Les centenaires tourangeaux de l’aviation populaire

Gaston Prouin a fêté récemment ses 100 ans. Sa famille lui a offert un vol en planeur, au Louroux. Ce n’est pas le premier membre de la section de l’aviation populaire de Tours à avoir atteint cette altitude. Ils sont (au moins) quatre à avoir traversé le siècle.

La casquette de Gaston Prouin, aux couleurs de la section d’aviation populaire d’Air Touraine (AT). (@ Didier Lecoq)

Louis Geoffroy est né le 4 mai 1917 à Lizant, dans la Vienne. Il habitait Saint-Cyr-sur-Loire. Brevet de tourisme n°12770 du 25 octobre 1938. Louis Geoffroy s’est engagé dans l’armée de l’air pour devenir pilote. Il a fait partie de ces nombreux élèves reconvertis en mitrailleurs, parfois pour de bonnes raisons – surtout liées à la vue ou pour des problèmes d’oreilles – souvent pour de mauvaises, parce qu’on avait trop de pilotes et pas assez de mitrailleurs. Louis Geoffroy a fait la guerre dans un LéO 45 de la 31e escadre de bombardement de Tours, à la 1re escadrille (Sal 277) celle dont l’insigne était un charognard dans un fer à cheval. Ouest-France lui a consacré un article Lire. Comme Jean Desneux, breveté de tourisme mais également mitrailleur en avion.

Jean Besse est né le 8 avril 1919 à Saint-Symphorien (Tours). Il est décédé le 17 juillet 2020 à Joué-lès-Tours. Il était dans le groupe D publié dans la revue Air-Touraine de décembre 1937 . Avec Gaston Prouin. Brevet de tourisme n°15284 du 12 août 1939. Brevet militaire n°33194 du 4 juin 1940 mais il ne l’a récupéré qu’après la guerre. Il a volé avec les réservistes de Tours et en Algérie.

René Fournier était dans le groupe E de la première liste des élèves de la SAP de Tours publiée en mai 1937 dans la revue du club. Avec Gaston Prouin. Pour lui, l’aventure de l’aviation populaire s’est terminée lorsqu’il a été reçu au concours de mécanicien de l’armée de l’air à Rochefort. Il a fait la carrière de constructeur d’avions qu’on connait.

Gaston Prouin avec sa casquette de l’aviation populaire.

Gaston Prouin est le plus jeune. Il était donc avec René Fournier dans le groupe E en mai 1937, dans le groupe D en décembre 1937. Premier vol le 17 juillet 1937 sur planeur Avia XI A, première marche vers le brevet. il passe son brevet A de planeur le 7 mai 1938, sur Avia XV A (un vol de 40 mètres). Une semaine après il passe la première épreuve du brevet B de planeur, un vol de 50 secondes puis la deuxième épreuve le 6 septembre 1938. Fort de ce brevet de planeur, il peut voler en avion : le 12 septembre 1938 sur le Salmson Cricri de la SAP, 35 km en tournant autour du terrain. Puis sur Caudron Luciole et même sur Caudron C.600 Aiglon – sans doute celui de Marcel Lévy – en avril 1939. Pour aller plus loin, il aurait fallu que Gaston Prouin s’engage pour deux ans dans l’armée de l’air. Mineur, il lui fallait l’autorisation parentale. Qu’il n’a pas eue. Ce sera les chemins de fer, comme son père. Il a tenu les commandes d’un Robin bien plus tard.

Ils sont peu nombreux les élèves de la section d’aviation populaire de Tours à avoir fait la guerre comme pilotes, le plus souvent vers la fin :

  • Albert Bouguereau à la 51e escadre d’assaut (surtout en mai-juin 1940). Sur Albert Bouguereau, lire
  • Baptiste Claveau avec le groupe de chasse Ardennes sur P.47 après avoir rejoint la France Libre.
  • Robert Gallichon au groupe de transport Anjou en Indochine.
  • Gabriel Cholet-Picot, ancien aide-mécanicien de l’aéroclub.
  • Louis Mangeant avec le groupe de chasse Roussillon sur P.47 après avoir été breveté aux États-Unis.
  • Michel Roy qui a traversé les Pyrénées pour s’engager en Afrique du Nord, sur P.47 au groupe de chasse La Fayette.
  • Gérard Houdin, un des plus jeunes, qui a rallié la France Libre le 20 juin 1940 avec l’école de pilotage n°23 de Morlaix à bord du Trébouliste. Disparu en Méditerranée aux commandes d’un Bristol Beaufighter du 272 squadron le 14 juin 1942, abattu par la chasse allemande.

Pour la plupart des 377 membres de la SAP recensés et sur lesquels une étude est en cours, la guerre est venue trop tôt, comme pour Jean Besse, Guy Boutin, Jean Rossard et bien d’autres encore.

Didier Lecoq

Sur le vol à voile en Touraine Lire

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A propos Didier Lecoq 80 Articles
Journaliste honoraire. Secrétaire général de la rédaction à la Nouvelle République, à Tours, jusqu'en 2020.

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