d’un château était l’assurance de trouver une bonne pelouse pour l’aéroplane, des hôtes pour le gîte et le couvert, et un téléphone pour demander aux mécaniciens de venir (pas trop vite). Sans oublier l’admiration et l’envie de toute la maisonnée au moment de l’envol. Lors des années 30, la panne de château n’étant plus qu’un lointain souvenir, ce sont les bruits de botte qui ont rapproché les aviateurs et les châteaux de Touraine.

L’ancien terrain se situe en lisière du bois, au-dessus de la Girardière, jusqu’à la Boitardière. Amboise est à droite de la carte postale. La Loire est derrière le photographe.

En octobre 1938, le général commandant les forces aériennes en Touraine, reçoit de l’état-major de l’armée de l’air un document estampillé « Secret » relatif aux immeubles réquisitionnés en cas de déclaration de guerre. Y figurent le château de Fontenailles (1), destiné à l’inspection technique, et le château d’Amboise, notamment pour le service historique de l’armée de l’air. Dès avril 1939, l’administration centrale sait que l’Indre-et-Loire accueillera un échelon gouvernemental lourd : ELOGA. Cela restera le nom de guerre du dispositif amboisien.

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